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C.O. 882

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Le Souverain, au d'oppression de toute sorte dont elles ont été jusqu'ici accablées. pouvoir duquel cette intéressante colonie va désormais rester, n'usera du droit de con- quête que pour procurer la félicité à ses habitants."

Non content de ces assurances, le Gouverneur Farquhar publia les instructions qu'il avait reçues pour le cas où la colonie capitulerait, et qui portaient que "le Gouverneur "aurait à veiller à ce que le système de législation et d'administration qui existait "dans la Colonie, fût en général maintenu dans son état actuel."

L'œuvre de la Révolution Française s'etait étendue jusqu'à cette Colonie. L'Assem- blée Coloniale, composée de représentants nommés par la communauté, et imbue des grands principes qui venaient de triompher en France, l'Assemblée Coloniale, inaugu- rant une nouvelle ère dans l'histoire de la Colonie, avait proclamé l'égalité entre tous les citoyens libres, et avait admis toutes les classes sans distinction à la participation des privilèges politiques qui jusque-là avaient été le partage exclusif des classes élevées. Avant que l'Angleterre eût songé à supprimer l'esclavage dans les Colonies, l'Assemblée Coloniale avait décrété l'illégalité de la traite et l'abolition du trafic des esclaves.

La réaction qui suivit l'avènement du Consulat en France, eut son contre-coup à Maurice et mit à néant les mesures libérales de l'Assemblée Coloniale. Cependant, Bonaparte lui-même n'osa pas enlever aux habitants de cette colonie toute part à l'administration de leurs affaires, et donna son assentiment à la création d'un Conseil Colonial qui n'avait incontestablement que des pouvoirs très limités, mais qui n'était pas dépourvu d'un certain caractère représentatif, puisque les membres en étaient pris sur une liste fournie par les planteurs, et que le Gouvernement était obligé de le consulter avant d'imposer des taxes et de prendre des décisions sur les questions d'intérêt public.

Cette Assemblée, qu'il trouva debout en 1810, le Gouvernement Anglais la supprima. Les malheurs que nous avons supportés, le souvenir des iniquités dont nous avons été victimes, ne nous ont pas rendus injustes. Nous n'avons pas perdu le souvenir des bienfaits dont nous sommes redevables à l'Angleterre et à la stabilité de son gouverne- ment, et il ne nous en coûte pas de reconnaître que l'Angleterre a rendu de grands ser- vices à cette Colonie. Mais, lorsque notre pensée se porte sur certains actes de notre Gouvernement envers nous, lorsque nous nous voyons refuser la maigre concession que nous le supplions de nous accorder, et qu'on nous parle de l'île voisine, nous ne pouvons nous empêcher de faire un parallèle entre les colonies françaises et celle-ci.

La Réunion, comme les autres colonies françaises, a toujours vécu de la même vie que la France. Si elle a subi les mêmes vicissitudes que la France, elle est aujourd'hui traitée comme un département de la mère patrie; elle a ses représentants au Sénat et à la Chambre des Députés.

Nous devons dire la vérité au Gouvernement de Sa Majesté; nous avons le devoir de la lui dire tout entière et avec sincérité.

Ceux qui lui font croire que nous sommes hostiles à la grande nation Anglaise ou à la Couronne Britannique le trompent; ceux qui lui disent que nous ne sommes pás mécontents de la manière dont nous sommes gouvernés, le trompent tout autant.

Nous sommes fortement attachés au peuple Anglais qui est l'objet de notre admira- tion et de notre affection; tout opposés sont les sentiments que nous éprouvons pour le gouvernement qui nous régit.

L'illustre chef du Cabinet actuel, l'homme qui a tant fait pour la cause de la liberté et du progrés dans son propre pays et dans le monde entier, disait tout dernièrement à la Chambre des Communes, en parlant de la politique de Lord Ripon dans l'Inde:

Jai eu pendant une longue période de ma vie à m'occuper très-activement d'une série de questions, et je ne sache pas qu'une seule des grandes réformes que nous devons au courage, à la sagesse et à la prévoyance de la Législature Britannique, par rapport à n'importe quelle partie de cet empire, je ne sache pas qu'une seule de ces réformes ait été accueillie avec faveur par les résidents Anglais. Je ne me rappelle pas que l'abolition de l'esclavage ait été soutenue par les Anglais résidant aux Antilles à l'époque, bien leur opinion eût un poids considérable en égard à leur expérience et à leur

que connaissance du sujet. Je ne me rappelle pas que l'établissement d'un gouvernement responsable au Canada et de ce nouveau système de relations entre la Couronne et les institutions coloniales qui a complétement établi l'harmonie là où il n'y avait autrefois que discorde perpétuelle-je ne me rappelle pas que l'établissement de ce système de gouvernement et l'adoption de ces réformes politiques aient été accueillis par ceux qui jusque là avaient la prétention d'être considérés comme le parti Anglais et de se repré- senter comme ayant le monopole de la loyauté, je ne me rappelle pas que ces mesures aient jamais rencontré de leur part autre chose que de l'opposition.... La même chose

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se répète sur toutes les parties du monde. Ce n'est pas à dire que ces communautés de résidents anglais soient composées d'hommes qui valent moins que nous. Que l'on ne suppose pas que je veuille porter contre elles la moindre accusation; mais elles sont dans une position moins favorable que la nôtre pour se former une opinion complète. Elles sont en quelque sorte condamnées à examiner ces questions à un point de vue étroit, tandis que nous sommes obligés de nous placer au point de vue de l'histoire et de ce qui se passe dans le monde entier. Chacune d'elles se juge en se comparant à des personnes qu'elles croient leur être inférieures sous le rapport de l'énergie et sous d'autres rapports, et il y a tendance de leur part à se laisser aller à un esprit de domi- nation qu'il est du devoir de cette Chambre et de cette Législature, ainsi que d'un Gouverneur-général patriote, de modifier et de réprimer avec sagesse et avec prudence,

mais avec décision!'

Ce

que Mr. Gladstone ne dit pas, c'est que ce parti se grossit généralement dans les Colonies des recrues que lui font l'orgueil ou l'intérêt des uns, le servilisme ou la couardise des autres, et qu'il a de nombreux et puissants affidés en Angleterre même.

Nulle part, on n'a plus souffert qu'à Maurice de la domination de ce parti; c'est encore lui que nous avons devant nous; c'est lui qui veut encore nous barrer la

route.

Dans les résolutions qui ont précédé ce même Ilbert Bill dont nous avons déjà plusieurs fois parlé, et qui ont été publiées par le Gouvernement de l'Inde, il y a, au sujet de l'établissement de Municipalités dans l'Inde, des passages qui sont gravés dans notre mémoire et que le Gouvernement de Sa Majesté nous permettra de transcrire

ici.

"Tout d'abord, dit l'une des Résolutions, le Gouverneur Général en Conseil doit expliquer qu'en demandant l'extension du self-government local et l'adoption de ce principe (le principe du self-government) pour la direction de beaucoup d'affaires locales, il ne suppose pas que ces affaires seront mieux administrées que si elles restaient aux mains des fonctionnaires du Gouvernement dans les Districts.

"Ce n'est pas avant tout pour améliorer l'administration des affaires locales que cette mesure est proposée et soutenue. Cette mesure est surtout désirable comme moyen d'éducation politique populaire. Son Excellence en Conseil ne doute pas elle-même qu'au fur et à mesure que l'administration locale pourra utiliser l'expérience et les intérêts locaux, elle n'en sera, que mieux conduite. Mais, au début, il y aura beaucoup d'insuccès, et ces insuccès ne pourront manquer de décourager les espérances exagérées, et même, dans quelques cas, de jeter un discrédit apparent sur le principe du self- government."

Plus loin, le Gouverneur Général ajoute:

"On affirme communément que les habitants de ce pays sont eux-mêmes complétement indifférents au principe du self-government; qu'ils ne s'intéressent que médiocrement aux affaires publiques et qu'ils préfèrent les voir administrer par les fonctionnaires du Gouvernement. Le Gouverneur en Conseil n'attache pas beaucoup de valeur à cette théorie. Elle représente sans doute le point de vue de beaucoup de fonctionnaires de district, actifs et animés de bonnes intentions, et il est incontestable que le peuple Indien est plein de tolérance pour tout état de choses établi. Mais avec les progrès de l'edu- cation, il se forme sur toute la surface du pays une classe intelligente d'hommes animés de l'amour du bien public qu'il serait tout aussi impolitique qu'imprévoyant de ne pas utiliser."

“Le Gouverneur Général n'hésite pas à dire qu'il est convaincu que le seul parti raisonnable que puisse prendre le Gouvernement, est d'engager les habitants eux-mêmes à entreprendre autant que possible l'administration de leurs propres affaires, et à se suffire à eux-mêmes pour la direction de toutes les affaires qu'un intérêt impérial ne commande pas de laisser aux mains des représentants du Gouvernement, et que le Gouvernement doit travailler à cela en apprenant aux habitants à avoir confiance en eux-mêmes et en développant ce sentiment."

Ces résolutions ont été approuvées par le Gouvernement de Sa Majesté; la politique de Lord Ripon a trouvé en lui un défenseur convaincu et tenace.

Toutes ces déclarations, toutes ces professions de foi retentissent sur tous les points du vaste empire Britannique; elles pénètrent profondément dans nos cœurs et font tressaillir nos âmes.

Nous nous refusons à croire qu'il n'y a là que de vaines et creuses paroles prononcées dans la seule vue de leurrer les esprits qui seraient assez crédules pour y ajouter foi; ce serait mettre en doute la loyauté des premiers hommes d'Etat de l'Angleterre, et les soupçonner d'avoir inventé un nouveau supplice de Tantale pour quelques-unes des colonies Anglaises.

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