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celles du second lot, £ E. 10 le feddan, mais que la valeur du feddan dans le premier lot est le double de la valeur du feddan dans le second.

L'essentiel pour la question qui nous occupe est que la valeur des lots soit propor- tionnelle; or, elle l'est.

Si donc l'on arrive à fixer la valeur totale des terres, il suffira de fixer un coeff- cient de diminution et de l'appliquer à chaque lot. C'est une opération facile, et qui peut-être faite en quelques heures.

Combien vaut la totalité des terres ? Il est extrêmement difficile de répondre à cette question; tel feddan qui valait £ E. 10 il y a quatre ans, n'en vaut plus que cinq aujourd'hui, et si l'état du pays change, peut-être vaudra-t-il 15 livres dans trois ans. L'expérience que nous avons acquise par une administration de sept ans, nous porte à croire qu'actuellement les terres valent à peine 5,000,000 de livres. Le solde restant dû sur l'emprunt étant de £ E. 7,300,000, il faudrait donc, pour rendre les terres marchandes, diminuer de 30 pour cent les évaluations fixées par le Cahier des Charges. Pour l'opération que nous envisageons, nous ne conseillons pas, cependant, une diminution aussi importante, et nous pensons qu'une réduction de 25 pour cent serait suffisante.

La seconde objection touche la capitalisation des pensions.

Pour capitaliser les pensions il faut connaître exactement l'âge des pensionnaires. Or, cet élément fait, le plus souvent, défaut en Orient. On sera done obligé de recourir à la notoriété, et c'est un mode de constatation bien dangereux dans un pays aussi profondément corrompu que l'Egypte. La question se compliquera d'une autre difficulté il faudra capitaliser les droits éventuels des femmes et des enfants des pensionnaires; c'est une opération très délicate. Il est donc absolument indispensable que la Commission Administrative, qui sera chargée de statuer sur la capitalisation, soit composée avec un soin scrupuleux, et qu'elle soit doublée d'une Commission Médicale recrutée avec le même soin. Elle devrait être peu nombreuse: trois membres dont deux Européens; nous sommes, en effet, convaincus que les indigènes auraient beaucoup plus de confiance dans une Commission composée en majorité d'Européens.

Ces observations faites, nous allons rechercher les éléments qui peuvent concourir utilement à l'opération :-

£ E.

Il résulte d'un document officiel que nous avons sous les yeux, qu'd est alloué,

annuellement, à la famille Khédiviale, une somme de

200,000

··

Si l'on exclut de ce chiffre les dotations—

Des deux fils du Khédive

D'Ismail Pacha

15,600 40,000

55,600

Il reste..

144,400

Cette dotation est-elle viagère ou perpétuelle ? Dans le premier cas, les Princes, étant pour la plupart très jeunes, on ne pourrait racheter leur dotation qu'en le capitalisant, au minimum, sur le pied de vingt ans; cette capitalisation exigerait à 5 pour cent ce taux est suffisant-£ E. 1,800,000. Dans le second cas, elle exigerait, au même taux, £ E. 2,888,000.

Les pensionnaires sont au nombre de 19,626, et le montant annuel inscrit en leur faveur, au Budget, est de £ E. 486,893. Il faudra, nécessairement, un temps relative- ment considérable pour arriver à liquider sérieusement la situation de chacun d'eux. Le travail sera surtout difficile ponr les pensionnaires au-dessous de £ E. 60 par an, car, étant moins connus, leur état civil sera plus difficile à établir. Mais les pension- naires touchant plus de £ E. 60 par an ne sont qu'au nombre de 1,971, et le total annuel de leurs pensions atteint £E. 312,786. C'est là, pour le moment, un champs d'essai suffisamment vaste, et on pourrait commencer par ces pensionnaires en envisageant d'abord la situation de ceux dont la pension est la plus élevée.

Nous supposerons que le taux de capitalisation devra être pour eux, en moyenne, de quinze ans à 5 pour cent. Ce chiffre nous paraît exagéré, mais à défaut d'élémeuts sérieux de supputations, nous estimons que dans des combinaisons de ce genre, il vaut mieux, pour ne pas éprouver de mécomptes, pécher par exagération.

Quinze annuités de £ E. 312,786, à 5 pour cent donnent, comme valeur au comptant, £ E. 3,246,611. On voit donc, qu'en capitalisant, à vingt ans et à 5 pour cent, la dotation viagère des Princes (exception faite pour les deux fils du Khódive et Ismaïl Pacha), et à quinze ans et à 5 pour cent, 1,971 pensions seulement, on pourrait

acheter pour £E. 1,800,000+ 3,246,611 — £ E. 5,046,611 de terres Domaniales,

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