In this letter M. Félix Faure states objections to the introduction of the Tariff of the mother country into Tonquin and Annam, and gives the preference to a special Tariff prepared for those countries by the Superior Colonial Council at Paris,

He says that this latter Tariff was drawn up on the basis of low duties, or even in some cases of exemption from all duty, for French products; and that it is preferable to the Metropolitan Tariff, because the wants and habits of Chinese consumers have been considered in it; because it is much more simple, and because it gives greater privileges to French products.

He argues that the commercial organization of the markets of Hong Kong and Singapore, the greatness of the British merchant navy, the enterprising spirit of the rivals of France, make it necessary, in order to direct a current of French trade to Indo-China, that very important privileges should be given to French ship-owners, French merchants, and French manufacturers.

I have, &c. (Signed) LYONS.

Inclosure in No. 6.

Extract from the "Journal des Débats" of February 12, 1886.

M. FÉLIX FAURE a adressé la lettre suivante à M. Lourdelet, Président de la Chambre Syndicale des Négociants Commissionnaires :-

"Mon cher Président,

* Paris, le 10 Février, 1886.

"Il est exact, en effet, que le Président du Conseil, recevant hier les membres du groupe industriel et commercial présidé par M. Dautresme, leur a suggéré l'idée de promulguer en Annam et au Tonkin le Tarif Douanier de la métropole, et que la majorité des Députés présents a paru accepter cette proposition. Mais je n'ai pas besoin de vous dire que je ne suis pas de cet avis. Je persiste à penser que le Tarif Douanier élaboré par la section économique du Conseil Supérieur des Colonies, sur la base de la détaxe en faveur des produits Français—détaxe pouvant à la rigueur aller jusqu'à la totalité du droit—est bien préférable au Tarif Métropolitain et ce, pour les raisons suivantes :

"1. Parce qu'il a été étudié en tenant compte des besoins et des habitudes de la consommation Indo-Chinoise;

"2. Parce qu'il est d'une application beaucoup plus simple;

"3. Parce qu'il est beaucoup plus avantageux pour les produits Français.

"Si nos industriels, protégés par le Tarif Métropolitain, luttent avec peine à la porte même de leurs usines contre leurs concurrents étrangers, il est facile de démontrer que cette même protection serait notoirement insuffisante lorsqu'il s'agira de lutter en Extrême-Orient.

"La puissante organisation commerciale des places de Hong-Kong et de Singapour, l'importance de la flotte marchande Britannique, le caractère entreprenant de nos rivaux, nous obligent, si nous voulons créer un mouvement de la France vers le marché Indo-Chinois, à donner à nos armateurs, à nos commerçants, à nos industriels, des avantages très sérieux.

"C'est dans cet esprit que le Tarif Douanier a été préparé par la section du Conseil Supérieur des Colonies.

"Les représailles des Puissances étrangères ne sont pas à redouter. En effet, qui pourrait s'élever contre cette doctrine que les dépenses et les risques du Protectorat constituent pour le protecteur le droit absolu de recevoir par voie de détaxe Douanière une juste compensation de ses sacrifices et de ses charges ?

"L'application du Tarif Métropolitain dans les Colonies et dans les pays protégés, sans tenir compte de la diversité des conditions géographiques, climatériques, ethnographiques, économiques, constituerait certainement une innovation curieuse et tout au moins extraordinaire dans l'administration coloniale.

"Bien amicalement à vous,

(Signé)

"FÉLIX FAURE."

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