PUBLIC RECORD OFFICE
Reference :--
C.O. 882
ALLY WITHOUT PERMISSION OF THE BE REPRODUCED PHOTOGRAPHIC- COPYRIGHT PHOTOGRAPH-NOT TO
4 PUBLIC RECORD OFFICE, LONDON
8
Messrs. L. Raoul, L. Rouillard, Er. Rouillard, G. Robinson, Aristide Régnaud, F. Robert, A. Rohan, J. Rondeaux, F. Rault, V. Rémono, F. Rice, A. Rousset, J. Rousset, J. Rampal, E. Sauzier, Dr. Sakir, M. Suquet, A. Sauzier, M. Sauzier, E. Sandapa, W. Standley, J. W. Shand, J. C. Suzor, A. de Sylva, N. Tourrette, L. A. Thibaut, H. Thatcher, Van Meerbeck, E. Vigoureux de KĮMorvan, P. Victor, Dr. Vitry, Adolphe Vallet, E. Vuilmain, G. Vincent Georges, S. Wilson, Dr. Wheldon, H. Wiéhé, J. Wiebé.
MESSIEURS,
MEXTING À L'HOTEL-DE-VILLE.
Discours de M. Georges Guibert.
Je suis chargé de vous proposer la seconde résolution. Après le discours éloquent que vous venez d'entendre et que vous avez si justement couvert de vos applaudissements, et la résolution que vous avez unanimement votée, ma tâche est facile. Dans ce grand débat qui commence, le point important entre tous est désormais en dehors de toute controverse: nous sommes d'accord, notre constitution politique a besoin d'une modification, d'une réforme sérieuse. Il y a encore un autre point, presqu'également important et que nul, j'en suis sûr, ne contestera: cette réforme, que nous sommes unanimes à demander, elle doit s'accomplir non dans l'intérêt d'une classe particulière, mais dans l'intérêt de la communauté entière.
D'accord sur le but que nous désirons atteindre que nous reste-t-il à faire? Il faut que nous donnions un corps à la réforme que nous voulons obtenir, que nous déter- minions d'une manière précise les modifications constitutionnelles que nous demande- rons, en un mot nous avons à fixer le programme de ce grand mouvement politique. La fixation d'un pareil programme soulève de très graves questions qu'il faut étudier avec soin, discuter sans passion et sans blesser l'amour-propre de personnes. Tout cela ne peut se faire dans une assemblée aussi nombreuse que celli-ci. Le meilleur, le senl moyen pratique, celui qui nous vous suggérons, c'est de nommer un sous-comité, chargé d'étudier les différentes questions qui se présentent, de les discuter, et enfin de vous faire un rapport dont vous adopterez ou dont vous rejetterez les conclusions.
Il ne faut pas nous dissimuler que la tâche de ce sous-comité sera très importante et très délicate. L'élément officiel doit-il être conservé dans le Conseil législatif F L'élément inofficiel nommé par la Reine, doit-il disparaître? Faut-il introduire dans le Conseil un élément électif ? Comment cet élément électif devra-t-il être choisi? Par quelque grand corps ou quelques grandes associations telles que la Chambre d'agriculture, la Chambre de commerce? ou par la communauté elle-même, c'est-à- par tous les membres de la communauté possédant les qualités que fixera la loi électorale ? Je le répète, ce sont là de graves questions!
dire
Je crois fermement que dans un sous-comité, après un examen sérieux, une discussion approfondie des différents systèmes proposés, avec l'assistance des membres de la presse qui ont déjà mûrement réfléchi à toutes ces questions, je crois qu'il sera possible de les résoudre d'une manière satisfaisante: je crois que nous pourrons trouver un système de constitution qui sera pratique, modéré et qui donnera satisfaction dans une large inesure à tous les intérêts en jeu.
Que dis-je ? Il me semble que ce système, du moins dans ses grandes lignes, est déjà trouvé. Je n'entenda exprimer ici aucune opinion définitivement arrêtée; je n'ai, à vrai dire, aucune opinion définitivement arrêtée; mais permettez-moi de vous dire en quelques mots les impressions, les préférences avec lesquelles j'entrerai dans le sous- comité, si vous me faites l'honneur de m'en nommer membre; et laissez-moi ajouter que ces impressions, ces préférences sont le résultat de réflexions longues et sérieuses. Eh bien! messieurs, de tous les systèmes qui ont été mis en avant celui qui, à mon sens, peut le mieux réunir tous les suffrages, qui doit même les réunir si nous voulons une fois pour toutes ne pas attacher une importance exagérée à des questions de détail sans gravité réelle, celui qui me parait le plus simple, le meilleur en somme, le voici : introduires le Conseil législatif tel qu'il est composé, huit nouveaux membres inofficiela chais par la communauté, c'est à dire par un corps électoral comprenant tous les membres de la communauté qui possèderont les qualités exigées par la loi électorale qui sera faite plus tard.
Dans le Conseil ainsi constitué il y aurait trois éléments: l'élément officiel, c'est à dire les chefs de département qui sont en général des hommes de talent, qui ont dem connaissances spéciales et l'habitude des affaires gouvernementales et qui assureront
9
au gouvernement une grande et légitime influence dans la législature. Placés entre les officiels qui sont obligés de voter avec le gouvernement, et les inofficiels élus par la communauté, les inofficiels nommés par la Reine seront dans le conseil l'élément modérateur, le pouvoir pondérateur. Les inofficiels nommés par la Reine montreront envers le gouvernement l'indépendance dont ils ont déjà fait preuve dans maintes circonstances: se sentant appuyés par les membres élus, ils n'éprouveront plus le découragement bien naturel qui a dû souvent les arrêter, les paralyser. D'un autre côté, ils seront pratiquement inamovibles et posséderont une grande expérience des affaires publiques; conservateurs en général, ne dépendant pas des électeurs, ils sauront au besoin se joindre aux officiels pour s'opposer à toute mesure radicale, à tout entraînement populaire. Enfin les inofficiels élus seront les représentants directs de la grande masse de la communauté intelligente.
*
80
une
Messieurs, un grand jurisconsulte anglais qui certes n'était pas radical et qui vivait à une époque où la constitution anglaise était loin d'être aussi démocratique qu'au- jourd'hui, & exprimé quelque part cette pensée, à mon sens bien juste: "Dans un état "libre tout homme, que l'on suppose être un agent libre, doit dans une certaine mesure se gouverner lui-même, et par conséquent une partie au moins du pouvoir législatif doit résider dans le corps entier de la population." Ce principe, quant à moi, je l'admets sans hésiter; et pourtant je suis profondément conservateur et en même temps sincèrement libéral. Je crois voir dans tout homme, et par conséquent dans toute communauté deux instincts, deux penchants naturels: un instinct qui, en matière politique ou sociale, nous pousse à marcher, l'instinct progressif comme je l'appellerai; l'autre penchant, l'autre instinct, c'est l'instinct conservateur. Pourquoi ces deux instincts ne pourraient-ils pas se modérer l'un l'autre, se combiner pour ainsi dire? Pourquoi ne pourrait-on pas trouver un système de constitution donnant satis- faction à ces deux instincts, en ce qu'ils ont chacun de raisonnable? Je ne crois pas la chose impossible. Je n'admets pas que les hommes les plus intelligents, les plus instruits, ceux qui par leur intelligence, leurs lumières, leur fortune, forment l'élite de la société, une espèce d'aristocratie, mais une aristocratie libre de tout esprit de caste, ouverte à tous ceux d'où qu'ils viennent qui sont dignes d'en faire partie, je n'admets pas, dis-je que ces hommes là n'aient pas dans la constitution une influence proportionnée à leurs lumières, à leurs talents, à leur connaissance des affaires, je n'admets pas qu'on écrase leur légitime influence sous la force du nombre; mais, d'un autre côté, il me paraît indispensable que cette élite de la société ne prétende pas monopoliser la puissance politique, qu'elle ne
transforme pas en véritable oligarchie. Autrement, messieurs, qu'arrive-t-il? L'esprit de cette oligar- chie, d'abord conservateur et modéré, devient bientôt une espèct de fanatisme politique étroit, ennemi de tout progrès; et les intérêts de la communauté, prise dans son ensemble, ne sont plus suffisamment représentés ni sérieusement protégés.
Eh bien! messieurs, la constitution dont je vous ai, il y a un instant, esquissé les Si le nombre grands traits, me semble éviter les deux écueils dont je viens de parler. voulait écraser les plus intelligents et les plus éclairés, les conseillers, nommés par la Reine, deviendraient alors les représentants autorisés des classes les plus intelligentes et les plus éclairées parmi lesquelles ils seraient choisis; et certainement les officiels, c'est-à-dire le gouvernement leur donneraient leur appui. Ainsi donc même dans un cas extrême, dans un cas qui ne se présentera pas j'en ai la conviction, car les électeurs seront après tout des hommes intelligents, du moins un très grand d'entre eux, même dans ce cas extrême les intérêts conservateurs n'auraient rien à redouter. D'un autre côté un certain nombre des membres de la communauté exerçant le droit de vote, les intérêts de la communauté seront puissamment représentés. Et si les électeurs exar- cent avec sagesse et modération le droit qui leur aura été conféré, n'en doutez pas cette constitution sera modifiée quelque jour dans un sens encore plus libéral.
Je vous ai décrit, messieurs, le système que je préfère: si dans le sous-comité on en propose un autre qui me paraisse meilleur je n'hésiterai pas à l'adopter. Je n'hésiterai pas non plus à faire toutes les concessions qui me paraîtront raisonnablement possibles, et j'aime à penser que les autres membres du sous-comité agiront de même. Je crois donc que votre sous-comité pourra vous présenter un rapport, un programme satis- faisant. Ce rapport vous sera soumis; vous l'examinerez, vous le discuterez; sans doute il ne donnera pas une entière satisfaction aux préférences de chacun sur tous les points; mais si sur les points essentiels le programme tracé par le sous-comité obtient votre adhésion, sacrifiez à l'intérêt commun vos préférences personnelles sur les questions secondaires.
Quel parti politique pourrait exercer une influence réelle, pourrait même continuer à exister, si chacun de ses membres s'en tenait obstinément à toutes ses opinions
R 5115.
B
1
No comments yet.
Private notes are available after approval.