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malédiction pour les autres nations. Il affecte la Grande-Bretagne, la France, la Russie, l'Allemagne, les Pays-Bas et les Etats-Unis. Il signifie une malédiction et une menace pour nous tous. Et il faut nous réunir pour nous battre ensemble pour l'éloigner, pour le chasser, non seulement pour le bien-être de la Chine, mais pour le notre. La Turquie n'a pas d'intérêts réels, d'intérêts vitaux dans cette cause à comparer un seul instant avec les nôtres representés à cette conférence internationale.

Messieurs, j'ai essayé de vous exposer les sentiments et les vues qui ont animé mon Gouvernement en prenant part avec vous à cette campagne contre le commerce de l'opium, non pas contre son emploi légal médicinal mais bien contre le trafic infernal de l'opium lorsqu'il devient un poison toxique. Nous voulons marcher en avant avec vous. Nous voulons que la Convention soit ratifiée et mise en vigueur aussitôt que possible, avec autant de Puissances signataires ou adhérentes que faire se pourra mais en tout cas nous la voulons mise en vigueur quelque puisse être le nombre d'Etats qui voudront s'unir à notre entreprise qu'ils soient d'Amérique, d'Asie ou d'Europe.

Nous sommes arrivés à un carrefour.

Deux voix: la Turquie et la Serbie murmurent "Retournons"! Quarante voix crient Avançons!''

Que cette troisième conférence de l'Opium ne devienne pas la tombe d'un noble et généreux espoir, qu'elle devienne un point de départ marqué par une pierre d'or sur le chemin du progrès humain.

M. van Deventer, Délégué des Pays-Bas: M. le Président, conformément à votre invitation je veux motiver brièvement l'appui de la Délégation neerlandaise à la proposition des Etats-Unis d'Amérique.

En considérant le résultat de nos deux conférences précédentes, nous sommes d'opinion que notre travail a obtenu un succès incontestable.

Des 34 Puissances, énumérées à l'article 22 de la Convention du 28 janvier 1912 comme non-signataires à cette date, 32 ont cédé aux arguments des 12 Puissances qui s'étaient réunies pour la première fois à La Haye.

Ils ne restent que deux, la Turquie et la Serbie, qui malgré tous nos efforts, persistent à refuser de se joindre à nous autres.

La Délégation néerlandaise est d'avis qu'il serait très regrettable qu' un tel résultat dût rester entièrement inutile.

Pourquoi au cas où les deux Puissances nommées persistent dans leur refus, pourquoi toutes les Puissances du monde, sauf deux, ne se réuniraient- elles pas pour effectuer entre elles les principes et les règles adoptés par la Convention de 19127

Il est vrai que la Turquie et la Serbie seraient libres alors de cultiver le pavot, de fabriquer l'opium, la morphine et la cocaine et de vendre ces produits à leur gré, mais seulement sur les territoires de ces états. Autrepart, dans tout le monde, les lois régleraient et l'importation et la vente.

Pense-t-on vraiment que sous de telles circonstances, la liberté de ces deux états offrirait beaucoup d'attraits? Quant à nous, nous croyons que bientôt ils comprendraient qu'il serait de beaucoup préférable de se soumettre aux règles générales et d'épargner aux autres états la peine de prendre des mesures prohibi- tives contre leurs produits. Et s'ils ne le comprennent pas, eh bien, qu'ils restent seuls avec.... leur liberté. Les autres états seront et les plus forts et les plus honorables.

C'est pourquoi j'ose appuyer fortement et d'une conviction ferme, au nom de la Délégation néerlandaise la proposition de la Délégation des Etats-Unis d'Amérique.

Heureusement le Gouvernement des Pays-Bas nous a donné plein pouvoir d'agir dans ce sens. Notre Délégation a été autorisée à déclarer à la conférence que le Gouvernement de la Reine est disposé à ratifier la Convention de l'opium

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aussitôt que le projet de loi d'approbation, déjà examiné par la Seconde Chambre et que cette Chambre vient d'approuver, sera accepté aussi par la Première Chambre des Etats-Généraux. Elle a été chargée de déclarer à la conférence que le Gouvernement de la Reine est d'avis que la Convention pourra être mise en vigueur, même si la signature de quelques Puissances fait défaut et de préter autant que possible son concours afin que la conférence décide dans le sens susindiqué.

Nous voterons donc pour la résolution de la Délégation des Etats-Unis d'Amérique et nous espérons que cette résolution sera acceptée d'un commun accord.

(Applaudissements).

Son Exc. M. Swétchine, Délégue de Russie: La Russie étant l'un des douze Etats qui ont signé les premiers la Convention de l'opium et restant disposée à la ratifier et à la mettre en vigueur aussitôt que son application pourra être assez générale pour etre effective, le Délégué russe partagerait l'avis émis par le Délégué des Pays- Bas qu'il y aurait lieu de rechercher les moyens d'assurer l'application de la dite Convention par l'unanime accord de ses signataires, nonobstant le refus de deux Puissances d'y accéder, si, effectivement, les deux Puissances qui ont refusé leurs signatures, nommément la Turquie et la Serbie, étaient les seules qui ne se prêtassent pas à sa mise en vigueur sans délai. Mais pratiquement les choses se présentent d'une autre manière. Nous venons d'entendre que, pour des raisons et avec des nuances différentes, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et la Suisse ne sont pas disposées ou ne se trouvent pas en mesure d'appliquer la Convention de l'opium pendant un laps de temps qui peut être plus ou moins prolongé et qui en tout cas ne se laisse pas déterminer. C'est donc toute l'Europe centrale restant de fait en dehors de son application. Cela change considérablement l'aspect des choses, et dans ces conditions, le Délégué de Russie désirerait savoir si le Délégué des Pays-Bas a envisagé les moyens pratiques de réaliser l'accord unanime des signataires, dont il vient de parler, pour la mise en vigueur sans délai de la Convention et quels pourraient être, d'après lui, ces moyens?

M. van Deventer, Délégué des Pays-Bas, répond qu'il a seulement voulu démontrer que si toutes les Puissances qui ont déjà signé la Convention se réunissent, on aura une situation très forte contre les deux pays qui s'abstiennent. Dans ce cas on pourra obtenir une mise en vigueur réellement effective. L'orateur comprend que si les Puissances signataires qui ont soulevé des réserves ou qui formulent des objections pour ratifier ou pour mettre en vigueur la Convention persistent dans leurs objections, une réalisation de la Convention pourrait être difficile, mais en raison du succès qui a déjà été obtenu il croit possible d'obtenir un commun accord.

M. de Jongh, Délégué des Pays-Bas :

Monsieur le Président,

Qu'il me soit permis d'amplifier, surtout sous un point de vue d'expé- rience, les communications faites tout à l'heure par mon Collègue, M. le Dr. VAN DEVENTER.

A l'heure qu'il est, nous avons à envisager qu'il y a une ou deux Puissances, dont l'une est grande cultivatrice du pavot et productrice d'opium, qui refusent leur collaboration au grand oeuvre humanitaire sur lequel le reste du monde est d'accord.

La question se pose alors: quels sont les dangers à craindre de la position exceptionnelle dans laquelle la Turquie et éventuellement la Serbie vont se placer?

D'abord la Turquie revendique le monopole de la fabrication et de l'expor tation illimitées et non controlées de l'opium brut, de l'opium préparé, de morphine, de cocaine, d'heroïne et de leurs sels respectifs vers les autres pays du monde.

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