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vos instants, nl faire un discours. Je viens seulement remer- cier cette illustre Assemblée et lui apporter l'hommage de mon gouvernement, ainsi qu'aux autres Institutions qui ont pensé à réaliser cette grande œuvre de charité et d'hu- manité.

Comme représentant de l'Orient et du monde islamique, il est de mon devoir de dire que celui-ci regarde toute cette œuvre de charité avec le plus grand intérêt et qu'il est prêt à faire tout son possible pour aider à la chrétienté et à l'hu- manité tout entière. Aucune différence n'existe entre le monde islamique et le monde catholique; tous, nous faisons partie de l'humanité et nous devons nous aider les uns les autres. D'autre part, comme représenontt de la Perse, proche voisine de la Russie, je tiens à vous communiquer les rensei- gnements que mon gouvernement a reçus. Le peuple persan est prêt à donner des quantités considérables de blé, de riz et de farine pour les pauvres affamés de Russie, qui meurent de froid dans cet immense pays. Il faut faire tout ce que nous pourrons pour les secourir. C'est notre tâche, c'est celle de toutes les sociétés de bienfaisance et spécialement de la So- ciété des Nations,

Je remercie M. le Docteur Nansen, qui s'est donné tant de peine et qui est toujours prêt à faire son possible dans ce sens. Les paroles si claires et si justes de M. Motta ont sufft pour vous mettre au courant de la situation actuelle en Russie. Les causes de cette famine, tout le monde les connaît: la sécheresse, les conséquences de la guerre, le manque de moyens de communications, etc. Ce n'est pas pour la Russie seule, mais pour le monde entier, un immense danger.

La Perse a été victime, en 1918-1919, d'une grande famine. Malheureusement, à ce moment, le monde était en guerre ct, sauf les Etats-Unis, qui nous ont un peu aidé, tes autres nations n'ont pas pu venir au secours de la Perse, car clies avaient assez à faire pour elles-mêmes. Comme je l'ai déclaré l'année dernière au sein de la première Assemblée, des cen- taines de milliers de femmes et d'entants ont succomblé aux suites de cette famine. Plus tard, ce fut la Chine qui fut victime de ce fléau, ainsi que les journaux l'ont relatè l'an- née dernière.

Je ne sais pas si la Société des Nations a fait ce qu'elle pouvait pour venir en aide à la Chine, l'année dernière. Aujourd'hui, c'est la Russie qui doit être secourue; l'année prochaine ce sera peut-être une autre nation encore.

N'oubliez pas qu'après la famine surgissent d'ordinaire des maladies contagieuses. Les constitutions affaiblies par le manque de nourriture ne résistent pas et le choléra et la peste finissent par faire plus de victimes que la famine elle-même. Ce danger est surtout grand pour les pays voisins de la Russie, pour la Perse, pour la Pologne, pour les pays baltiques et peut-être pour l'Europe entière. Nous savons que, dans notre pays, dans les provinces frontières de la Russie, au nord de la Perse, il y a déjà quelques centaines de victimes du choléra

Au nom du monde islamique, au nom de l'Orient, au nom de l'Humanité entière, je prie l'Assemblée de se rallier au rapport qui lui est présenté par la sixième Commission, Une décision sera prise à la Conférence de Bruxelles et nous espérons bien que les gouvernements des grandes Puissances, qui ont toujours travaillé pour le bien de la civilisation et de l'humanité, ne manqueront as de faire tout ce qu'ils peuvent pour secourir la Russie, L'Orient est prêt à marcher à leurs côtés dans cette tache noble et charitable. (Applaudisse-

mene i

M. ENCKELL (Finlande).--Dans l'article 5 de son rapport, la Commission mentionne les souffrances de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie et de l'Arménie comme étant dignes de l'atten- tion spéciale des organisations charitables. On sait générale- ment que les différents peuples du Caucase avaierit, aprės la révolution russe, constitué des gouvernements démo- cratiques nationaux et que le Gouvernement des Soviets avait solennellement reconnu leur indépendance, En réalité, cette indépendance n'a pas été sincèrement respectée, attendu que des troupes de l'armée rege des Soviets soutiennent actuellement dans ce pays de gouvernements communistes qui ne peuvent se maintenir au pouvoir que grâce à cet appui. La présence des troupes russes a, comme il est dit dans notre rapport, aggravé la famine.

Les habitants de la Car.

dentale (vaste tenctoire à

l'Est de la frontière finland » 1. frères de raca de leurs

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voisins de Finlande, sont dans la même situation désespérée que les populations du Caucase. Par une déclaration solen- nette, communiquée au Gouvernement de Finlande, le Gouvernement des Soviets avait promis d'accorder aux Caréliens une large autonomie et de retirer les troupes russes

de leur pays. Ces promesses n'ont pas été tenues et des vivres, exportés de Finlande, pour être distribués à la population carélienne affamée, ont, d'après les dernières nouvelles, été réservés aux troupes d'occupation.

Les Caréliens qui, par milliers, se sont réfugiés en Finlande pour échapper à la terreur rouge et à la famine, ont prié le Gouvernement finlandais de porter leur situation déses- pérée à la connaissance de la Société des Nations. J'ose donc exprimer respectueusement l'espoir que l'œuvre de secours Internationale, que nous voudrions tous voir bientôt entreprendre sous la direction de l'éminent Haut-Commis- saire de la Conférence de Genève et à laquelle les organisa- tions charitables de mon pays sont prêtes à participer, profitera aussi à la Carélie orientale. (Applaudissements.}"

IV. COMMUNICATION DE M. LE PRÉSIDENT RELATIVE A L'ORDRE DU JOUR.

M. le PRÉSIDENT. → Le président de la première Com- mission me prie de vous annoncer que la séance de cette Commission aura lieu cet après-midi à 15 heures précises, au lieu de 14 heures 30.

Je tiens également à vous faire part de mon intention, si la discussion des conclusions du rapport sur l'œuvre de secours aux populations russes n'est pas terminée ce matin, de vous proposer de tenir cet après-midi, à 17 heures 30 ou à 18 heures, une autre séance pour en finir avec cette question.

V. REPRISE DE LA DISCUSSION SUR L'OEUVRE

DE SECOURS AUX POPULATIONS RUSSES.

(Rapport de la sixième Commission)

M. PRÉSIDENT, - La parole est à M. Spalarkovitch

M. SPALAIKOVITCH (Etat serbe-croate-slovène). Messieurs, je ne voterai pas contre la résolution présentée par M. Motta, parce qu'elle ne renferme rien de nuisible et qu'elle est inoffensive. Mais je ne voterai pas non plus pour cette résolution, parce qu'elle est sans couleur et qu'elle ne contient pas ce qu'elle devrait contenir en la circonstance.

Elle ne rend pas, en effet, au peuple russe, le seul service que la Société des Nations pourrait lui rendre au milieu de l'effroyable détresse dans laquelle il se trouve; elle ne souffle pas un mot de la vraie causé de ses immenses malheurs, puis. qu'elle ne se prononce pas sur le bolchevisme. C'est là une lacune qui me semble, tant au point de vue humanitaire qu'au point de vue politique, incompatible avec le rôle et le but de la Société des Nations qui est, en réalité, une société des Etats.

On nous a dit que nous devions, lorsqu'il s'agit d'une œuvre humanitaire, éliminer tous les éléments politiques. Je ne suis pas de cet avis. Si nous étions les délégués de la Croix-Rouge, Je comprendrais que nous ne devions pas nous immiscer dans des questions politiques à propos d'œuvres humanitaires. Mais nous sommes avant tout les représentants de nos gou- vernements. C'est pourquoi, en parlant de la famine en Russie et de la résolution qui s'y rapporte, je me placerai unique ment au point de vue politique et je présenterai mes observa- tions au nom de mon gouvernement.

Comme vous tous, Messieurs, je ne puis que louer les nobles sentiments qui inspirent M. le De Narisen, mais je rezrette de lui dire que son entreprise, dans les conditions qu' nous a Indiquées, est vouée d'avance à un échec certain.

Je déclare que mon gouvernement ne donnera pas un seul centime pour l'œuvre de secours à la Russie dans les condi- tions qui nous ont été présentées par M. le Dr Nansen et après les stipulations de l'accord passé avec M. Tchitchérine, car ces conditions et ces stipulations ne nous offrent aucune garantie. En attehdent, mon gouvernement continuera à secourir les

IV. COMMUNICATION BY THE PRESIDENT CONCERNING THE AGENDA

The PRESIDENT, Interpreter:

I beg to inform the Assembly that Committee No. instead of meeting at 2.30 p.m., will meet at 3 o'clock. It the debate on the Russian Famine is not finished this morning, I will, at the end of this meeting, announce to you an hour late in the afternoon at which the Assembly will meet again.

V. CONTINUATION OF THE DISCUSSION ON RELIEF WORK IN RUSSIA.

(Report of the Sixth Committee).

Dr. SPALAIKOVITCH (Serb-Croat-Slovene State, Interpreter:

I do not propose to vote against M. Motta's Resolution. I see no harm in it, but I am not going to vote for it, because I do not consider that it contains what is needed in this par- ticular crisis. I think it is colourless. It does not give to the Russian people the only thing that will really do them any good, and the only thing that it is in our power to do. There is not a word as to the real cause of this trouble, which is Bolshevism. I feel that the League of Nations should not pass this matter without any reference to the real cause of the evil. We are told that we must say nothing about politics. If we were Delegates of the Red Cross, I could understand that, but we are not; we are Delegates of our Governments, and therefore we must look at this matter from the point of view of politics and speak in the name of our Governments. I have nothing but praise for the noble sentiments of Dr. Nansen, but I think it my duty to tell you that his work in sure to fail under present circumstances. My Government cannot give a penny to Russian relief under the terms of the agreements between Dr. Nansen and M. Tchicherin because we consider that no guarantees are given. My Government will continue to support the thousands of Russian tumilier who have taken refuge in my country and who have flown from Belshevism. We have as much sympathy as any of you We have given our last penny to save our Russian brothers from starvation. But we have no confidence In the Govern ment of Moscow.

The cause of the famine is not the dry season-it is the Bolshevist regime. It is that which has made a bell on earth of Russia, and has tried to do the same in other cou tries. Bolshevism is the negation of any stable or sensible Covern- ment. The Moscow Government have sought to make all equal, and they have made all equal in misery. When the productive power of Russia was diminished, the workers from the towns took refuge in the country, and then later, owing to their system of confiscation and Communism, the 17, -

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