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une alliance universelle pour la protection, non seulement de leurs propres citoyens, mais de l'humanité entière, contre le fléau de l'opium. (Applaudissements).
Mirza Mahmoud Khan, Délégué de Perse:
Monsieur le Président,
Permettez-moi de vous dire que notre Délégation a le plaisir de déclarer à la conférence que son Gouvernement vient de lui témoigner toute sa satisfaction pour le résultat des travaux de cette conférence et a approuvé la base sur laquelle sa Délégation avait appuyé sa conduite.
Pour bien m'exprimer sur cette satisfaction je demande l'amabilité et la courtoisie des autres Délégations de bien retenir les éclaircissements que je vais leur donner à ce sujet.
La Perse, pays cultivateur et exportateur d'opium, ayant été invité à prendre part à une conférence qui avait pour tâche de restreindre le commerce de l'opium a bien compris qu'au point de vue économique il ne serait pas à son avantage de participer à une telle réunion.
Pourquoi alors, disait-on, la Perse se fait elle néanmoins représenter à la conférence? Pour la réponse je n'aurai qu'à vous citer la formule des instructions données à la Délégation de Perse: "Basez votre attitude sur la cause humanitaire de cette conférence et renoncez dans cette grande tâche si nécessaire, aux intérêts économiques."
Notre Gouvernement répond à une invitation qui vient des Pays-Bas, mais en vérité il répond à un appel qui lui vient des régions les plus hautes, c'est à dire du royaume de l'humanité. Tels étaient, Messieurs, les instructions que j'avais reçu de mon Gouvernement.
D'ailleurs, nous étions aussi bien surs que l'idée de la convocation d'une conférence internationale contre l'abus de l'opium était inspirée, rien que par un sentiment humanitaire et que tous les Etats participants étaient plus ou moins préparés à faire prévaloir la cause humanitaire de la conférence sur les intérêts économiques, surtout de la part des pays qui ont de vrais intérêts économiques dans cette question.
Nous avons confiance que la portée humanitaire de notre conférence portera aussi une victoire sur les refus de quelques uns des pays qui sont resté en dehors de la conférence et qu'ils répondront prochainement à notre appel quand il verront qu'un pays comme In Perse est prêt à faire de véritables sacrifices se charger de difficultés énormes, et même renonçant à une grande partie de ses revenues pour le bien etre du genre humain. Enfin pour couronner la digne attitude qu'elle avait assumée dans la 1ère conférence et dans celle-ci le Gouver nement Impérial de Perse a chargé sa Délégation de déclarer ici qu'il approuve la Convention de 1912 et qu'après quelques formalités d'ordre constitutionnel la dite Convention sera ratifiée et mise en vigueur.
Le Président prononce le discours suivant:
Je tiens, Messieurs, à vous remercier de la manière dont vous avez souligné les paroles flatteuses prononcées à mon égard par Son Exc. le Délégué de Suisse. Le travail de la Troisième Conférence Internationale de l'Opium touche à sa fin. Il y a eu des moments, où il semblait que ce travail fût peu fructueux. I en était comme avec le temps de ces jours-ci, un jour le laboureur pense que les averses détruiront sa récolte, le lendemain le soleil perce les nuages, l'espoir renaît et, à la fin, il peut constater que l'arbre, tourmenté par les éléments, a plus de force et de résistance que celui qui n'a connu que du beau temps.
Quoique notre arbre, notre travail, ne porte pas encore de fruits, si je ne me trompe pas, la floraison est forte; entourons la de nos soins.
Oui, Messieurs, quoique les voeux émis par la conférence n'équivalent pas à une ratification universelle, ni à une mise en vigueur de la Convention de 1912, nous avons marqué un pas de plus en avant vers ce but, et nous avons ouvert
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la possibilité aux Puissances désireuses de voir se réaliser enfin le but du travail assidu et difficile des dernières années, de l'atteindre dans une période qui est maintenant indiquée.
encore
Espérons, Messieurs, que bientot toutes les Puissances seront prêtes à se joindre à cette avant-garde dans le combat contre les drogues pernicieuses et, en attendant veillons. Travaillons pour rédiger les lois, règlements et autres mesures requises par notre Convention; travaillons chacun pour soi pour la légis- lation requise à combattre le mal dans son propre pays. Nous avons appris tout récemment que certains Gouvernements ont déjà une législation plus ou moins complète à cet égard. Veillons, comme les vierges sages de la Parabole bien connue, pour que nous soyons éveillés, ayant nos lumières prêtes au moment où on nous appellera pour l'action définitive internationale, car c'est cette action, la mise en vigueur de notre Convention, qui est le ciment indispensable pour affermir toutes nos structures nationales. Les efforts individuels de chaque Etat pour délivrer leurs sujets des drogues stupéfiantes ne pourront être efficaces sans que la production et le commerce en soient réglés, le trafic de contrebande n'étant que trop facile. Travaillons dans la ferme conviction qu'aucune Puissance civilisée ne permettra à la longue que ses produits empoisonnent d'autres nations.
Leur abstention provisoire ne doit donc pas nous faire hésiter à entamer la lutte internationale dont notre Convention a tracé les lignes d'action.
Maintenant, Messieurs, permettez-moi de donner suite à la proposition de Son Exc. le Délégué de Suisse d'exprimer à Sa Majesté la Reine l'hommage de notre gratitude pour l'hospitalité qui nous a été accordée en cette ville, par la dépêche suivante:
"A l'issue de leur travail les Délégués des Puissances réunis pour la Troisième Conférence Internationale de l'Opium se permettent d'exprimer à Votre Majesté leur appréciation de la gracieuse hospitalité qui leur a été accordée par le Gouvernement de Votre Majesté. Ils prient Votre Majesté de bien vouloir agréer leurs respectueux hommages et les voeux sincères qu'ils forment pour la prospérité de Son Règne."
(Applaudissements).
Ensuite, je suis sûr de satisfaire à votre désir en offrant l'expression de notre profonde reconnaissance à notre distingué Président honoraire Son Excellence le Ministre des Affaires Etrangères M. le Jonkheer LouDON, pour sa coopération assidue et de haute valeur à notre travail.
(Applaudissements).
Je vous prie aussi, Messieurs, de vous joindre à moi pour adresser des remerciements au Secrétariat: l'activité de ses membres, secondée par celle des fonctionnaires de l'Imprimerie Nationale, est cause que les documents, qui nous ont été nécessaires pour nos travaux, ont été prêts et mis à notre disposition, en temps voulu.
(Applaudissements).
Et maintenant, Messieurs les Délégués, permettez à Votre Président avant de céder sa place à Votre Président d'honneur, de vous remercier de votre coopération; grâce à elle et "last not least" à celle du Comité de Rédaction et de ses collaborateurs; grâce à votre bienveillance à mon égard et à votre dévouement à la cause qui nous unit, notre travail pourra bientôt porter des fruits. Je vous souhaite que votre récompense soit, un jour, la gratitude de l'humanité.
(Assentiment général).
Son Exc. M. le Ministre des Affaires Etrangères, le Jonkheer Loudon dit qu'il vient de recevoir un télégramme du Représentant de S. M. la Reine à Athènes, dont il se réjouit vivement de donner communication à la conférence et qui porte que le Gouvernement hellénique a décidé de signer la Convention de l'Opium sans aucune réserve, aussi pour les territoires nouvellement acquis.
(Applaudissements).
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