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pas bien évidente ici, elle est claire et nette dans l'affaire Atchia. Le Vieux Promadaire a, par lui- inée, une tendance au despotisme; mais, aujourd'hui qu'il est un peu ramolli par l'âge, il a besoin d'être soutenu pour ne pas “caler." C'est Trotter qui a inspiré au Vieux Bonze lidéo d'in lianiser le Board de Rose-Hill-Beau-Bassin-après le Conseil. In chose, très cachée, a fini par transpirer, et l'on sait aujourd'hui que c'est Trotter qui a été le mauvais génie inspirateur dans la circonstance. C'est aussi lui qui aurait conseillé la nomination de Nalletambs. Il a réussi à faire croire au Vieux Bouddha que, les Indiens étant devenus un facteur important chez nous, il était juste qu'ils eussent lour part du gatem politique et administratif, et le Vieux Ramolli, qui pense comme lui au fond, est allé de l'avant. a fait offrir un siège à Atchia. Celui-ci, se voyant houspillé et tourné en dindon, fut sur le point de refuser d'entrer dans la galère. Trotter, lo voyant près de faiblir, alla le voir, le sermonna, le raisonna si bien qu'Atchia renonça à son refus. Ce fut le tour du Vieux Daim à Réchir, dovant l'indignation publique, ut ce fut encore Trotter qui lui donna du courage et ce fut lui qui, finalement, décida le Vioux Chameau à gazetter la nomination d'Atchia, envers et contre la réproba tion populaire. En un mot, c'est à Trotter que nous dovons Atchia. Cola apprendra aux Mauriciens à coqueter avec les Indo-Anglais qui ne sortent on ne sait d'où et ne viennent ici que pour nous faire supplanter-doublement; par les Anglais et par les Indiens. Trotter est un des plus funestes ennemis des Mauriciens-qu'on se le diae done, et qu'à l'avenir on le regoïve à coups de piud-au lieu de lui ouvrir les bras !

Enclosure 11 in No. 12.

"LE CERNÉEN," October 10, 1901.

LA NOMINATION DE M. ATCHIA.

CRATES.

Do par la volonté d'un homme qui serait bien mieux à sa place comme maître d'école dans un village d'Ecosse qu'a la tête du gouvernement de Maurice, la désorganisation a été jetée dans un Bourt qui fonctionnnit admtrablemont jusqu'ici, et la désaffection dans une population qui ne demandait qu'un peu de justice pour se donner sans restriction à la nation qui avait pu conquérir Bon territoire par la force, mais qui n'avait pas encore su conquérir son cœur. Cet homme, cependant, avait pour devoir de villior à ce que l'ordre régnât dans les divers corps constitués du pays, de même qu'il avait pour mission de s'employer, de tout son pouvoir, à faire naître dans l'âme de ceux qu'il gouverne des sentiments, non seulement de loyauté, mais encore de sympathie, d'affection pour to peuple dont il est le représentant. Il a trahi sou devoir, il a failli à sa mission, il a rouvert Fabime qui, pendant si longtemps, avalt séparé les Mauriciens de l'Angleterra et que quelques annéus de libéralisme et d'équit et surtout la venue du fils du Roi avaient presque comblé.

Il faudrait, un effet, que nous fussions un peuplo bien degeneró pour courber la tête sous l'affront immérité qui nous est fait, et pour continuer à aimer la nation au nom de laquelle on veut nous abaisser à un état d'asservissement vis-a-vis d'un élément étranger à notre pays, d'un élément l'une civilisation rudimentaire et d'une religion ennemie de la nôtre.

Comme pour bien marquer son intention de nous froisser et de nous humiller, cet homme dont le rôle est aussi nefaste pour nous qu'il l'est pour l'Angleterre, en nous éloignant d'elle à un moment où elle a le plus besoin du concours de toutes ses colonies, ce gouverneur qui n'a jamais su se gouverneur lui-même a fait choix, non d'un musulman d'une certaine culture intellectuelle, s'habillant propro- rent et parlant, de façon, à se faire comprendre, la langue françaiso on la langue anglaiso, mais d'un Jascar en chemise, qui ne peut s'exprimer qu'en patois créole. Pour donner une blée du niveau intellectuel et social de cet asiatique encore incivilise, nous rapporterons, dans la seule langue dont il puise user, la conversation qu'il eut, il n'y a que quelques jours, avee un des membres du Board aujourd hui démissionnaires :-

Çu gouvernère, Ini dit il, oulé mno accepté ça place dans Borde. Moa, mo n'a pas oulé ; mais ça Trotter, dire governoro pour en colère. Mo pour accepté, mais comment mo a fère motionnes? En criole capave fère ? Et quand en criole mo fère, ça gouvernère capave lire criole ?

Celni à qui il s'adressait lui répondit que le Gouverneur adorait le créole qu'il en faisait ses délicos et tenuit pour des hommes supérieurs coux qui avaient de laignů d'apprendre le français et l'anglais, paur approfondir le patois.

Ça ène famú zomme ! s'écria Atohia, tout fier de penser qu'il allait pouvoir, par de multiples motions en créole, affirmer sa supériorité aux yeux du si digne, du si remarquable représentant de Sa Majesté Edward VII.

Voilà l'individu que l'on n'a pas hésité à placer à la tête de l'administration de deux villes aussi iraportantes que Rose-Hill et Beau Bassin. N'est-ce pas écœurant et n'es-ce pas fait pour révolter la conscience publique ?

L'acte de Sir Charles Bruce, puisqu'il faut le désigner par son nom, est d'autant plus inqualifiable qu'il ne s'est pas contenté d'offrir á M. Atchia un siège au Board de Rose Hill: il a encore usé de pression pour qu'il acceptat ce poste que son premier trouvement avait été de décliner. C'était l'homme qu'il lui fallait pour qu'il n'y eût aucun doute sur son intention bien arrêtéo de faire aux Mauriciens une injure qui ne s'oublie pas, qui ne se pardonne pas. Dans cette besogne indigne, il a été aidé par un chef de département qui a beaucoup, et très malheureusement, fait parler de lui au temps des luttes hennes- syennes et sur le nom duquel le silence s'était fait peu à peu. M. John Francis Trotter, à l'échine si souple malgré sa grosse écorce, a été, en la circonstance, l'agent servile de Sir Charles Bruce, C'est lui qui a trouvé les arguments voulus pour triompher de derniéres hesitations de M. Atchia, c'est lui qui, en provision de la démission des membres du Board, s'est charge de recruter d'autres membres moins soucieux de conserver intacte leur dignité Les refus qu'il a essayés de la part, non seulement de Mauricien, mais même d'Anglais à qui il avait cru pouvoir s'adresser en toute sécurité, ne l'ont pas rebuté. Les appreciatious sévères de beaucoup de ses compatriotes sur le triste rôle qu'il avait accepté de remplir, n'out produit aucun effet sur son esprit, trùs epais d'ailleurs. Il a été jusqu'au

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bout de sa complaisante mission et il a fini par obtenir un succès qui en dit long sur ses talents jusque- là cachés. Il mérite un courtage honnête ; il est à espérer que Sir Charles Bruce, aujourd'hui” Grand Croix de l'Ordre extrêmement distingué de St. Michel et St. George, stura le lui donner, de mêm e que le due d'Edimbourg sut récompenser les menus services du colonel O'Brien,

Et maintenant que vont faire nos députés ? C'est vors enx que tona les regarda se tournent, c'est sur eux que l'on compte pour relever le défi qui nous a été jetó avec tant d'insolence, et organiser la défense contre l'attaque aussi inattendue que brutale dirigée contro l'élément maurielen, contre Je fila du sol, contre les descendants de ceux qui ont créé cette colonio et fait d'elle ce qu'elle est aujours d'lui, et parmi lesquels, soit dit en passant, on n'a jamais rencontré de conriefs, comme dans certaines autres colonies, que l'on respecte pourtant, parce qu'elles sont fortes et puissantes. C'est la guerre qui nous est déclarée par un gouverneur peut-être irresponsable, au point de vue mentul, muis qui 'en a pas moins le pouvoir en main. Nos députés ont pour devoir de lui montrer qu'ils ne sont pas hommes à fuir la bataillé, et il leur appartient de provoquer des meetings publics où des résolutions seront votées pour affiriner notre droit à ôtre traités avec plus d'égarchs, et de les transmettro unsuite, non seulement au Secrétaire d'Etat, mais encore à ces membres de la Chambre des Communes qui bauvent l'honneur du Parlement en se mettant toujours du côté du faible contre le fort,

LES REMPLACANTS.

Un extraordinaire de la Gazette Officielle paru cot après-midi annonce que MM. Trotter, V. Singory et le Dr. Barbeau ont été nommés membres du Board de Rose Hill et Beau Bassin, en romplacement de MM. H. G. Dueray, R. Konig et Cowin, et que M. Trotter a été choisi comme président dù Boart.

La nomination de M. Trotter était prévue; l'honorable, le très honorable membre no sera certuine- ment pas déplacé à côté de la chemise de M. Atchia. Celle du Dr. Barbeau et de M. Singery ne nous étonne pas, non plus, car, fonctionnaires publics, il leur était difficile do no pas s'incliner devant un désir, qui équivalait à un ordre, du chef du pays.

Nous nous réjouissons de voir qu'en dehors du service civil, Sir Charles n'a pu trouver personne, ni dans la communauté mauricienne, ni dans la communauté anglaise, pour servir d'instrument à démente politique d'asiatisation, sauf M. Charles Laurent, qui pense sans doute que c'est un grand honneur que lui a fait Son Excellence, mais qui ne tardera pas à s'apercevoir qu'il s'est amoindri en consentant à s'unir aux Bruce, aux Trotter et aux Atchia contre ses compatriotes.

Enclosure 12 in No. 12.

“JOURNAL der Maurice,” October 10, 1901.

LE MASQUE EST TOMBE.

L'officiel a parlé : Sir Charles a pris trois de ses mucts et les a mis à la place de ces trois vaillants, MM. Roburt Konig, Cowin et Henri Ducray.

Pour ne pas débarquer sa langouti, Sir Charles l'a encadré du trois passifs, qui n'ont qu'un droit ; celui de so taire, quels que soient leurs sentiments!

Nous ne parlons bien entendu paa de ce tombereau de viando écrouléo, M. Trotter, bon à toutes Jes besognes.

Tobie lui-même, armé de son poisson, serait aujourd'hui impuissant à rendre la vuo à Sir Charles, à lui faire tomber les écailles des yeux.

Sir Charles ne voit pas le danger de sa politique, il ne sent pas où le mina son obatination colérique !

Mais la fermentation est dans tous les esprits, Sir Charles! Vous ne vous doutez peut-être pas que vous avez eu le rare mérite de soulever la colère générale, l'indignation universelle?

Ce que vous avez falt est indigne d'un gouvernement civilisé, et on comprend que vous avez révolté tout le monde, Mauriciens et Anglais.

Une vague de colère passe sur la colonie, et il n'est pas possible de déguiser la vérité : votre impopularité est sans précédent.

Aussi longtemps que vous avez fait donner contre nous votre escadron officiel. sous prétexte de gouverner, on pouvait se tromper sur vos intentions, cur, étant responsablu, vous pouviez alléguer que cetta politique de combat était nécessairo.

Mais prendre pour drapeau de guerre un capra de malabar, c'est franchir la frontière de la raison, c'est nous exampérer, c'est vouloir nous montrer que vous avez in bride sur le cou, que nous ne sommes rien, que nous n'avons pas le pouvoir de nous opposer à vos capricos, quelque insultants qu'ils soient pour nous.

En nommant M. Atchia, malgré les clamears de l'opinion, vous avez dépassé les bornes de l'impertinence vous nous avez traités avec ce mépris que lés Césars de la décadence affectèrent vis à vis des Romains lorsque l'un, Domition, ironique, assembla son sénat pour lui soumettro la question de la sauce à laquelle accommoder un turbot qu'il désirait manger, et l'autre, Héliogabalo, un farouche, proclama Consul son cheval.

Vous nous avez épargné l'affront du solipôde, mais pas colui do lascar! Encore un effort, Bir Charles, et nous n'aurons rien à envier, comme affronté encaissée, aux Romains de la décadence ! Offrez-vous donc cette joie sardonique de nous humilier plus profondément !

Afais halte-là! nos tempes ont battu; nos parines se sont gonflées : c'est de Beau Bassin que jaillira l'étincelle !

Loin de nous le désir d'attiser les colères; les mauriciens et les anglais, inarcheront de concert; nos populo damus; nous suivrons le pas !

Nous nons défierons maintenant, 6 Sir Charles, des gens gras. Jules César assurait qu'ils n'étaient pas à craindre ; vous nous avez démontré le contraire.

Mais nous vous ferons maigrir !

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