CO882-(3-4) — Page 553

CO882 & CO885 Colonial Office Confidential Prints 理藩院機密印刊 All

PUBLIC RECORD OFFICE

Reference :-

C.O. 882

PUBLIC RECORD OFFICE, LONDON

ALLY WITHOUT PERMISSION OF THE BE REPRODUCED PHOTOGRAPHIC- COPYRIGHT PHOTOGRAPH—NOT TO

18

you

matter; and it may be depended that I shall consider any question placed before me solely and wholly from the point of view of what is really wisest and safest for the welfare of Mauritius, and that any humble recommendation I may be called upon to make will be made only with reference to the facts of the case, and what is most likely to benefit the Colony (Cheers). You may also rest assured that Her Majesty's Govern- ment will consider and decide in the same spirit upon any proposals submitted to them. Of course I do not know what will be the result of the public discussions now going on. Perhaps no paper may ever reach my hands, and the movement may end before l'officially know anything about it. But as my friend the Mayor referred to it in his speech, and as I have read with great interest the accounts of what is taking place, I have ventured to Bay these few words on the subject. Now, my Lords and Gentlemen, I must ask to drink to the Mayor and members of the Corporation of Port Louis, both in their personal and their public capacities. In having our host and friend of to-night as its Mayor, the town is fortunate. Not only is Mr. Lavoquer possessed of what I may call high social and ornamental qualities, not only does he know how to entertain his friends, and by his charming manner to throw, as I may say, a glamour and grace over the little difficulties and commonplaces of municipal administration, but he is a practical and an industrious man of business, devoted to the details of his duties; and we have all felt the advantage of the different improvements he has effected in Port Louis during his mayoralty (Cheers). The Corporation of Port Louis, gentlemen, is not what is vulgarly called in England an eating and drinking corporation. Occasions such as this of to-night come once only in the civic year. But, when the municipality invites its friends to partake of its hospitality, it entertains them handsomely and splendidly, and never better than on this evening (Cheers). Let us drink to the long life and prosperity of the Municipality of Port Louis. May it continue until the walls of this hall are covered with the portraits of a long line of mayors; and may every mayor in his turn keep St. Louis' day as nobly as it has been kept by Mr. Lavoquer and his colleagues (Cheers)."

Enclosure 3 in No. 4.

A Monsieur le Rédacteur du Cernéen.

Monsieur,

Bien qu'il soit toujours pénible de détruire des illusions agréables et de faire passer un homme des rêves de son imagination à la réalité, je vous demande la permission de prouver aux orateurs dont les accents sarcastiques résonnent encore sous ics voûtes de l'Hôtel-de-Ville, que le Conseil Législatif n'est pas en aussi grand danger qu'ils le supposent. Mais avant d'entrer dans le cœur de cette question, je ferai, si vous le voulez bien, une courte incursion dans l'histoire des colonies françaises; elle ne sera peut-être pas sans utilité pour quelques-uns de vos lecteurs.

Tout le monde sait que, sous la Monarchie et l'Empire, l'Ile de la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe étaient divisées en Communes administrées par des Municipalités, et que les Conseillers Municipaux étaient nommés par les Gouverneurs.

Au-dessus des Municipalités, il y avait dans chaque colonie un Conseil Général. Les membres du Conseil Général étaient nommés, moitié par le Gouverneur, moitié par les Conseillers Municipaux.

En 1864, le Ministre des Colonies, pensant qu'il serait peut-être possible d'améliorer ce système d'administration locale, prescrivit à tous les Gouverneurs, par une lettre du 16 Juin de la même année, de convoquer en assemblée extraordinaire les Conseils Généraux pour délibérer sur plusieurs questions importantes, entr'autres celle-ci :

"Si un mode de nomination, qui imposait aux membres du Conseil Général, destinés à prononcer sur des intérêts communs, une origine différente, n'offrait pas de graves inconvénients; et, en cas d'affirmative, quel mode de nomination ou d'élection il fallait préférer."

Les procès-verbaux des discussions qui eurent lieu à ce sujet furent envoyés au Conseil d'Etat pour avoir son avis, et référés ensuite au Sénat.

La Commission nommée par le Sénat pour étudier la question choisit pour son Président et Rapporteur le Procureur Général Delangle, qui fut longtemps l'une des gloires du barreau de Paris avant de devenir le chef du Parquet de cette grande capitale.

Voici en quels termes il résume, dans un Rapport daté du 15 Juin 1866, les opinions émises par les Conseils Généraux :

1

19

"Le suffrage universel a été partout repoussé; partout a éclaté l'opinion que dans les centres où manque l'éducation politique, où les préjugés peuvent exercer tant de ravages, ce mode périlleux d'élection ne pouvait être pratiqué; partout on a reconnu que jusqu'à ce que l'instruction eût éclairé les affranchis et leur eût appris ce qu'ils devaient à la société dont ils étaient devenus membres, il y aurait une imprudence extrême, impardonnable, à les armer d'un droit dont ils étaient incapables d'user avec discernement.

"Sur le suffrage restreint, les esprits se sont divisés: Repoussé énergiquement par les uns, par cela seul que créer des catégories dont la base était le cens, ce serait prendre le contre-pied du droit public consacré par nos lois, il a été accueilli par les autres comme un acheminement au vote universel; mais, d'accord sur le principe, on s'est partagé sur la quotité du cens à exiger de l'électeur, sur les conditions de capacité; il n'y a pas eu d'entente dans les diverses colonies.

"Or, quel parti prendre en cette conjoncture? La section du Conseil d'Etat chargée de préparer le Sénatus Consulte a pensé que du moment où il était reconnu par les intéressés que le suffrage universel n'était pas praticable, il n'y avait rien de mieux à faire que de maintenir l'état des choses existant, le suffrage restreint ayant l'inconvénient de blesser le sentiment d'égalité, en séparant en deux camps la population, ce qui deviendrait la cause sans cesse renouvelée de récriminations passionnées et jetterait dans les colonies des germes d'irritation et de lutte.

"Ces raisons, ajoute le Rapport, ont paru péremptoires, et ce qui a confirmé la Commission dans cette opinion, c'est que le régime actuel de nos colonies diffère peu de celui que la prudence du gouvernement anglaise a imposé à une partie des siennes.”

Par suite de l'adoption de ce Rapport au Sénat, les colonies françaises continuèrent à vivre paisiblement sous l'égide de leurs anciennes institutions, jusqu'au jour où M. Gambetta, devenu le maître de la France, fit rendre par le Triumvirat de Tours un décret qui les soumettait au principe du suffrage universel.

Ce décret, rendu sans examen, sans étude préalable et sans consulter les colonies, a eu pour elles les plus désastreuses conséquences: A la Martinique et à la Guadeloupe, où les passions sont plus ardentes qu'à la Réunion, les classes élevées de la société, terrorisées par les menaces des basses classes et celles de la Presse radicale, n'osent prendre aucune part aux élections; elles s'effacent complètement.

Les journaux de Paris racontaient dernièrement qu'un grand propriétaire, connu pour ses opinions conservatrices, ayant posé sa candidature pour la députation, son établissement avait été envahi par des bandes de furieux, et qu'il s'était trouvé dans la nécessité de se barricader et de fairer tire sur les assaillants pour protéger son existence.

C'est l'homme le plus populaire à la Martinique et à la Guadeloupe, qui est monté dernièrement à la tribune du Sénat pour déclarer qu'il ne croyait pas à l'existence de Dieu !

A la Réunion, le terrain électoral n'a pas encore été ensanglanté; mais les élections s'y passent, dit-on, d'une manière qui provoque à la fois le dégoût et l'indignation des hommes éclairés de cette colonie.

Un des hauts fonctionnaires de notre administration me racontait la semaine dernière que, se trouvant un jour d'élection à la Réunion, il avait vu défiler devant lui, bannière en tête, une procession d'électeurs à moitié ivres qui oriaient alternativement: Vive Gambetta, vive Napoléon, vive Sédan 1

Il est instructif aussi de faire remarquer que les deux premiers députés nommés par I'lle voisine s'empressent, dès leur arrivée à Paris, de demander et d'obtenir l'ordre de démonétisation de la roupie, et que cette mesure, mise à exécution malgré les pro- testations de la Chambre de Commerce, de la Chambre d'Agriculture et du Conseil Général, est en grande partie cause de l'état de ruine et de prostration dans lequel cette colonie est tombée.

Pour se convaincre que le mode d'élection proposé par le Comité de réformes aurait le double inconvénient de conférer des pouvoirs politiques à des hommes, pour la plupart, sans instruction, tout en créant des inégalités choquantes et humiliantes, il suffit de jeter un regard sur les éléments dont se compose la population coloniale.

Si j'ouvre le tableau de recensement que vient de terminer M. Kyahe, je trouve que

la population de l'Ile s'élevait au 3 avril dernier au chiffre de 359,874 habitants, et que

la race indienne pure entre dans ce total pour 248,993.

La différence, soit 110,881 habitants, est represéntée, sous la dénomination de population générale, par toutes les autres races réunies, y compris les indiens d'origine mixte, les chinois, les arabes et les anciens affranchis,

C 2

Comments

Approved members can add comments, bookmarks, and private notes.

No comments yet.

Private Research Note

Private notes are available after approval.