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C.O. 882

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a'il avait appelé à recueillir cette lourde snccession un homme qui en fût digne: nous avons nommé M. George Guibert. Cette satisfaction donnée à l'opinion publique, cette justice rendue à l'un des membres les plus éminents de la communauté mauricienne, nous aurions sans doute regretté que Son Excellence, avant de penser à M. de Chazal, n'eût pas songé à d'autres qui avaient sur lui l'avantage d'avoir déjà appartenu à la Législature, ruais, au point de vue de l'expérience des affaires du pays, de l'intelligence, des capacités, en un mot des principes qui doivent guider le chef de la colonie dans le choix des nominees, nous n'aurions rien trouvé à redire-lea lumières de M. Guibert étant acquises au Conseil à la nomination d'un homme occupant une position aussi importante que M. Pierre Edmond de Chazal. En écartaut M. Guibert, le Gouverneur nous force, si nous voulons demeurer ce que nous avons toujours été jusqu'ici: l'interprète sincère du sentiment public, à désapprouver entièrement cette nomination.

Quant à celle du Dr. Nallėtumby, elle est inexplicable. Le Dr. Nallétamby, non seulement était, hier encore, un parfait inconnu, mais encore il ne represente rien, absolument rien. Il descend d'une famille indienne de Pondichery, et Pondichery, à moins que nous ne nous abusions étrangement, est une possession française. De plus, il est chrétien et se targue de n'avoir rien de commun avec les indiens. Le choix de Son Excellence ne saurait donc se justifier par cette considération, d'ailleurs inadmissible en principe, que les asiatiques doivent avoir un représentant au Conseil. S'il avait voulu complaire à l'élément asiatique; c'est un des gros négociants arabes, tels que Aboo Bakar, qu'il aurait da nommer, et non un médecin que les Musulmans, comme les Hindous, comme les Chinois, se refusent à accepter comine un des leurs et qui se refuse lui-même à être rangé dans l'une quelconque de ces classes de la communauté asiatique.

Le Dr. Nallétamby a, du reste, été Îni même extrêmement surpris de l'offre qui lui était faite par le chef du pays; il ne s'attendait pas à cet honneur, rien ne s'y ayant préparé. Il n'a pas eu, thal- heureusement, assez de bon sens pour le décliner. Il est vrai qu'il s'agissait de ne pas laisser protester la signature de son frère, le courtier. Ce que bien des personnes ignorent, en effet, c'est que le siège avait d'abord été offert à M. Nallétamby, Julius de son prénom, et M. Julius Nallétamby avait tout simplement, comme la chose la plus naturelle du monde, passé le "billet "à l'ordre du Docteur !

Nous considérons que cette nomination est, en même temps qu'un défi à la population mauri- cienne, une insulte à la mémoire de Sir Virgile Naz, et c'est vraiment à se demander si Sir Charles Bruce jouissait de la plénitude de ses facultés mentales lorsqu'il a decré à qu'à celui qui fut le premier des Mauriciens et l'une des gloires les plus pures de cette colunie, succéderait un homme qui peut être d'une irréprochable honorabilité, mais qui ne jouit d'aucune notoriété, qui n'occupe pas une situation en vue et qui ne s'est jamais fait remarquer par une grande envergure d'esprit.

Enclosure 3 in No. 12.

"CERNÉEN," October 5, 1901.

LE BOARD DE REAU-BASSIN ET ROSE-HILL.

Il semble confirmé-malgré la nouvelle publiée hier que le Gouverneur ne ferait, avant l'année prochaine, aucune nomination au Board de Beau-Bassin et Rose Hill-que Son Excellence a fait choix de M. Atchis, pour y remplacer M. A. Hugnin fila, à moins que ce ne soit le regretté M. P. Ambrose. Ce pauvre M. Atchia, tel le guillotiné par persuasion, après avoir dit vingt fois non » vingt fois oui, a fini, sur les pressants sollicitations de doux chefs de département, par dire un vingt et unième oui, cette fois définitif et irrévocable. Il y a quelques jours que la diplomatie des deux officiels en question lui a arraché un consentement auquel Sir Charles Bruce tenait d'autant plus qu'un refas final lui aurait paru un échec humiliant. On est donc en droit de s'étouner que le Journal Officiel soit muet et l'on se demande pourquoi le Gouverneur ne s'empresse pas de faire savoir à ses administrés qu'il a cru age d'appeler un asiatique, du meilleur crn cette fois, à siéger fans un des Boards les plus importants du pays.

Sir Charles, après s'être montré si anxieux d'obtenir le consentement de M. Atchia, serait-il pris le turdifs scrupules et hésiterait-il à indiger à la communauté une humiliation iminéritée, un affront brutal? Ses conseillers intiues l'auraient-ils adjuré de retarder l'accomplissement d'un acte souverainement impolitique et déraisonnable, esperant que gagner du temps serait permettre à la raison de reprendre ses droits sur l'esprit du chef de la colonie? Bien fin qui pénétrera ces enigines. Il est impossible d'expliquer logiquement les hesitations que trahit l'attitude actuelle de Sir Charles Bruce, après sa ferme résolution de donner à l'élément asiatique des représentants plus ou moins autorisés au Conseil Législatif, aux Boards et Comités nominés par le Gouvernement, in'attarderai donc pas à chercher la cief du mystère; mieux vaut passer à l'examen des conséquences qu'entraînerait la notification de la nomination de M. Atchia,

Je ne

Il est positif que les membres du Board de Beau Bassin et Rose Hill, sauf un, sont décidés à nvoyer leur démission au Gouverneur dès qu'il leur aura fait savoir qu'il faut faire place, dans leurs tangs, à la chemise flottante d'un musulman d'une civilisation assez primitive encore.

Il est permis de s'étonner que, parmi les Mauriciens qui siègent à ce-Board, il s'en trouve un qui ne sente pas que c'est approuver la politique d'asiatisation que veut inaugurer Sir Charles, que de consentir à étre le collègue de M. At:hla. Comprenant dans quelle position fausse il se place, ce nembre du Board de Bean Bassin et Rose Hill expliquerait, paralt-il, son étrange résolution par la raison que ses collègues ne veulent ni démissionner collectivement ni motiver leur démission.

Il est évident que des démissions individuelles, bien qu'elles doivent se produire en même temps, 'auraient pas la même portée qu'une démission collective, dont les motifs seraient exposés avec termeté; mais elles auraient encore une signification sur laquelle le Gouverneur ne se méprendrait is; et il est préférable de s'inspirer de l'exemple de la majorité du Board que de se séparer d'elle, - la prétexte qu'on préfère ne pas protester du tout que de protester isolément.

Il est aussi affirmé que le Gouverneur, s'attendant à la démission des membres du Board de Beau Bassin et Rose Hill, aurait, pris ses dispositions pour les faire remplacer par des officiels et par

ment.

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quelques Anglais. La nomination de ces derniers ne saurait surprendre la communauté, pas plus que leur empressement à remplacer des Mauriciens, Il est naturel qu'ils prêtent leur appui au Gouverne- Quant aux officiels, on sait qu'il leur serait impossible de refuser l'offre qui leur serait faite par le chef du pays. C'est un ordre déguisé que leur donnerait Sir Charles Bruce, et ils sont trop pliée à la discipline et trop respectueux de l'autorité supérieure pour ne pas y obéir. On peut les plaindre d'avoir de nouveaux devoirs à remplir, sans que leurs salaires soient augmentés, mais il ne serait pas juste de leur adrasser des reproches.

S'ils sont à l'abri de toute critique, le Gouverneur, par contre, ne saurait invoquer aucune excuse. En appelant des officiels à sièger dans un Board qui, sur bien des questions, peut être en conflit avec le Gouvernement, il en vicierait la constitution et en sacrifiant d'avance les intérêts dans tous les litigee qui pourraient survenir entre le Board et l'administration. Ces considerations devraient arréter le chef de la Colonie. Elles l'arrêtront surement s'il ne fait de cette question une question mesquine, d'amour-propre, personnel, si son entêtement ne se fortifie pas de l'irritation que provoquera infailli- blement chez une nature despotique comme la sienne, la virile attitude de nos compatriotes du Board qui auraient le courage de relever, avec dignité le défi qu'il porterait à la population s'il mettait l'Asiatique sur un pied d'égalité avec le Mauricien.

MAURITIANUS.

Enclosure 4 in No. 12.

"LE JOURNAL DE MAURICE," October 5, 1901.

UN BIAIS.

Il a été annoncé, hier, par presque tous les journaux, que Sir Charles Bruce ne voyait pas l'utilité de remplir, avant l'année prochaine, les deux vacances qui se sont produites, au Board de Beau Bassin et de Rose Hill. Il ne remplacerait M. A. Hugain fils et le regretté M. P. Ambrose qu'à l'époque où l'on renouvelle tous les Boards et Comités. Ces retards ne causeraient aucun préjudice aux villes de Beau Bassin et de Rose Hill dont le Board actuel, bien qu'incomplet, peut, ayant son quorum, assurer la bonne administration. Nous ne savons si la nouvelle est d'une rigoureuse exactitude. Il est difficile, en effet, de se renseigner d'une façon complète et satisfaisante sur ce qui se passe dans les hautes sphères officielles au sujet du Board de Beau Bassin et de Rose Hill. Les informations les plus contradictoires se succèdent. Tout ce que l'on sait, c'est que Sir Charles Bruce avait positivement cru de son devoir d'y appeler un asiatique afin d'affirmer la nouvelle politique dont la nomination du Dr. Nallétamby, au Conseil Législatif, était l'indication. On est également au courant des hésitations et des tergiversations de M. Atchia, des démarches qui ont été faites auprès de lui, par de hauts fonctionnaires, pour qu'il ne persiste pas dans sa première résolution de décliner l'offre flatteuse du gouverneur, Quant à la décision définitive, à laquelle s'est arrêté M. Atchia, les paris sont ouverte. Les uns affirment qu'il a avalé la pilule, savamment dorée par M. Trotter, et habilement présentée par M. de Coriolis. Les autres, avec tout autant de conviction, déclarent qu'il a eu la sagesse de repousser un périlleux honneur, no se souciant pas de garder le moindre Capitole, fut-il beaubassinois et roshillien à la fois. Il est permis de donner raison à ceux-là. Comment s'expliquer autrement, si M. Atchia avait cédé à la pression qu'il a subie, que sa pomination n'ait pas encore paru à l'Official? Le gouverneur, après avoir tant insisté pour qu'il accepte, ne pouvait décemment revenir sur son choix. C'eût été nne inconséquence dont nous le croyons d'autant plus incapable que nous con- naissons la ténacité de son caractère. Il reste l'hypothèse que Sir Charles Bruce, voulant éviter la leçon que se proposent, en démissionnant, de lui infliger les membres du Board, ait cru trouver le moyen de tout arranger, en faisant de M. Atchia une sorte de membre in partibus du Board, se réservant de renvoyer à plus tard la notification de sa nomination. Par ce mezzo termine,-la politique italienne a du bon,-il respecterait les convenances à l'égard.de M. Atchia, tout en laissant fermée pour lui une porte qu'il lui a promis d'ouvrir, et il éviteraît de froisser la population et de provoquer la protestation des membres du Board. Ce ne serait pas une combinaison dépourvue d'habileté. Bir Charles s'étant trop avancé pour reculer ouvertement, prend un biais qui donne à M. Atchia une satisfaction dont il aura se contenter, les asiatiques n'étant pas d'une excessive susceptibilité, et qui l'empêche de perpétrer un acte qu'on aurait considéré, avec raison, comme un défi jeté à la commu- nauté mauricienne. C'est une façon assez ingénieuse de se tirer d'un mauvais pas. Le procédé est à retenir, car il ne manque pas de saveur.

Nous nous garderons de nous en gausser, encore plus de le blamer, puis qu'il est, en fin de compte, une concession faite à l'opinion publique, et qu'on peut en conclure, sans faire preuve d'un trop grand optimisme, que le gouverneur a compris le danger de la nouvelle orientation qu'il voulait donner à la politique coloniale,

Indépendaminent de la fante qu'elle aurait constituée, la nomination de M. Atchia aurait engagé le gouvernement dans une voje inconstitutionnelle. Il aurait été fort embarrassé de remplacer les membres démissionnaires dè- Board de Bean Bassin et de Rose Hill par des Mauriciens. On dit qu'il avait, sous la main, quelques anglais et des fonctionnaires pour remplacer les démissionnaires, mais la nomination d'un certain nombre d'officiels aurait faussé la constitution do ce board, dont les intérêts sont souvent en conflit avec ceux de l'administration. Des officiers publics auraient l'obligation de donner toujours raison à celle-ci et les lltiges ne seraient pas tranchée équitablement. Sana nul doute cette considération n'a pas dû manquer de frapper le gouverneur, et peut-être a-t-elle contribué, dans une large mesure, à lui faire prendre le biais que l'on mit. Ce serait que preuve que l'entêtement qu'on lui prête a pour bornes l'intérêt public, dans certaines circònstances, tout au încins, et il faut féliciter le gouverneur de savoir se ressaisir et de ne pas persister invariablement, avec une regrett- able opiniâtreté, dans des vues et dans des idées que ses administrés considèrent comme dangereuses et funestes.

LA

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