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l'honneur et les intérêts de la République exigeaient des ga- ranties nouvelles, et il ne dissimula pas au roi qu'il devait choisir entre l'abdication et la signature du nouveau traité.

M. Thomson avait des raisons sérieuses et positives d'es- timer que, le cas échéant, l'abdication ou la déchéance de Norodom serait accueillie sans défaveur par la grande majo rité de la famille royale, des principaux mandarins et du peuple cambodgien.

Le roi avait spéculé sur notre faiblesse, sur nos habitudes d'inépuisable condescendance à son égard. Il comprit au lan- gage froidement résolu de notre représentant qu'il avait atteint cette fois la limite extrême de notre débonnaireté, et il signa.

Quand M. Thomson se retira, il fut salué à son passage par tous les princes de la famille royale, et il reçut les com- pliments du Second Roi.

L'ordre le plus parfait n'avait cessé de régner à Phnom- Penh. La population avait manifesté plus de curiosité que d'émotion. Un sentiment de satisfaction générale se mani- festa quand on connut les termes de la convention.

A l'exception, en cffet, des quelques individus de natio- nalités diverses qui profitaient des abus du gouvernement despotique de Norodom, tous les Cambodgiens avaient lieu de se féliciter d'un acte qui assurait, sous la garantie de la France, l'accomplissement des réformes fallacieusement promises dans les ordonnances royales de 1877.

Le nouveau traité stipulait l'abolition de l'esclavage et la constitution de la propriété individuelle au Cambodge; il plaçait de plus sous le contrôle immédiat des représentants du protectorat français l'administration, la justice et la per- ception des impôts dans le royaume. Les deux premières clauses, sans parler de leur haute portée morale, assuraient l'accomplissement d'une grande et salutaire évolution sociale dans le régime économique du pays. Pour la première fois, nous remplissions notre vrai rôle de protecteur en faisant œuvre civilisatrice au Cambodge.

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No 3482

Les documents communiqués par le Gouvernement à votre Commission, rapports de M. le gouverneur de la Co- chinchine et projets de décrets organiques en exécution de divers articles de la convention du 17 juin, lui ont permis d'apprécier la méthode que le Gouvernement compte suivre dans la réorganisation du Cambodge. Elle lui a paru pru- dente et sage.

Un résident général de France à Phnom-Penh, exer- cera, sous l'autorité supérieure du gouverneur de la Cochin- chine, un contrôle permanent sur l'administration du royaume; il aura droit d'audience privée et personnelle au- près du roi et entrée au Conseil des Ministres.

Le nombre des provinces du royaume qui est actuelle- ment de cinquante-sept, présentant cntre elles des inégalités de superficie et de population invraisemblables, délimitées de la façon la plus extravagante, - quelques-unes ont dés cantons disséminés aux quatre coins du royaume sans autre lien entre eux que de dépendre d'un même mandarin le nombre des provinces, disons-nous, sera ramené à huit, cor- respondant aux divisions naturelles, géographiques et histo- riques du pays. Elles seront divisées chacune en deux ou trois arrondissements. Un résident français, placé au chef-lieu de chaque province, contrôlera les mandarins cambodgiens. Le nombre de ces derniers serait réduit, leurs attributions déter- minées, et ils recevraient un traitement fixe qui dispenserait ces fonctionnaires de recourir aux exactions dont ils sont coutumiers. La suppression des emplois inutiles, des dilapi- dations et du désordre général dans la perception des impôts, permettrait d'accomplir cette réforme sans charges oné- reuses pour le Trésor du royaume.

Le Gouvernement se propose d'organiser au Cambodge des municipalités analogues à celles qui fonctionnent de temps immémorial dans les communes annamites. Cette création se lie intimement à l'œuvre de constitution de la propriété indi- viduelle dans le royaume.

L'article 10 de la convention du 17 juin 1884 organise dès

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