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ignorer que le nouvel arrangement douanier n'était que l'ap- plication et le développement du traité du 11 août 1863 qui donne à la France le droit d'assurer la perception régulière des droits de commerce au Cambodge, autant dans l'intérêt du roi que dans celui de ses sujets. M. Thomson fit valoir en vain tous ces arguments; il eut beau faire entrevoir à Norodom tous les avantages que le Cambodge retirerail, grâce à l'unión douanière et à notre récent traité avec la Chine, du rétablis- sement de l'ancien courant commercial qui, suivant la vallée du Mékong, du Yunnam au Laos, enrichissait jadis le royaume des Khmers; vainement, il éclaira le roi sur la gravité d'un refus que rien ne justifiait et auquel le Gouvernement fran- çais n'avait pas lieu de s'attendre; le roi feígnit obstinément de pas comprendre.

Norodom semblait avoir totalement oublié qu'il était en présence du représentant d'une puissance sans le bras de laquelle il aurait depuis longtemps perdu couronne, sujets, pouvoir et trône. Devant cette obstination, le gouverneur de la Cochinchine, prenant congé du roi, à l'issue de l'audiènce du 7 juin, dut lui adresser cet avertissement : « Que Votre Majesté prenne garde; la France sera obligée de vous ráp- peler que sa protection s'étend moins sur la personne du roi que sur le royaume du Cambodge ».

M. Thomson mit le Gouvernement métropolitain au cou- rant de la situation par une dépêche télégraphique, en date de Phnom Penh le 8 juin, résumant, avec une parfaite exac- titude, les résultats de ses deux audiences.

La réponse du Gouvernement ne se fit pas attendre, cile fut expédiée de Paris le 9 juin par télégramme.

Voici le texte de cette dépêche :

Le Ministre de la Marine et des Colonies

à M. le Gouverneur de la Cochinchine, Phnom Penh, Cambodge. Résistance du roi conclure convention commerciale surprend péniblement Gouvernement République. Article 16, traité 1863, nous oblige à garantir ordre dans le Cambodge et nous donne toute autorité pour assurer perception régu- lière des droits de commerce, autant dans les intérêts du roi que dans celul de

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N° 3482

ses sujets, Savons que profits illégitimes sont tirés des douanes intérieures par fonctionnaires cambodgiens et que affermage douanes se donne à étrangers. Sommes absolument décidés à supprimer ces abus et exigeons, par suite, signa- ture convention commerciale présentée en notre nom. Prévenez le roi qu'en cas persistance refus, passerons outre et interviendrous plus directement dans affaires du Cambodge. Voulons réponse prompte,

Ces instructions, fermes et nettes, traçaient à M. le Gou- verneur de la Cochinchine sa conduite ultérieure.

Il les exécuta avec intelligence et décision. Muni de la réponse du Gouvernement, M. Thomson pré- vint le roi par lettre, le mercredi matin, 11 juin, qu'il se ren- drait au palais le même jour, cinq heures du soir, pour lui donner connaissance de la réponse du Gouvernement qu'il avait provoquée. Non seulement le roi ne donna pas au Gou- verneur l'audience demandée, mais il ne répondit même point par écrit, et se borna à envoyer au Protectorat son pre- mier secrétaire, Col de Monteiro, dont voici, d'après le rapport de M. Thomson, les paroles textuelles : « Le roi est indisposé. « Il a la goutte, son pied est enflé; il a la fièvre et ne reçoit << personne. Si demain Sa Majesté se porte mieux, peut- « étre pourra-t-elle recevoir M. le Gouverneur, »

Le Gouverneur trouva, avec raison, ce procédé peu cor- rect. Il s'en expliqua avec le secrétaire du roi et l'un des ministres cambodgiens, venu un instant après.

Cependant une lettre de Norodom fut remise à M.Thomson dans la soirée de ce même jour.

Le roi ne répondait pas à la demande d'audience, ne fai- sait aucune allusion à la dépêche du Gouvernement, dont lecture avait été donnée au ministre cambodgien, et Norodom, renouvelant son refus de signer le traité, annonçait son in- tention d'écrire directement au Président de la République française pour le saisir de la question.

Le roi n'ignorait pas que le Gouverneur de la Cochin- chine, étant investi de pleins pouvoirs diplomatiques et de la représentation du Protectorat de la France au Cambodge, c'est avec lui seul qu'il devait négocier. Sa prétention de

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