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TELEC.O. 882

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En déduisant les femmes, on trouve que la population mâle indienne pure donne 151,352 hommes, et la population générale 57,303.

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Un fait non moins instructif, c'est que la population Indienne augmente malgré les épidémies, tandis que la population générale reste à peu près stationnaire. Ainsi, on voit par le travail de Monsieur Kyshe que la population male indienne, qui était de 48,935 hommes en 1846, s'élevait au 20 Novembre 1851 à 64,282, atteignait 141,615 en Avril 1861, et enfin 151,352 en Avril dernier; tandis que la population générale, comprenant les hommes de toutes les autres races, porté au chiffre de 55,663 dans le recensement de 1846, ne figure dans le dernier recensement que pour 57,303 hommes.

D'où il suit que, de 1846 à 1882, c'est-à-dire dans l'espace d'environ trente cinq ans, la population måle indienne a augmenté de 102,417 hommes, et celle des autres races réunies seulement de 1640.

Est-il prudent, en face de pareils chiffres, de nous jeter dans les risques et les aventures d'un système électif basé sur un cens de deux mille cinq cents piastres, on un salaire mensuel de 80 roupies?

Notez que le flot asiatique qui nous envahit et nous presse de toutes parts, montera encore, montera toujours, tant que les planteurs feront des réquisitions dans l'Inde.

Un cens de 2,500 piastres Mais à 1 heure actuelle nous avons peut-être plus Firer le cens à d'Indiens, d'Arabes et de Chinois que de Créoles possédant cette somme. ce chiffre, c'est donc demander que les créoles signent leur abdication et se condamnent de leurs propres mains, si le gouvernement les prend au mot, à subir immédiatement, ou dans un avenir très prochain, la suprématie politique d'une race qui ne tient à eux par aucun lien de religion ou de patriotisme, et qui ne possède pas encore des hommes assez instruits, sauf de rares exceptions, pour se servir avec discernement des pouvoirs qu'on leur confierait.

Si l'on considère, d'un autre côté, que les asiatiques sont industrieux, économes, et vivent de presque rien, on peut prévoir dès à présent que le nombre des électeurs de leur race augmentera d'année en année dans des proportions écrasantes pour les créoles.

Ce ne sont pas seulement des fortunes mobilières que les asiatiques accumulent, ils sont encore en train de devenir les plus nombreux propriétaires de l'e. Le Conservateur des hypothèques disait, il n'y a pas longtemps, que, sur dix ventes d'immeubles transcrites sur ses registres, on pouvait calculer que les quatre cinquièmes environ étaient faites au profit d'indiens. Le sol, l'argent, le commerce, tout tend passer entre leurs mains; et voilà que les créoles se montrent impatiente de leur trans- férer la suprématie politique, sans même qu'ils le demandent!! On ne peut pas être plus généreux ou plus aveugles.

Et l'on n'exige même pas d'eux qu'ils sachent lire et écrire pour voter!

Où est la nécessité de faire des catégories de citoyens si l'on fait ai bon marché de l'instruction? Ma raison se refuse à admettre qu'on puisse envoyer au scrutin des sirdars, des arabes, des chinois ne sachant ni lire ni écrire, et frapper en même temps d'incapacité politique tous les jeunes gens de famille, les commis, les employés d'habi- tation qui ne recevraient pas un salaire mensuel de 80 roupies ou qui ne possédersient pas une valeur mobilière de 2,500 piastres. Comme de pareilles distinctions ne résis- teraient pas longtemps aux récriminations dont elles seraient l'objet, nous serioms fatalement entraînés, de concession en concession, jusqu'au suffrage universel.

Dans un pays comme la nôtre, un système électif basé sur les capacités et non sur l'argent, est le seul qui pourrait mériter d'être pris en sérieuse considération.

Je sais qu'il y a des hommes naïfe qui se bercent de l'espoir que les asiatiques s'effaceront et ne prendront aucune part aux élections; mais rien ne justifie une pareille illusion. Il faut bien peu connaître le cœur humain pour croire qu'ils ne seront pas entraînés au scrutin par les ambitieux ou les intrigants. Pour ma part, je crois que l'un des premiers effets du système électoral proposé serait de nous enrichir d'une nouvelle classe de Batcharas, qui fourniraient des électeurs comme d'autres fournissent, des plaideurs.

Faite pour une situation exceptionnelle qui n'a pas changé, puisque le nombre des hommes sans discernement politique a décuplé au lieu de diminuer, notre constitution ne peut ressembler à celle des pays où l'élément Européen et chrétien domine. Qu'ori l'améliore, qu'on demande plus d'indépendance pour les officiels, un plus grand nombre de membres inofficiels, même le renouvellement partiel de ces derniers tous les quatre ou cinq ans, afin d'utiliser les talents nouveaux qui peuvent surgir! Mais respectons le principe tutélaire qui a été notre sauvegarde jusqu'à présent, et qui sera encore,

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je l'espère, la sauvegarde de nos enfants dans l'avenir, o'est-à-dire la nomination par les Gouverneurs de tous les membres du Conseil.

L'intelligence des Gouverneurs, leur instruction, leur expérience des affaires publiques, le soin de leur réputation et leur responsabilité envers le gouvernement de Sa Majesté, sont des garanties que nous ne trouverions pas sûrement dans un corps électoral composé en majorité d'Indiens, de Chinois et d'Arabes.

Laissez-moi ajouter que ce n'est pas au moment où un souffle de discorde sociale et de révolte passe sur le monde entier; lorsque les principes qui forment la base des sociétés sont partout contestés et audacieusement attaqués; lorsque l'inorédulité envahit les masses; lorsqu'on prêche aux ouvriers les grèves et les coalitions contre leurs patrons; lorsqu'il suffit enfin, comme nous venons de le voir en Egypte, d'un signal donné par un fanatique pour attirer sur un royaume des calamités effrayantes, ce n'est pas à ce moment, dis-je, qu'il faut souhaiter de voir commencer pour notre pays l'ère des luttes politiques avec leur cortège d'agitations, de passions et de flatteries à l'adresse des multitudes. On peut déjà se faire une idée de l'esprit qui y présiderait et du respect que l'on y montrerait pour toutes les opinions, par la nature des épithètes qui sont adressées par quelques journaux à ceux qui ont la témérité d'exprimer un doute sur la possibilité d'établir dans ce pays un Conseil Législatif électif.

J'ai l'honneur, etc.

No. 5.

C. ANTELME.

Lieutenant-GOVERNOR F. NAPIER BROOME, C.M.G. to the RIGHT HON. TAN EARL OF KIMBERLEY. (Received November 28, 1882.)

No. 519. MY LORD,

Government House, Mauritius, October 31, 1882. In continuation of my Despatch, No. 441, of the 14th ultimo,* I have the honour to transmit herewith a petition to Her Majesty the Queen, signed by 3,329. persons, praying for a change in the constitution of the Colony, namely, that the present Council of Government, consisting of eight official and eight nominated members, may be replaced by a legislature of 10 official, 10 nominated, and 10 elected members. The scheme of an elective franchise, as well as other details, are set forth in the petition, which was adopted at a public meeting held in Port Louis on the 6th instant. I enclose an account of the meeting, furnished at my request by Mr. J. H. Ackroyd, magistrate for the Oil Islands. I also enclose a newspaper report† of the speeches made on the occasion.

2. It will be seen that the meeting at which the petition was considered was numerous, influential, and orderly, and that the speeches delivered were moderate. I have before remarked on the temperate and reasonable manner in which this movement has been conducted. It must be allowed that its promoters, with a considerable body of their followers, have shown themselves well fitted to take part in public affairs; and, should doubt or objection arise as to the proposed change, it will certainly not be grounded upon any apprehension that the planters, landholders, members of the Tearned professions, and merchants" by whom the petition is supported are deficient in political capacity. If it were a question only of these classes, or if those who have now come forward, stood at the bead of an ordinary population, from which they themselves had sprung, and the wants and wishes of which they might be presumed to interpret. Mauritius, I have no hesitation in saying, would long ago have emerged from the condition of a Crown Colony.

3. But, as your Lordship well knows, the matter rests upon a different basis. Wo have here to deal with 360,000 people, divided into half a dozen classes and races foreign to each other, and between which, however they may dwell in harmony, there does not exist, as has been said, "sucun lien de nationalité, de religion, et de patri- "otisme, et qui different également par les moeurs, les usages, le langage, et même le " costume." There is no one who is entitled to speak in the name of the inhabitants of this Colony. The planter may speak for the 300 owners of sugar estates, who form the leading interest of the island; the English or Scotch merchant for the half-dozen British firms which are the channel of a great portion of its commerce; the Creole gentleman for an "upper thousand" of his class; and the official for a bureaucracy 750 strong. The shopkeeper and employé, of blood wholly or partly European; may interpret for their respective sections of the community, which may number about 2,000 each; the eight or nine hundred Arab traders may have common knowledge of

† Not printed.

• No. 4.

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