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du Président Samora MACHEL. Il se dégage de l'entretien que nous
a accordé ce grand leader une saveur "sui generis" qui porte la
marque de sa longue et riche expérience de la guerre de libération. la "régionalisation" de la décolonisation en Afrique constitue, å y voir de près, un danger qui peut provoquer une fêlure dans la région considérée (exemples de l'Angola, du Sahara, etc...) et qui risque de surcroît d'éteindre cette flamme qui permettait
à l'Afrique de se lever comme un seul homme devant les objectifs
primordiaux de la décolonisation. Le concept de pays dits de
"première ligne" est un support physique nécessaire qui répond
aux conditions stratégiques et autres de la situation. Toutefois,
il n'est pas bon de laisser une sous-région "emprisonner" un pro-
blème de décolonisation d'un pays africain; un tel exclusivisme
aboutit souvent en fin de compte à donner naissance à certains
"mystères". Un processus de décolonisation simple dans son essen-
ce finit ainsi par subir des bourgeonnements qui sont autant de
"faces cachées" du dossier. Plus pénible encore est le sentiment
que l'on retire d'une visite sur le terrain à part la Tanzanie
(mais tout un chacun connait les liens subjectifs qui attachent le leader Tanzanien au Président Kaunda), idéologiquement le
Mozambique est seul. J'ai, pour ma part, peur de la fugacité de
certaines ententes qui lient en Afrique des régimes totalement
contradictoires sur des questions où l'engagement politique cons-
titue un des éléments fondamentaux. Les Occidentaux ont bien com-
pris le danger qui les menace en Afrique Centrale et orientale avec
l'axe Brazzaville-Luanda -Maputo. C'est pourquoi, nous ne pouvons pas
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