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ELEC.O. 882
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J'ai reçu, Messieurs, beaucoup d'adresses, mais elles différaient toutes de celle-ci. On y parlait de ma femme et de mon fils; dans celle-ci, on y parle de ma femme et de mes enfants. En effet, un nouveau lien existe entre cette ile et moi; depuis quelque temps je suis heureux de pouvoir compter dans ma famille un créole de l'île Maurice.
Monsieur Coutanceau, président de la Société française d'assistance, 'a ensuite présenté à son Excellence l'adresse suivante.
A Son Excellence Sir JOHN POPe Hennessy, K.C.M.G., Gouverneur et Commandant en Chef de la Colonie de Maurice et de ses Dépendances, etc., etc., etc. Nous soussignés, étrangers fixés à Maurice depuis de longues années, ayant aujourd'hui toutes nos affaires dans ce pays et ne pouvant nous joindre à l'adresse qui sera présentée à votre Excellence par ses fidèles administrés mauriciens ;-tenons es- sentiellement à faire connaître à votre Excellence que nous aussi, nous apprécions votre libéralisme, votre justice, votre bienveillance pour les habitants de cette Colonie, ainsi que la vive sollicitude que vous n'avez cessé de montrer dans tous vos actes pour les intérêts généraux et pour toutes les classes de la communauté.
Nous prions votre Excellence de vouloir bien agréer aussi l'assurance de nos sentiments d'estime, de gratitude et d'entière confiance.
Nous profitons de cette occasion pour exprimer, en même temps, le vœux sincères que nous formons pour votre bonheur, celui de Lady Hennessy et de vos enfants.
Nous avons l'honneur d'être,
de votre Excellence,
Les très bumbles et très obéissants serviteur,
(Signed)
J. COUTANCEAU, négociant.
J. ETIENNE HENRY, négociant.
A. DROUIN, ancien négociant.
L. DROUIN, ancien interne des Hôpitaux de Paris.
F. PICARD, banquier, Dr. de la Banque Franco-Egyptienne.
GUTMAN, Banque Franco-Egyptienne.
H. DEBRANCHY, commerçant.
C. SUMEIRE.
A. NICAULT père, professeur.
A. TOULORGE, pharmacien.
Et 34 Signatures.
Son Excellence a chaleureusement remercié M. Coutanceau. La députation s'est alors retirée.
*
(" CERNÉEN of 8th May 1886.)
ADRESSE AU GOUVERNEUR.
Aujourd'hui, à 3 beures, une Députation, composée d'hommes influents représentant toutes les professions libérales de la communauté coloniale, s'est rendue auprès de Sir John Pope Hennessy, à l'hôtel du Gouvernement, pour lui remettre l'Adresse qui se signait depuis une dizaine de jours et qui était revêtue de 6,400 et quelques signatures.
Le Gouverneur a reçu la Députation dans la Salle du Trône,
Sir Virgile Naz, chargé de présenter l'Adresse, s'est exprimé en ces termes avant de la remettre à son Excellence :
"Nous avons l'honneur de présenter cette Adresse à votre Excellence.
"L'idée de cette Adresse a éte spontanée, et, dans un peu plus d'une semaine, elle a déjà été signée librement et avec empressement par 6,408 personnes appartenant à toutes les classes, tandis que la Pétition adressée à Sa Majesté, en 1882, pour lui demander la réforme de notre Constitution, n'a été, dans le cours de plusieurs semaines, signée que par 3,329 des sujets de Sa Majesté résidant à Maurice.
Nous croyons que cette Adresse porte les signatures de la majorité des membres des professions libérales, des grands propriétaires fonciers, des administrateurs de propiétés sucrières et des commerçants patentés de la Colonie. Elle est également signée par ane grande partie des petits propriétaires créoles et indiens, et des ouvriers qui ne sont pas sous contrat de service,
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"Si le temps alloué pour la signature de cette Adresse n'avait pas été limité par le départ de la malle, elle aurait été signée par un bien plus grand nombre de personnes.
"Les signataires de cette Adresse prient votre Excellence de la transmettre au Secrétaire d'Etat pour les Colonies. Ils comptent qu'elle convaincra le Gouvernm.cnt de Sa Majesté que si votre Excellence est attaquée par une petite minorité, la manière dont vous avez administré cette Colonie vous a conquis l'affection et la reconnaissance de la très grande majorité de la population; votre administration inspire une entière confiance à cette majorité, et elle contribue à cimenter la loyauté de Maurice envers la Couronne."
Ces paroles, qui étaient l'expression sincère des sentiments qui animent la grande majorité des Mauriciens envers leur Gouverneur, ont paru émouvoir profondément Sir John.
Sir Virgile a alors donné lecture de l'Adresse, et l'a remise à son Excellence, qui a vivement remercié les membres de la Députation et tous ceux qui, en signant l'Adresse, lui avaient donné une marque de leur estime et de leur confiance.
Voici cette adresse (see preceding page).
La réponse de son Excellence, aussi simple que cordiale, a été assez longue; nous n'essayerons pas d'en donner la substance, dans la crainte d'en affaiblir la portée. Nous dirons seulement que Sir John, après avoir dit combien il était sensible à la manifestation dont il venait d'être l'objet, a touché à certains points de l'adresse. Il s'est attaché particulièrement à ramener à ses proportions véritables, l'opposition injuste et systématique
laquelle, comme le dit l'adresse, il est en butte depuis quelque temps.
Sir John ne peut croire que cette opposition ait une longue durée, en raison des élément hétérogènes qui la composent. Comment admettre, en effet, qu'un homme comme l'honorable Antelme dont le nom se trouve lié, dans le passé, à toutes les grandes mesures adoptées en vue du bien et de la sécurité de la Colonie; qu'un homme dont la grande charité dít hautement les sentiments religieux, puisse continuer à faire alliance avec un incroyant qui affiche ouvertement son incrédulité. Non, dès que le nouveau Conseil aura commencé à fonctionner d'une manière normale et utile, cette opposition s'affaiblira pour perdre ensuite insensiblement son caractère systématiquement hostile. Le Gouver neur n'est pas ennemi de l'opposition; au contraire, il la considère comme essentielle au fonctionnement des assemblées délibérantes. Elle porte toujours de bons fruits quand elle est sincère et qu'elle a pour objectif l'intérêt public.
Le Gouverneur a fait ensuite allusion au parti anglais, dont il comprenait, a-t-il dit, le mécontentement, en présence des sentiments de justice qui animent son Excellence envers les Mauriciens. Comment ces sentiments ne se seraient-ils pas éveillés, en voyant combien les créoles sont exclus des hauts emplois ? En portant ses regards autour de la table du Conseil, à sa dernière séance, son Excellence remarquait que sur treize hauts fonctionnaires de l'Administration, il n'y avait qu'un seul qui fût créole: Elle & nommé l'honorable Cox, et encore il n'occupe qu'un poste intérimaire.
Sir John a parlé de son attachement pour la Colonie. Il lui semblait qu'il fût devenu presque créole. Un passage de l'adresse l'a particulièrement touché, c'est celui où des vœux sont formés pour le bonheur de ses enfants. Le dernier est un petit mauricien, et c'est là un lien qui l'attache plus étroitement à la Colonie.
Le Gouverneur, après avoir dit quelques mots sur la politique adoptée et suivie
par lui,
A ce moment, M. Jean Coutanceau, ayant une adresse à la maig, a demandé au Gouverneur à la lui remettre. Cette adresse, a-t-il dit, émanait des étrangers habitant Maurice, qui voulaient remercier le Gouverneur de sa sollicitude pour les intérêts du commerce, et rendre en même temps, eux aussi, témoignage qu'il ne cessait de faire tous ses efforts pour assurer le bien-être des habitants de la Colonie.
a pris courtoisement congé de la Députation.
Lecture ayant été donnée de cette adresse, le Gouverneur a serré la main à M. Coutanceau et l'a remercié ainsi ques ses amis.
La Députation s'est alors retirée.
On a remarqué l'absence, parmi les membres qui la composaient, de MM. W. Newton et L. Rouillard. Cette absence s'explique très naturellement par ce fait, que ces deux avocats étaient engagés dans une affaire sérieuse devant la Cour Suprême.
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