PUBLIC RECORD OFFICE
Reference :-
TLC.O. 882
wuiluluilm
6PUBLIC RECORD OFFICE, LONDON
ALLY WITHOUT PERMISSION OF THE BE REPRODUCED PHOTOGRAPHIC- COPYRIGHT PHOTOGRAPH-NOT TO
24.
pas bien évidente ici, elle est claire et nette dans l'affaire Atchia. Le Vienx Dromadaire a, par lui- même, une tendance an despotisme; mais, aujourd'hui qu'il est un peu ramolli par l'âge, il a besoin d'être soutenu pour ne pas "caler." C'est Trotter qui a inspiré au Vieux Bonze l'idée d'indianiser le Board de Rose-Hill-Beau-Bassin-sprès le Conseil. La chose, très cachée, a fini par transpirer, et l'on Bait Mujourd'hui que c'est Trotter qui a été le mauvais génie inspirateur dans la circonstance. C'est ausai lui qui aurait conseillé la nomination de Nalletamby. Il a réussi à faire croire au Vieux Bouddha que, les Indiens étant devenus un facteur important chez nous, il était juste qu'ils enssent leur part du gateau politique et administratif, et le Vienx Ramolli, qui pense comme lui au fond, est allé de l'avant. Il a fait offrir un siège à Atchia. Celui-ci, se voyant houspillé et tourné en dindon, fat sur le point de refuser d'entrer dans la galère. Trotter, le voyant près de faiblir, alla le voir, le sermonna, le raisonna ai bien qu'Atchia renonça à son refus. Ce fut le tour du Vieux Daim à fléchir, devant l'indignation publique, et ce fut.encore Trotter qui lui donna du courage et ce fut lui qui, finalement, décida le Vieux Chameau à gazetter la nomination d'Atchia, envers et contre la réproba- tion populaire. En un toot, c'est à Trotter que nous devons Atchia. Cela apprendra aux Mauriciens à coqueter avec les Indo-Anglais qui ne sortent on ne sait d'où et ne viennent ici que pour nous faire supplanter-doublement; par les Anglais et par les Indiens. Trotter est un des plus funestes ennemis des Mauriciers-qu'on se le dise donc, et qu'à l'avenir on le reçoive à coups de pied-au lieu de lui ouvrir les bras!
Enclosure 11 in No. 12.
"LE CERNÉEN," October 10, 1901.
LA NOMINATION DE M. ATCHIA.
CRATES.
De par la volonté d'un homme qui serait bien mieux à sa place comme maître d'école dans un village d'Ecosse qu'a la tête du gouvernement de Maurice, la désorganisation a été jetée dans un Board qui fonctionnait admirablement jusqu'ici, et la désaffection dans une population qui ne demandait qu'un peu de justice pour se donner sans restriction à la nation qui avait pu conquérir son territoire par la force, mais qui n'avait pas encore su conquérir son cœur. avait pour devoir de villier à ce que l'ordre régnât dans les divers corps constitués du pays, de même Cet homme, cependant, qu'il avait pour mission de s'employer, de tout son pouvoir, à faire naître dans l'âme de ceux qu'il gouverne des sentiments, non seulement de loyauté, mais encore de sympathie, d'affection pour le peuple dont il est le représentant. Il a trahi son devoir, il a failli à sa mission, il a rouvert l'abime qui, pendant si longtemps, avait séparé les Mauriciens de l'Angleterre et que quelques années de libéralisme et d'équit et surtout la venue du fils du Roi avaient presque comblé.
Il faudrait, en effet, que nous fussions un peuple bien degeneré pour courber la tête sous l'affront immérité qui nous est fait, et pour continuer à aimer la nation au nom de laquelle on veut nous abaisser à un état d'asservissement vis-a-vie d'un élément étranger à notre pays, d'un élément d'une civilisation rudimentaire et d'une religion ennemie de la nôtre.
Comme pour bien narquer son intention de nous froisser et de nous humilier, cet homme dont le rôle est aussi nefaste pour nous qu'il l'est pour l'Angleterre, en nous éloignant d'elle à un moment où elle a le plus besoin du concours de toutes ses colonies, ce gouverneur qui n'a jamais su se gouverneur lui-même a fait choix, non d'un musulman d'une certaine culture intellectuelle, s'habillant ment et parlant, de façon, à se faire comprendre, la langue française ou la langue anglaise, mais d'un propre- lascar en chemise, qui ne peut s'exprimer qu'en patois créole. Pour donner une idée du niveau intellectuel et social de cet asiatique encore incivilise, nous rapporterons, dans la seule langue dont il puisse user, la conversation qu'il eut, il n'y a que quelques jours, avec un des membres du Bourd aujourd hul démissionnaires :-
Ça gouvernére, lai dit il, ouló mo accepté ça place dans Borde. Moa, mo n'a pas oulé; mais ça Trotter, dire gouvernère pour en colère. Mo pour accepté, mais comment mo a fère motionnes? En oriole capave fère ? Et quand en criole mo fère, ça gouvernère capave lire criole?
Celni à qui il s'adressait lui répondit que le Gouverneur adorait le créole qu'il en faisait ses délices et tenait pour des hommes supérieurs ceux qui avaient dedaigné d'apprendre le français et l'anglais, pour approfondir le patois.
Ça ène famé zomme! s'écria Atohia, tout fler de penser qu'il allait pouvoir, par de multiples motions en créole, affirmer sa supériorité aux yeux du si digne du si remarquable représentant de Sa Majesté Edward VII.
Voilà l'individu que l'on n'a pas hésité à placer à la tête de l'administration de deux villes aussi importantes que Rose-Hill et Beau Bassin. N'est-ce pas écœurant et n'est-ce pas fait pour révolter la conscience publique ?
L'acte de Sir Charles Bruce, puisqu'il faut le désigner par son nom, est d'autant plus inqualifiable qu'il ne s'est pas contenté d'offrir à M. Atchis un siège au Board de Rose Hill: il a encore usé de pression pour qu'il acceptat ce poste que son premier mouvement avait été de décliner. C'était l'homme qu'il lui fallait pour qu'il n'y eût aucun doute sur son intention bien arrêtée de faire aux Mauriciens une injure ne s'oublie pas, qui ne se pardonne pas. Dans cette besogne Indigne, Il a été aidé par un chef de département qui a beaucoup, et très malheureusement, fait parler de lui au temps des luttes hennes. syennes et sur le nom duquel le silence s'était fait peu à peu. M. John Francis Trotter, à l'échine si souple malgré sa grosse écorce, a été, en la circonstance, l'agent servile de Bir Charles Bruce. C'est lui qui a trouvé les arguments voulus pour triompher de derniéres hesitations de M. Atchia, c'est lui qui, en provision de la démission des membres du Board, s'est chargé de recruter d'autres membres moins soucieux de conserver intacte leur dignité Les refua qu'il a essayés de la part, non seulement
de Mauricien, mais même d'Anglais à qui il avait cru pouvoir s'adresser en toute sécurité, ne l'ont pas rebuté. Les appreciatious sévères de beaucoup de ses compatriotes sur le triste rôle qu'il avait accepté de remplir, n'ont produit ancun effet sur son esprit, très epais d'ailleurs. Il a été jusqu'au
B
25
bout de sa complaisante mission et il a fini par obtenir un succès qui en dit long sur ses talents jusque- là cachés. Il mérite un courtage honnête; il est à espérer que Sir Charles Bruce, aujourd'hui Gran Croix de l'Ordre extrêmement distingué de St. Michel et St. George, saura le lui donner, de mêm e quo
le duc d'Edimbourg sut récompenser les menus services du colonel O'Brien,
Et maintenant que vont faire nos députés? C'est vere eux que tous les regards se tournent, c'est sur eux que l'on compte pour relever le défi qui none a été jeté avec tant d'insolence, et organiser la défense contre l'attaque aussi inattendue que brutale dirigée contre l'élément mauricien, contre le fils du sol, contre les descendants de ceux qui ont créé cette colonie et fait d'elle ce qu'elle est aujour- d'lui, et parmi lesquels, soit dit en passant, on n'a jamais rencontré de convicts, comme dans certaines autres colonies, que l'on respecte pourtant, parce qu'elles sont fortes et puissantes. C'est la guerre qui nous est déclarée par un gouverneur peut-être irresponsable, au point de vue mental, mais qui n'en a pas moins le pouvoir en main. Nos députés ont pour devoir de lui montrer qu'ils ne sont pas hommes à fuir la bataille, et il leur appartient de provoquer des meetings publics où des résolutions seront votées pour affirmer notre droit à être traités avec plus d'égards, et de les transmettre ensuite, non seulement au Secrétaire d'Etat, mais encore à ces membres de la Chambre des Communes qui sauvent l'honneur du Parlement en se mettant toujours du côté du faible contre le fort.
LES REMPLAÇANTS.
Un extraordinaire de la Gazette Officielle paru cet après-midi annonce que MM. Trotter, V. Singery et le Dr. Barbeau ont été nommés membres du Board de Rose Hill et Bean Bassin, en remplacement de MM. H. G. Dueray. R. Kanig et Cowin, et que M. Trotter a été choisi comme président du Board.
La nomination de M. Trotter était prévue; l'honorable, le très honorable membre ne sera certaine- ment pas déplacé à côté de la chemise de M. Atchia. Celle du Dr. Barbeau et de M. Singery ne nous étonne pas, non plus, car, fonctionnaires publics, il leur était difficile de ne pas s'incliner devant un désir, qui équivalait à un ordre, du chef du pays.
Nous nous réjouissons de voir qu'en dehors du service civil, Sir Charles n'a pu trouver personne, ni dans la communauté mauricienne, ni dans la communauté anglaise, pour servir d'instrument à sa démente politique d'asiatisation,-auf M. Charles Laurent, qui pense sans doute que c'est un grand honneur que lui a fait Son Excellence, mais qui ne tardera pas à s'apercevoir qu'il s'est moindri en consentant à s'unir aux Bruce, aux Trotter et aux Atchia contre ses compatriotes.
Enclosure 12 in No. 12.
"JOURNAL DE MAURICE," October 10, 1901.
LE MASQUE EST TOMBE.
L'officiel a parlé: Sir Charles a pris trois de ses muets et les a mis à la place de ces trois vuillants, MM. Robert Koenig, Cowin et Henri Ducray.
Pour ne pas débarquer sa langouti, Sir Charles l'a encadré de trois passifs, qui n'ont qu'un droit : celui de se taire, quels que soient leurs sentiments!
Nous ne parlons bien entendu pas de ce tombereau de viande écroulée, M. Trotter, bon à toutes les besognes.
Tobie lui-même, armé de son poisson, serait aujourd'hui impuissant à rendre la vue à Sir Charles, à lui faire tomber les écailles des yeux.
Sir Charles ne voit pas le danger de sa politique, il ne sent pas où le mène son obstination colérique !
Mais la fermentation est dans tous les esprits, Sir Charles ! Vous ne vous doutes peut-être pas
que vous avez eu le rare mérite de soulever la colère générale, l'indignation universelle?
Ce que vous avez fait est indigne d'un gouvernement civilisé, et on comprend que vous avez révolté tout le monde, Mauriciens et Anglais,
Une vague de colère passe sur la colonie, et il n'est pas possible de déguiser la vérité : votre impopularité est sans précédent,
Aussi longtemps que vous avez fait donner contre nous votre escadron officiel. sous prétexte de gonverner, on pouvait se tromper sur vos intentions, car, étant responsable, vous pouviez alléguer que cette politique de combat était nécessaire.
Male prendre pour drapeau de guerre un capra de malabar, c'est franchir la frontière de la raison, c'est nous exaspérer, c'est vouloir nous montrer que vous avez la bride sur le cou, que nous ne sommes rien, que nous n'avons pas le pouvoir de nous opposer à vos caprices, quelque insultants qu'ils soient
pour nous.
En nommant M. Atchia, malgré les clameurs de l'opinion, vous avez dépassé les bornes de l'impertinence; vous nous avez traités avec ce mépris que les Césars de la décadence affectèrent vis à vis des Romains lorsque l'un, Domitian, ironique, assembla son sénat pour lui soumettre la question de la sauce à laquelle accommoder un tarbot qu'il désiralt manger, et l'autre, Héliogabale, un farouche, proclama Consul son cheval,
Vous nous avez épargné l'affront du solipède, mais pas celui du lascar! Encore un effort, sir Charles, et nous n'aurons rien à envier, comme affronts encaissés, aux Romains de la décadence ! (ffrez-vous donc cette joie sardonique de nous humilier plus profondément !
Mais balte-là nos tempos ont battu; nos narines se sont gonflées: c'est de Beau Bassin que jaillira l'étincelle !
Loin de nous le désir d'attiser les colères; les mauriciens et les anglais, marcheront de concert; nos populo damus; nous suivrons le pas !
Nous nons déflerone maintenant, 6 Sir Charles, des gens gras. Jules César assurait qu'ils n'étaient pas à craindre; vous nous avez démontré le contraire.
Mais nous vous ferons maigrir !
10462
D
No comments yet.
Private notes are available after approval.