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Son Exc. prononce ensuite le discours suivant:

Messieurs,

Il y a dix jours à peine j'avais l'honneur de vous souhaiter la bienvenue et d'ouvrir vos séances. Je vous disais avoir confiance en la réussite de cette conférence. Je puis constater aujourd'hui que malgré le manque d'unanimité sur quelques points, vos travaux sont loins d'être infructueux, que sans avoir atteint pour le moment un résultat pratique, chose qui du reste ne pouvait être attendue vous avez fait un grand pas en avant. Vous avez tracé la voie qui doit nous mener au but.

Votre tâche, toute simple qu'elle paraissait, n'était guère facile. Il ne s'agissait plus d'établir certains principes, d'arrêter certaines règles. Il fallait prévenir que l'oeuvre entière de la Convention de l'opium ne périclite, en se mettant d'accord sur quelques formules qui donneraient aux Puissances, décidées à agir dans un bref délai, la faculté d'y procéder et à celles qui hésitent l'occasion de suivre plus tard l'exemple donné par les premières.

Vous vous étiez réunis pour examiner la possibilité de la mise en vigueur de la Convention malgré l'abstention de quelques Puissances.

Vos délibérations vous ont amenés à émettre un avis dans l'affirmative. La majorité d'entre vous estime donc que l'entrée en vigueur n'est plus, comme il était établi d'abord, dépendante de l'adhésion de toutes les Puissances du globe. Au contraire, il y a lieu de croire que, grâce à la faculté visée par le troisième de vos avis, le voeu si ardent de la Délégation de Chine sera réalisé et qu'il se formera à partir du 31 décembre prochain un groupe de Puissances décidées à mettre en vigueur la Convention entre elles. Le groupe ira en s'élargissant. L'intérêt humanitaire aura triomphe de l'intérêt économique.

Je serai heureux de pouvoir contribuer à la réalisation de ce projet en faisant dresser au Ministère des Affaires Etrangères, comme vous me l'avez demandé, un protocole qui restera ouvert pour la signature des Puissances désireuses de former ce groupe.

La portée morale de votre décision à cet égard est plus grande qu'elle ne semble au premier abord. Je crois que l'avenir le prouvera.

C'est avec un vif plaisir aussi que je répondrai à l'appel qui faisait l'objet de votre résolution tendant à ce que j'entreprenne une démarche de persuasion auprès des Puissances signataires qui n'ont pas ratifié la Convention ni exprimé l'intention de le faire. Ce sera peut-être une tâche quelque peu ardue. Pour la mener à bien j'ose compter sur la collaboration de plusieurs d'entre vos Gouvernements.

Dans ces conditions, Messieurs, je ne puis que vous féliciter du résultat provisoirement obtenu. Il ne pourra certes être dit que cette conférence est la tombe d'un noble et généreux espoir", cette phrase si éloquente de l'avertissement que nous donnait l'autre jour M. le Ministre des Etats-Unis d'Amérique. Vous emporterez, je l'espère, un bon souvenir des séances que vous avez tenues dans la pénombre de ce vieux Palais des Comtes de Hollande.

Autorisé par M. le Président je déclare close la Troisième Conférence de l'Opium.

Le Secrétaire Général,

J. A. A. H. DE BEAUFORT.

Le Président,

J. T. CREMER.

PROTOCOLE DE CLÔTURE

de la Troisième Conférence Internationale

de l'Opium-

- 1914.

La Troisième Conférence Internationale de l'Opium, convoquée par le Gouvernement des Pays-Bas en vertu du voeu n°. III émis par la Deuxième Conférence, s'est réunie à La Haye, dans le Palais des Comtes, le 15 juin 1914.

Les Gouvernements, dont l'énumération suit, ont pris part à la Con- férence, pour laquelle ils avaient désigné les Délégués nommés ci-après:

L'ALLEMAGNE :

Son Exc. M. FÉLIX DE MÜLLER, Conseiller intime actuel, Envoyé Extraor- dinaire et Ministre Plénipotentiaire à La Haye, Délégué.

LES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE:

Son Exc. M. HENRY VAN DYKE, Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire à La Haye, Délégué;

M. CHARLES DENBY, Consul-Général à Vienne, Délégué.

LA RÉPUBLIQUE ARGENTINE:

M. le Docteur FRANÇOIS DE VEYGA, Professeur honoraire à la Faculté de Médecine de Buenos-Ayres, Inspecteur Général du Service de Santé de l'armée argentine (S.R.), Délégué.

LA BELGIQUE:

Son Exc. M. le Baron ALBÉRIC FALLON, Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire à La Haye, Délégué.

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