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"Gabon, Moyen-Congo, Oubanghi, Chari-Tchad;
"Madagascar, Réunion, Côte des Somalis, Martinique, Guadeloupe, Guyane, "Saint Pierre et Miquelon."
C'est donc l'ensemble du domaine colonial français qui s'associe à la lutte contre l'usage de l'opium et des stupéfiants en général. Seules nos possessions de l'Indo-Chine et de l'Inde ne peuvent, dès à présent, s'engager d'une façon ferme, par suite de leur situation géographique qui en fait les voisines de deux grands pays producteurs d'opium, la Chine et l'Inde anglaise. Elles ne sont protégées par aucune barrière douanière efficace contre une contrebande très active; mais leur abstention ne les empêchera pas de prêter leur concours à la lutte entreprise contre l'usage de l'opium.
Le Gouvernement des établissements français de l'Océanie n'a pas encore fait connaître sa décision, mais mon Gouvernement compte en être avisé très prochainement.
Son Exc. M. van Dyke, Délégué des Etats-Unis d'Amérique: Mon Gouver nement m'a chargé d'exprimer sa bonne volonté et son désir de mettre en vigueur la Convention internationale de l'Opium sans aucune réserve en ce qui concerne le Gouvernement des Etats-Unis.
(Applaudissements.)
J'ai l'honneur de proposer d'adopter la résolution que j'ai presentée dans la séance d'hier. En la proposant, je tiens à dire que la date qui s'y trouve mentionnée, n'a pas grande importance; elle s'y trouve seulement en vue d'indiquer une date quelconque, mais je ne m'oppose nullement à modifier cette partie de la résolution. Je suis sûr que mon Gouvernement n'hésiterait pas à donner toutes les facilités et à faire toutes les modifications nécessaires pour les cas mentionnés par l'honorable Délégué de Suisse et par le représentant du Gouvernement de Ï'Equateur ou d'un autre Gouvernement quelconque qui peut se trouver devant des difficultés d'ordre constitutionnel ou législatif.
La question qui devra être examinée par cette conférence est très simple: Les quaranto-trois nations civilisées qui se sont réunies pour combattre l'opiomanie peuvent-elles mettre en vigueur l'arrangement commun, malgré l'abstention de deux nations? Pourquoi pas?
I. Cette campagne contre l'opiomanie n'est pas seulement un mouvement humanitaire mais aussi un mouvement commercial et social. Elle est dans l'intérêt réel de chaque pays qui y prend part. L'opium en tant que médicament contrôlé, a de grands avantages et nous ne nous proposons pas de nous mêler de cette vente si ce n'est pour la règlementer en augmentant ainsi l'efficacité du médi- cament en garantissant sa pureté plus grande et une plus grande prudence dans son emploi. L'emploi de l'opium comme narcotique toxique est un mal infernal qui tue l'ame bien vite, le corps au contraire lentement; il dégrade et abaisse ceux qui en abusent et ceux qui en font le commerce.
C'est un double poison qui abaisse d'abord et détruit ensuite. Le trafic de l'opium en dehors des limites restreintes à l'usage médical peut, en effet, conduire à un certain gain d'argent, mais il comporte une perte plus grande pour l'humanité. A la fin il affaiblit, dégrade et appauvrit la nation qui l'encourage. En con- séquence nous, les nations civilisées, avons le droit de dire que nous ferons dans notre propre intérêt tout ce que nous pouvons ensemble et chacun pour soi afin de réduire, de supprimer et finalement d'abolir l'opiomanie et le trafic qui en existe. II. Ce mouvement est international dans le bon sens du mot. Il n'appartient pas à ce faux internationalisme qui cherche à ignorer ou à détruire les droits des nations 'contrenationalisme" pourrais je dire. Non, cette campagne contre l'opiomanie admet des bornes matérielles, des lois, des règles et cherche à les rendre plus effectives. Elle considère les nations comme de bons voisins capables d'agir ensemble en vue d'obtenir un bien commun. C'est une action internationale
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de la bonne espèce. Nous faisons exactement la même chose déjà dans plusieurs directions.
Nous collaborons afin d'enrayer et de prévenir une maladie endémique. Si un rat infecté de peste est découvert à Portland, à Oregon, à Java, ou en Norvège, la nouvelle en est rapidement transmise de nation en nation et nous prenons des mesures communes pour prévenir l'expansion de la maladie.
Nous collaborons afin de prohiber l'usage de poisons dans la guerre. L'emploi d'une bombe remplie de gaz délétère, d'une balle explosive chargée d'ingrédients empoisonnés est défendu aux nations civilisées. Nous n'avons pas attendu que les tribus sauvages abandonnent leurs flèches empoisonnées, pour conclure notre arrangement.
Pourquoi est-ce-que nous ne défendrions pas par ce consentement international l'emploi dans le commerce de poisons, préparés dans la seule intention d'empoisonner? Pourquoi est-ce-que nous attendrions de faire ce pas en avant, parce qu'une tribu ou peut-être deux tribus restent en arrière ?
III. Mais on a dit que si nous faisons ce pas en avant, les deux ou trois, ou quatre tribus qui restent en arrière, profiteront d'un point de vue commercial à nos dépends en continuant le trafic de l'opium lorsque nous aurons abandonné le commerce de poison. Je ne le crois pas. Si trente, ou vingt, ou dix, ou même six nations civilisées déclarent dans leurs lois douaniéres qu'un article est de la contrebande, aucune autre nation ne prospérera en trafiquant illégitimement de cet article.
Les individus peuvent s'enrichir, mais le pays n'en profitera pas. Jamais la prospérité d'une nation n'a eu pour base la contrebande. D'ailleurs, les pays qui abandonneront le trafic de l'opium gagneront en force et en autorité morale plus qu'ils ne pourront perdre éventuellement dans le commerce.
Lorsqu'il aura été rendu improfitable par des embargos sévères et des lois d'exclusion, le commerce de poisons deviendra de plus en plus odieux aux yeux du monde et de moins en moins désirable pour ceux qui y tiennent. Et les tribus arriérées et deshonorées par l'exemple des autres, abandonneront elles mêmes ensuite de l'expérience le trafic du poison comme un jeu qui ne vaut pas la chandelle.
Le succès des Etats-Unis aux Philippines démontre que le trafic de l'opium peut être arrêté, amoindri et réellement brisé par des lois de non-importation. Si une nation peut faire ceci à elle seule, combien plus dix ou vingt pourront le faire ensemble! C'est là la manière la plus expéditive, je suis même porté à croire que c'est la seule manière de convaincre les tribus qui se tiennent à l'écart que cette façon d'agir ne leur profitera pas.
Le temps est venu de cueillir la récolte des efforts faits pour unir les nations contre le danger de l'opium. Voyez le progrès déjà effectué. Douze nations étaient représentées à la conférence de 1911-12. Vingt quatre se trouvaient à la conférence de 1913. En 1912 le nombre des Etats non-signataires, pas sympathiques à la Convention ou douteux, était de douze. Aujourd'hui il n'y en a que deux qui s'abstiennent, la Serbie et la Turquie. Ne ferait on pas sagement de laisser ces deux pays commercer jusqu'à ce qu'ils soient prêts à venir se joindre aux 43?
D'ailleurs, la situation remarquable dans laquelle se trouvent les affaires en Chine, le pays qui a évidemment souffert le plus de l'opium, donne des raisons très fortes pour une action prompte. Un désir bien sincère et bien fort se fait sentir en Chine afin de se délivrer de ce vice national. Les Chinois l'ont prouvé par un noble effort. Nous faut-il laisser se refroidir peut-être mourir l'enthousiasme de la Chine? Ou bien nous faut-il saisir l'occasion pour eux et pour nous, et créer une coïncidence entre la campagne mondiale contre l'opium et le commencement d'une vie nouvelle et plus élevée pour la Chine.
Croiriez-vous que la question est d'ordre purement académique, éthique ou sentimental? Je vous dis que non. Le fléau de l'opium en Chine signifie une
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