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A la suite de ces évènements et par un Ordre en Conseil ainsi qu'un acte du Parle- ment datés du 9 avril 1866, le système représentatif fut supprimé et remplacé par un gouvernement comme celui que nous possédons à Maurice.

Sir John Peter Grant, qui fut envoyé pour tout réorganiser et qui a gouverné cette colonie pendant cinq ans m'a écrit l'année dernière pour me dire qu'il approuvait tout ce que contenait ma lettre au Secrétaire d'Etat contre le système électif pour une colonie comme Maurice, et qu'il m'engageait à persévérer dans la lutte que je soutenais pour le maintien de notre constitution actuelle.

J'étais loin de m'attendre à ce que les Bahamas aussi seraient un jour comparés à Maurice.

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Le "Colonial Office List nous apprend que c'est un groupe de vingt Iles dont la population réunie s'élève à 45,000 âmes.

Il faut penser que cette population est homogène, car l'ouvrage que je viens de citer ne dit pas qu'elle se compose de plusieurs éléments.

En tout cas, le commerce de ces iles consistant entièrement dans l'exportation pour

dù l'Amérique et l'Angleterre d'oranges, d'ananas, de tomates et d'éponges, n'a pas y attirer beaucoup d'Européens.

Je crois que la population de ces vingt iles est d'origine portugaise et ressemble beaucoup à celle que l'on rencontre à la Réunion sur les hauteurs de Salazie.

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Enfin on a cité " Barbados comme une colonie où fleurit le système électif bien que la population soit hétérogène.

Je vois, en effet, en consultant le "Colonial Office List," qu'elle a des institutions modelées sur l'ancien type ou charte qui fut octroyés à presque toutes les Antilles anglaises avant l'Emancipation et l'Immigration indienne, c'est à dire un corps lé- gislatif composé d'officiels et d'inofficiels nommés par la Reine, et d'une assemblée (house of assembly) composée de membres élus; mais il faut croire que ce système ne convient plus aux conditions actuelles d'existence de cette colonie, puisqu'il a été pro- fondément modifié tout récemment. Voici, en effet, ce que je lis dans l'ouvrage déjà cité plusieurs fois, page 195.

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Par un acte passé au commencement de l'année 1881, on a créé un Comité Exécutif pour remplacer les Comités administratifs de la législature et pour placer les institu- tions publiques sous un contrôle plus effectif. Ce Comité exécutif se compose des membres du Conseil Exécutif, d'un membre du Corps Législatif et de quatre membres de l'Assemblée (House of Assembly) nommés par le Gouverneur. Le Gouverneur en est le président. Aucun vote d'argent ne peut être demandé à la Législature sane l'autorisation du Comité Exécutif Le Gouverneur en Comité Exécutif prépare les budgets annuels et supplémentaires et contrôle toutes les Institutions autres que celles des paroisses (parochial).

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On voit par ce qui précède que "Barbados est aujourd'hui sous la tutelle d'un Comité exécutif. Cependant l'élément Européen entre pour vingt mille Ames sur sa population totale de 165,000 habitants.

Ayant fini avec les colonies citées par l'auteur de la seconde Résolution, je vais maintenant appeler votre attention sur des faits qui prouveront que les assemblées composées en partie de membres élus et en partie de membres nommés par le gouver- nement constituent un rouage que l'expérience a condamné :

Jusqu'en 1866, dit le Colonial Office List,' St. Christophe a eu des Institutions représentatives du type anciennement si généralement adopté dans les Antilles, mais dana cette année 1866, les deux Chambres furent remplacées par une seule assemblée législative nommée en partie par le gouvernement et en partie par des électeurs.

"En 1878, cette assemblée prononça elle même son abrogation et se substitua un Con-* seil Législatif composé de cinq membres officiels nommés par la reine."

Quel enseignement pour nous dans ces quelques lignes !

C'est à ne pas y croire, mais cependant le même fait s'est produit dans une autre colonie. Voici ce qu'on lit à la page 202 du livre déjà mentionné :

"En 1875 la constitution de Grenada fut remaniée et une seule assemblée législative substituée aux deux anciennes chambres. Cette assemblée se composait de 17 membres dont 8 élus et 9 nommés par la Reine. A sa première réunion en 1876, elle fit con- naître à la Reine par une adresse qu'elle avait passé un bill portant son abrogation et qu'elle s'en rapportait à la sagesse de Sa Majesté pour donner à la colonie la constitu- tion qu'elle jugerait convenable dans l'intérêt du bien être et de la prospérité de ses habitants."

Mais il y a mieux encore: Voici ce que je lis à la page 206 du même ouvrage au sujet de Tobago, qui avait aussi un corps législatif dont les membres étaient nommés en partie par des électeurs: "En 1870 il y eut des émeutes dans les districts de la

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partie du vent de l'Ile Tobago. Quarante-deux personnes compromises dans ces désordres furent poursuivies pour meurtre et seize d'entr'elles condamnées à mort.

"A la place du système de Gouvernement en vigueur, un ordre en Conseil du 7 Février 1877 créa un corps législatif composé de membres nommés par Sa Majesté." Le système électif a été un des premiers présents faits aux colonies françaises par la révolution du 4 septembre. Lorsque Gambetta se rendit de Tours à Bordeaux, une députation de colons de la Réunion, ayant M. Imhaus à sa tête, se rendit auprès de pour lui exposer les prétendus griefs des colonies contre l'Empire et se plaindre particulièrement que leur Ile était gouvernée despotiquement. Comment, s'écria le citoyen si miraculeusement échappé d'un ballon, les colonies françaises ne possèdent pas encore le suffrage universel, eh bien ! nous allons le lui donner. Rédigez un décret dans ce cens, M. Imhaus, apportez le moi à 4 heures et je le signerai. Je suis trop absorbé dans le moment pour pouvoir le faire moi-même."

Tous ces détails furent publiés par quelques journaux de la ville de Bordeaux, où je me trouvais moi-même à cette époque.

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Voici en

Pour se faire une idée de l'effroyable décomposition morale que ce système a pro- duite dans l'Ile voisine de la Réunion, il suffit de lire les aveux qui s' temps à autre des journaux de Maurice les plus dévoués au système électif. effet ce qu'on lit dans une lettre reçue de l'Île de la Réunion par “l'Argus" et à laquelle ce journal a donné la place de son éditorial dans son numéro du 6 Juin 1883 :

Le resultat le plus palpable de ces élections a été d'étaler au grand jour une plaie profonde qui ronge le suffrage universel dans la colonie. Après douze années d'ex- périence, nous en sommes arrivés à une corruption électorale éhontés. Les votes s'achètent ouvertement au vu et au su de l'administration, sans que personne cherche à réprimer ce scandaleux traffic. A la porte des bureaux de votes se tiennent des courtiers d'élections qui arrêtent les électeurs au passage, examinent leur bulletins, et lorsque ce n'est pas celui de leurs commettants, l'achètent à un tarif variable suivant l'heure de la journée et les lois de l'offre et de la demande. C'est une véritable bourse avec son agio, ses fraudes, et ses petites infamies. De moralité, de respect des engage- ments pris les candidats les uns envers les antres, il n'est naturellement plus question. C'est la pièce de un, deux ou trois francs, le bon de percale ou de rhum qui sert de monnaie courante en échange desquels les électeurs vendent leur conscience politique avec une stupéfiante impudeur."

En Algérie et dans les Antilles Françaises la situation est aussi déplorable._Voici ce que je lis à la page 87 du numéro de la Revue des deux Mondes du ler Novembre dernier, dans un article intitulé: "La Politique Coloniale " et qui porte la signature

de M. Gabriel Charmes, un des écrivains les plus distingués de France.

"En Algérie, les Arabes et les étrangers n'étant pas représentés, ce sont les 'man- dataires d'un petit nombre de colons, occupés uniquement de leur intérêt personnel, qui imposent à notre pays une politique aussi absurde que barbare, dont le résultat infaillible, si on n'y prend garde, sera de créer une Irlande Africaine de l'autre côté de la Méditerranée. Dans les anciennes colonies à esclaves, la manière dont l'esclavage a été aboli brusquement, sans mesures de transition, et dont le droit de suffrage a été accordé aux noirs émancipés, a mis le pouvoir entre les mains de gens aveugles, désireux de se venger d'une longue servitude, animés de passions brutales que ne peut tempérer un patriotisme par trop récent et incomplet. Aussi les descendants des anciens colons, les vieux français s'y voient-ils opprimés par des assemblées omnipo- tentes contre lesquelles le gouverneur, délégué du pouvoir métropolitain, est im. puissant."

Que doivent penser 'de nous les vieux Français de la Martinique et de la Guadeloupe si de la bas ils peuvent nous voir tendant les mains pour saisir et nous passer au cou nous mêmes la chaîne qui doit nous river à la domination de races moins éclairées et plus nombreuses que la nôtre !

colonie.

Mais il ne s'agit pas d'établir à Maurice le suffrage universel, dira-t-on, nous n'en voulons pas; nous demandons au contraire un cens très élevé, qui nous assure la supré matie, attendu que nous formons la portion la plus intelligente et la plus riche de la Cette prétention est aussi injuste qu'insensée. Il faudrait que les hommes d'Etat anglais fussent bien au dessous de la réputation dont ils jouissent dans le monde pour jamais donner leur adhésion à un cens électoral qui aurait pour effet de livrer le sort de deux cent cinquante mille indiens à une oligarchie où l'influence des emplo- yours serait toujours prépondérante. D'ailleurs, le règne de cette oligarchie serait de courte durée, car la suprématie électorale doit fatalement appartenir avec le temps à la race la plus nombreuse, si elle est aussi industrieuse et aussi économe que les races G 3

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