CO885-6 — Page 273

CO882 & CO885 Colonial Office Confidential Prints 理藩院機密印刊 All

PUBLIC RECORD OFFICE

Reference :-

C.O. 882

6 PUBLIC RECORD OFFICE, LONDON

ALLY WITHOUT PERMISSION OF THE BE REPRODUCED PHOTOGRAPHIC- COPYRIGHT PHOTOGRAPH-NOT TO

26

Enclosure 13 in No. 12.

"JOURNAL DE MAURICE," October 10, 1901.

LA CAUSE ET L'EFFET.

Cet article nous est parvenu hier, trop tard pour être inséré.

Sir Charles Brace doit bien connaître le Mauricien. Il y a si, longtemps qu'il le voit agir et l'entend penser ! Je suppose que l'indignation causée par la nomination seulement annoncée, il y près d'un mois, de M. Atchia comme membre du Board de Rose-Hill, ne l'a pas grandement ému. Il a dû so dire: Nous connaissons des refrains là ; dans quatre semaines, il n'en sera plus question. Même la menace de démission des membres du Board ne parait pas avoir troublé la sérénité du gouverneur. Un peu de silence, une espèce d'inertie était nécessaire. Il a laissé le temps-quelques jours-faire doucement son œuvre de termite et le moment venu, il a jugé que le fort de résistance, projeté par l'élément mauricien, était miné. Alors a paru dans la "Gazette Officielle" la nomination ile M. Mamodle Ibrahim Atchia. La chose a eu lieu hier. C'est décidé le Board de Rose-Hill a un membro musulman et arabe.

Que vont faire les autres membres ? Vont-il démissionner en masse, comme on assure qu'ils avaient juré de le faire ? Si, vraiment, ile en ont fait le serment, il faut qu'ils démissionnant. S'ila en ont eu seulement l'intention, ou si on la leur a prêtée, il feraient bien de garder leurs fauteuila.

Je pense vraiment que l'Asiatique nous fait beaucoup de mal, et je crois pouvoir dire que je n'ai pas été le dernier à m'en, apercevoir. Peut-être même me permettra-t-on de rappeler que quand je criais “Sua aux Ásiatiques !” il s'est rencontré de bonnes gens, des Mauriciens, pour me traiter de rôvenr, et qui, la bouche pleine, le verre en main, me faisaient signe de venir plutôt m'asseoir auprès d'oux, dans les banquets annuels que leur donnaient Arabes et Chinois. Tout à coup, ces mêmes gens s'aperçoivent qu'il y a, en effet, des Asiatiques chez nous, et qu'ils ont pris la place que nous tunions de nos pères. Chose curieuse, ils ne s'en sont aperçus que le jour où le gouvernement a offert à l'un de ces Asiatiques un fauteuil dans un board rural.

Que faisaient-ils done avant ce jour? Ile faisaient des affaires avec les Asiatiques, et je crois même qu'ils les trouvaient bonnes. Ils morcelaient les grandes propriétés. Ils publiaient dans les journaux que sans les Asiatiques le pays serait perdu. Pourquoi crient, -ils aujourd'hui que le gouvernement appelle un de ces Asiatiques a siéger dans un board? Je ne comprends pas. Ils n'auraient pas fait autant de bruit si le gouvernement avait édicté une loi qui favorisait manifestement les Asiatiques.

N'allez pas croire que j'applaudisse à ce que le gouvernement vient de faire. Mon devoir de Mauricien est de protester contre cette nomination; mais moi, au moins, je n'avais point passé mon temps à faire de bonnes affaires avec les Asiatiques! Je serais d'avis qu'on mit tous les Asiatiques dans tous les boards ruranx de l'ile, pourvu que les Mauriciens se liguassent ailleurs contre eux. C'est absurde après tout que de crier contre la nomination de M. Atchia alors que nous avons fait de M. Alum Goojan, do, M. Tinkao gros négociants, des personnages indispensibles. M. Tinkao ne pouvait pas avoir un enfant, M. Goolum Ajan marier sa fille, ou circoncire son fils, sans que les plus intuents de nos journaux en fissent uno affaire d'Etat, et quand le beau-père de M. Loigou Jana partait pour Bombay, ils publiaient des entrefilots attendris, avec souhaits non moins touchants de bon voyage et de prompt retour, C'étaient donc les pères du pays, ces gens-là ? Ces incivilisés, ces frustes et âpres vendeura de riz étaient traités dans nos meilleurs journaux tout comme si c'étaient dea William Newtons ou des George Guiberta; et je me demande si on les a jamais accablés des mêmes insultes dont on a parfois si largement gratifié les plus honorables et les plus désintéressés des Mauricions. Il vaut bien la peine, aujourd'hui, de prendre des airs de mijuurée parce qu'un Arabe va s'asseoir parmi une douzaine de créoles. Beaucoup de Mauriciens se aont montrés moins difficiles quand ils avaient à s'asseoir aux banqueta donnés par les Chinois et les Arabes!

Je ne conseille pas aux Mauriciens du board de Rose-Hill de démissionner. D'abord, qu'ils se disent bien qu'ils seront remplacés. Qu'ils ne me parleut pas de leur dignité froissée. C'est quand elle fraternisait avec les Astutiques dans les affaires qu'elle était en promiscuité mauvaise. Qu'ils acceptent M. Atchia, mais en même temps qu'ils organisent une ligne contre les Asiatiques. Ce n'est pas le gouvernement qu'il faut måter, c'est l'Asiatique qu'il faut combattre.

Mais je doute fort que l'on comprenne cela. Au reste, il est peut-être trop tard pour empêcher de lever la semence que nous avous faite jadis.

L. L'HOMME.

Enclosure 14 in No. 12.

"LE RADICAL" October 10, 1901.

Souffletez Encore, MonsIEUR !

Il y avait dans l'air, dans cet air d'impuissance que nous respirions depuis quelques jours, comme une vague odeur de poudre brûlée; mais quelque vague qu'elle fût encore, elle nous enivrait déjà, car elle présageait le combat, le réveil de l'opinion publique, le retour peut-être aux époques de luttes viriles où nous étions des hommes, où, face à face, population et gouvernement so toisaient et où celui-ci cédait toujours le pas à celle-là. Des quatre coins de l'ile grondait sourdement la colère pontaire. Elle a éclaté hier en un formidable haro et toutes les mitrailleuses se déchaînent, en une fornal tempête d'imprécations, à l'heure bénie où nous sommes! Hosanna! Et le bruit as our-

27

dissant qu'elles font, se répercutant de monta on vallées, d'âme en âme, nons enivre, nous transporta au soptième ciel ! Hosanna, Hosanna! Ce vilain peuple d'ennuques que nous étions avant-hier encore les a retrouvées sous les soufflets répétés et cuisants du vilain despote que les dieux infernaux ont placé à la tête de notre patrie chérie et dont les lourdes bottes nous entrant de plus en plus dans la chair, la meurtrissent, nous font crier, exhaler, avec notre haine, notre douleur !` Bénis soient ces soufflets puisqu'ils nous on fait sortir de nos gonda, retrouver notre virilité! Ce n'était pas assez que de nous menacer de la nomination d'Atchia ! Il fallait la consacrer ! Et sir Charles l'a officialisée ! L'arme au bras, nous attendimes nos compatriotes qui formaient partie du board. Leur ligne de conduite était toute tracée. Mais nous voulâmes voir s'ila seraient des hommes ou s'ile resteraient des gardiens de sérail. Trois d'entre eux, spontanément, marchèrent là où l'honneur, là où le devoir leur commandaient de marcher: aux pieds du Gouverneur ils jetèrent avec mépris cette commission qu'ils avaient reçue du chef du pays, et qu'ils n'avaient acceptée que parce qu'elle constituait pour eux en même temps qu'un devoir, un honneur d'avoir été désignés pour administrer deux villes electiques peut-être mais mauriciennes, avant tout!

Les autres membres ne bongent pas encore: l'un est en Europe et M. Chaperon rédige toujours sa lettre de démission! La gestation est laborieuse. Mais nous connaissons trop la nature généreuse de M. Chaperon, son patriotisme éclairé pour douter qu'il ne fluis-e par rédiger totalement cette lettre et l'envoyer au chef du pays! M. Chaperon est, il est vrai, l'avoué du board; mais il est Mauricien avant tout; il doit se solidariser avec ses ex-collègues et il est assez bon avoué pour dédaigner len profits pécuniaires que lui rapporte sa situation de membre du board, quand, en jou̟,il y a un intérêt supérieur ! Nous l'attendons donc ! Plas il tardora et moins portera le coup qu'il prépare.

Ces jours dorniers, nous disions que sir Charles avait, sous sa main, les hommes nécossaires pour remplacer tous les démissionnaires et qu'il obligerait des officiela à accepter les sièges au cas à peu près certain où aucun particulier n'ambitionnerait de les occuper. Nous étions bien renseigné. Mardi, à dix heures, son Excellence recevait la démission de MM. Robert Konig, Henri Ducray et Cowin, et hier, mercredi, à midi, étaient nommés et gazettés: MM. Trotter, Protecteur des Immigrants et de toutes les causes infectes, le Dr. Barbeau, un vaillant Mauricien qui doit maudire lo sort qui, en la circonstance, fait de lai'an officiel, et M. Victor Singery, un autre Mauricien qui doit rougir de honte du triste honneur que lui a imposé M. Bruce.

Avant de jouer de l'officialisme, le Gouverneur a fait actionner des influences auprès du très respectable M. G. Ireland pour l'amener à accepter un siège au board et même la présidence du board. Mais M. Ireland, qui n'est pas un homme à tout faire, qui est un parfait gentilhomme, qui a de l'honneur et de la dignité une conception tout autre que celle de sir Charles, a 'opposé à ces proposi- tions un refas net, catégorique. M. Stein a été aussi pressenti, nous dit-on, et a suivi le bel exemple de M. Ireland. D'autres membres de la communauté mauricienne et anglais ont été priés d'aller siéger au board, qui tous ont refusé. Auprès de M. Cowin, des démarches ont été faites pour qu'il no se solidarisit pas avec les Mauriciens. Mais M. Cowin, qui est lui-même Mauricien, quoique issu d'Anglais, a envoyé se promener les messagers que vous savez ! Son attitude lui fait grandement honneur. Le vilain acte de sir Charles a prouvé que Mauriciens et Anglais savent se solidariser quand le besoin s'en fait sentir.

Ce matin, la presse est unanime à flétrir la conduite scandaleuse du Gouverneur et danbe forme le paquet de chair à saucisses qu'est M. Trotter. Ici, nous ne lui ferons pas l'honneur de nous occuper de lui.

A Beau-Bassin, à Rose Hill, l'effervescence est à son comble et un concert de malédictions s'élève dans l'air contre le despotisme et in noire méchanceté de sir Charles. Au déclin de sa carrière, au moment de prendre sa retraite et même son billet de passage pour l'autre monde, sir Charles se croit à l'abri de toute représailles. Il se trompe sans doute ! Nous lui avons déjà dit qu'on ne se fichait pas impunément de toute une population et si la belle flamme qui lait actuellement n'est pas factice, il verra combien il est dangereux de froisser les sentiments les plus chers de toute une communauté! Rose Hill et Beau Bassin parlent très sérieusement de se réunir pour protester auprès du ministre contre l'avanie qui leur est faite, et de demander un beri électif à la place de cette cochonnerie qu'elles ont! Veuille Dieu qu'elles persistent, jusqu'au bout, dans leur intention et que cet acte abominable du Gouverneur Bruce ait pour effet non seulement de réveiller l'esprit public, atrophié chez nous depuis 10 ans, mais de le stimuler si bien que nous compreniona enfin combien il est dangereux de s'endormir tandis qu'adtour de soi des cerbères veillent qui, lambean par lambeau, nous arrachent nos droits, nos prérogatives, notre entité! Depuis plus de dix ans nous ne Cessons de flageller l'apathie de nos compatriotes, de leur faire honte de leur manque de virilité, d'initiative. Ils en récoltent les fruits aujourd'hui. Mais ne les humilions pas trop puisqu'ils ont fini par sentir la férule du maître, et si les soufflets du pouvoir avaient pu les réveiller à jamais, nous les bénirions nous qui pleurions sur la perte de notre énergie, de nos sentiments chevaleresques, de tout ce qui fut l'ornement de la vie de ceux qui nous ont précédés dans l'existence !

Si les Beanbassinois-et les Rosehilliens ont un devoir à remplir, nous, membres de la Presse, nous avons aussi à les aider, à préparer l'opinion publique, à la stimuler et il faut espérer que cette bolle unanimité de ce matin se maintiendra jusqu'à la fin !

F. L. M.

Enclosure 15 in No. 12. "LE RADICAL," October 11; 1901.

APPEL AUX MAURICIENS !

Nous avons été humiliés, insultés par le Gouverneur Bruce, que nona jngiona un ami, parce qu'il nous connaissait depuis trente ans, pour avoir été notra Recteur et notre secrétaire Colonial avant de devenir notre Gouverneur. Il nous a traités en esclaves, en gens dont l'opinion ne compte pas, dont les sentiments les plus sacrés peuvent être impunément foulés aux pieds. Nous ne devons pas lui pardonner même si nons songeons aux quelques bienfaits dont noua lui sommes radovables, ` Après ce cinglant soufflet qu'il a donné à toute la population éclairée de l'ile, il a l'audace, peut-être même

10469

9 כז

PUBLIC RECORD OFFICE

Reference :--

COPYRIGHT PHOTOGRAPH_NOT TOĴ

Comments

Approved members can add comments, bookmarks, and private notes.

No comments yet.

Private Research Note

Private notes are available after approval.