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Ils ont construit des docks de réparation protégés par une batterie, dont une carte de la dernière partie du dix-septième siècle montre l'existence.

D'ailleurs, cette ile, alors de la première occupation, repaire eventuel de pirates, )) sans aucun indice d'avoir été occupée antérieurement, tout à fait déserte comme un res nullius, n'était que l'habitat de bêtes féroces, que les résidents Portugais y étaient encore en 1687, époque à laquelle le Portugal y dominait déjà en complète absence d'autorité chinoise.

Ce n'est que depuis lors, sous l'influence des autorités de Macau et de leur incessante protection que des villages chinois s'y sont fondés en vertu de la sûreté garantie par l'administration de la ville en face.

Bien qu'on n'y ait pas posté des forces permanentes, la souveraineté portugaise s'y affirmait continuellement par des actes suivis de vraie domination.

Il est certain en droit des gens comme en droit privé qu'une détention corporelle n'est pas nécessaire pour que la possession soit maintenue. Il suffit que "des actes de disposition ou de domination puissent être reproduits à volonté par l'État souverain territorial." (Rivier, p. 219.)

La police de Macau descendait à Lapa toutes les fois qu'il fallait y faire de perquisitions, arrêter des malfaiteurs, ou pour toute autre raison d'ordre public, et les tribunaux de Macau jugeaient des crimes que l'on y commettait; encore en 1874 et 1875 on y envoya deux expéditions militaires importantes: autant d'actes de domination pour que la possession en fût maintenue.

Au cours du siècle dernier les gouverneurs de Macau, affirmant toujours la souveraineté de Portugal à Lapa, y ont consenti des servitudes en faveur de l'administration chinois, sous réserve que la souveraineté de Portugal n'en subirait aucune dérogation.

Mais aussi on a fait abolir une servitude fiscale à Ribeira Grande, les autorités chinoises s'y conformant.

Cette île, donc, d'après les publicistes, comme il a été constaté, aussi bien que par les déclarations, réserves, affirmations, et prohibitions des autorités portugaises, faites à plusieurs reprises, avant et après le traité de 1887, doit être considérée comme portugaise de droit, comme elle l'est de fait, par l'usage permanent de ses rives et des eaux de ses sources, et par des actes répétés de domination, qu'on y a exercés administrativement, judiciellement, et militairement.

Il est vrai que, un peu avant et après la conclusion du traité de 1887, les autorités de Canton ont empiété sur le domaine que les Portugais avaient initié et maintenu à Lapa. Mais de tels empiétements, qui ne sont que des violations du statu quo créé par le traité contre lesquels on a protesté, ne sauraient s'ériger en droits pour la Chine, ni anéantir ceux que le Portugal avait acquis dans le cours des siècles.

Ile Verte.

Cette fles, très petite, habitée depuis les temps reculés de l'occupation portugaise par les prêtres du Séminaire de Saint-Joseph, où l'on exploitait les carrières de granit et où, avant la signature du traité de 1887, le Gouvernement de Macau a fait une concession pour l'industrie de ciment, est depuis longtemps sous la souveraineté portugaise, et jamais il n'y a eu d'occupation chinoise.

Par accession d'alluvions utilisées par des travaux d'art, elle se trouve depuis plusieurs années reliée à la Péninsule de Macau par une digue, sur laquelle on a bâti

une route.

Il y a eu un petit dock pour abriter la batellerie du trafic du port intérieur, et dans ses rives on exploite des parcs d'huîtres, qui payent l'impôt réglementaire au Gouvernement portugais.

Pour ces faits positifs de domination, et parce qu'elle est située dans les eaux du port intérieur, elle fait partie de la colonie.

Elle est donc comprise dans le territoire portugais.

Ile de Taipa.

On doit considérer l'Ile Taipa comme effectivement occupée par les Portugais dès leur établissement à Macau, parce que c'était par sa barre qu'entraient et à son port que mouillaient les navires du plus grand tonnage.

Avec son port, sa forteresse, ses nombreux habitants, ses édifices publiques et privés, elle constitue le plus important des établissements portugais dans cette région, après celui de la péninsule.

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Vers le milieu du siècle, la population de l'île ayant augmenté considérablement, le Gouvernement de Macau, comme mesure défensive et de protection, y a fait ((construire la forteresse "da Taipa "; plus tard, en 1851, il a constitué dans l'île une autorité administrative de catégorie relativement élevée, y a placé des forces militaires, et successivement, jusqu'à 1876, il y a fait construire une église et des édifices publics divers.

Tout le territoire de cette ile est administré par une municipalité, qui a à sa charge la voirie, les marchés, les cimetières, et tous les autres services municipaux.

Le président de cette municipalité est la principale autorité administrative de l'île, d'ordinaire un officier de l'armée nommé par le gouverneur de Macau.

Les habitants de l'ile payent au Gouvernement les impôts avec toute la régu- larité.

Les autorités chinoises ont eu l'occasion de reconnaître bien de fois l'utilité de cette administration, comme le prouvent les fréquentes demandes qu'elles font au Gouvernement de Macau pour la capture et l'extradition de criminels réfugiés dans l'île.

L'ile de la Taipa constitue un cas très caractéristique pour montrer comment la souveraineté du Portugal s'exerce aussi sur les autres les voisines de la Péninsule de Macau, bien qu'elles n'aient pas encore atteint le même degré de développement.

Elle a évidemment été une île déserte après l'expulsion des pirates; peu à peu des pauvres pêcheurs l'ont visitée, se servant presque exclusivement de son port. Avec les conditions de sûreté chaque jour plus efficaces, grâce à la présence des Portugais, ils s'y sont fixés, et ont formé des centres importants de population.

Dans ces différentes phases de développement l'action administrative du Gouverne- ment de Macau a augmenté graduellement, en proportion du progrès de la colonisation de l'île, laquelle a toujours été une dépendance de Macau.

Ile de Colovane.

L'établissement de Colovane n'est pas si important que celui de la Taipa; le Gouvernement de Macau y a cependant exercé toujours une complète juridiction, soit directement, soit par son délégué administratif de la Taipa.

L'agrandissement de la population et les exigences de sa protection contre les pirates ont créé à ce gouvernement la nécessité de poster des forces militaires dans Ï'île et il les y a conservées, sans interruption, depuis 1864.

Successivement on y a construit une caserne, un fort, et divers édifices destinés au service publique.

À l'extrémité orientale de l'île on a fondé la léproserie de Ko-ho, à laquelle on a transféré les femmes atteintes de lèpre, hospitalisées jusqu'alors dans la léproserie de Pac-sa-lan dans l'Ile de Dom João, et qu'on a trouvé convenable de séparer les lépreux de l'autre sexe.

Les habitants de Colorane payent tous les impôts de l'État et aussi les taxes pour l'exploitation des parcs d'huîtres, des carrières, et des fontaines.

Dans le village de Ko-lo, près de la léproserie, les fonctions administratives sont exercées par un délégué de l'autorité portugaise.

Presque dans tous les "Bulletins officiels" de la colonie on trouve des documents

de la juridiction portugaise dans l'Ile de Colovane.

Cette juridiction a été reconnue par les autorités chinoises, voire même

par les Vice-rois de Canton, qui, affirmant dans leurs lettres expressément le domaine de Portugal sur cette ile, ont maintes fois demandé au Gouvernement de Macau la capture et l'extradition de criminels y réfugiés.

Ile de Dom João.

Cette île, il y a une cinquantaine d'années, était comme à son état primitif, à peu pres déserte.

Mais, avec la présence d'autorité constituée à Taipa, petit à petit, quelques pêcheurs et des tailleurs de pierres y ont fondé des hameaux, demandant la protection des autorités portugaises, en versant les impôts municipaux à Taipa et payant au gouvernement de la colonie des taxes industrielles pour l'exploitation de carrières, fontaines, et huîtrières, aussi bien que l'impôt foncier.

Ces hameaux s'étant un peu développés, il a fallu les doter d'une organisation administrative, en sorte que chacun a un chef délégué de l'autorité siégeant à Taipa, dont l'arrondissement l'Ile de Dom João fait partie.

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