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C

213

OPIUM.

CONFIDENTIAL.

[61604]

(No. 179.) Sir,

40382

RECO

REG 1 SEP 15

[May 17.]

SECTION 1.

{

No. 1.

Sir F. Bertie to Sir Edward Grey.-(Received May 17.)

Paris, May 15, 1915. I HAVE the honour to transmit to you herewith, with reference to my despatch No. 378 of the 30th July last, copy of the reply of the Minister for Foreign Affairs to the communication which I made to His Excellency's predecessor, as instructed by your despatch No. 64 of the 9th February, 1914, with a view to the restriction of the opium traffic in Kwangchauwan,

His Excellency informs me that an enquiry instituted into the matter by the Minister for the Colonies has failed to confirm the statements made in regard to the exportation and consumption of opium in that colony, and he indicates the measures taken by the local administration to restrict the numbers of smokers and to limit the amount of opium imported to the strict needs of local consumption. I have, &c.

FRANCIS BERTIE.

Enclosure in No. 1.

Note communicated to Sir F. Bertie by M. Delcussé.

L'AMBASSADE de Sa Majesté britannique avait bien voulu, le 14 février, 1914, saisir le Département des Affaires Étrangères de certaines propositions tendant à restreindre la contrebande de l'opium en Chine ainsi qu'aux Etats-Unis par une limitation des quantités d'opium introduites dans le territoire de Kouang-tchéou-ouan. M. le Ministre des Colonies vient de faire connaître que l'enquête ordonnée par lui à ce sujet n'a pas confirmé les renseignements communiqués par l'Ambassade de Sa Majesté britannique.

Étant donné qu'aucune déclaration d'exportation n'a été déposée dans des ports ni sur les frontières de terre de cette colonie et qu'aucun fait de contrebande n'a été signalé sur aucun point de son territoire, M. le Gouverneur général de l'Indo-Chine estime qu'il est impossible d'affirmer que notre concession, plûtot que tout autre pays limitrophe, sert d'entrepôt pour l'approvisionnement en opium de la Chine du Sud et des États-Unis d'Amérique.

D'ailleurs, le nombre des caisses d'opium brut indiqué dans la note précitée du 14 février, 1914, comme ayant été consommé à Kouang-tchéou-ouan ne correspond en aucune façon à l'importation normale des besoins locaux: le nombre des fumeurs est évalué par l'Administration coloniale à 20,000 personnes rien que dans la population sédentaire, sans parler de la population flottante, et la consommation d'opium du territoire serait supérieure à 500 caisses d'opium par année-chiffre qui correspond sensiblement à celui cité par l'Ambassade de Sa Majesté britannique et que supporterait, d'ailleurs, sans peine, la comparaison avec les chiffres de la consommation permise par rapport à ceux de la population, tant à Hong-Kong qu'à Macao.

En outre, l'Administration de la colonie, loin d'autoriser ou organiser, comme cela se fait ailleurs, les ventes et l'exportation, refuse tous les jours de livrer l'opium brut ou l'opium préparé pour l'extérieur. Le régime de la ferme qui fonctionnait depuis plus de dix ans à Kouang-tchéou-ouan, a été supprimait par arrêté du 27 février, 1914, et remplacé par une régie directe, dans le but de placer le commerce de l'opium sous le contrôle direct et permanent de l'Administration. Soucieuse de lutter pari passu avec tous les peuples qui ont entamé la guerre contre l'opium, la nouvelle régie a pour instruction de maintenir le prix de l'opium à un niveau très élevé, de manière à restreindre le nombre des fumeurs et de n'introduire sur le territoire que la quantité strictement nécessaire à la consommation locale.

Le Ministère des Affaires Étrangères ne peut quo prier Sir Francis Bertie de porter ces informations à la connaissance du Gouvernement de Sa Majesté britannique.

Paris, le 13 mai, 1915.

[2420 r-1]

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