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naça la capitale, et il aurait certainement renversé Norodom sans les défaites que lui infligèrent, en décembre 1866 et en janvier 1867, nos troupes de Cochinchine, sous les ordres du colonel Reboul et des commandants Alleyron et Domange.
Jusqu'à la capture et à la mort de Pucombo, survenue au mois de novembre 1867, nos troupes ne cessèrent de tenir la campagne.
Le concours de nos soldats et l'autorité grandissante de la France en Cochinchine, affirmée par un traité conclu avec Siam et par l'occupation, sans coup férir, au cours de cette même année 1867, des provinces occidentales du Delta du Mékong demeurées sous la domination annamite, procurè- rent au roi Norodom une sécurité qu'il n'avait pas connue et une indépendance effective dont il n'avait pas encore joui.
Il en profita pour exercer sur le Cambodge un despo- tisme sans frein et sans contrôle, dont les effets furent tels, au bout de quelques années, que son frère, le prince Votha, n'eut, pour ainsi dire, qu'à paraître, en 1876, pour être accueilli comme un libérateur par les provinces orientales, Nous dûmes encore intervenir. Nos canonnières remontèrent le fleuve pour prêter leur appui aux mandarins royaux qui tenaient la campagne contre les rebelles. Ce furent encore nos troupes de Cochinchine qui, en février 1877, mirent les rebelles en déroute dans la province de Baphnom, devenue le principal foyer de la rébellion.
Le prince Votha forcé de se réfugier au Laos n'a cepen- dant pas cessé de menacer la tranquillité du Camboge; ses partisans y font de temps en temps des incursions, et c'est une de ses bandes qui attaquait naguère notre poste de Sambor.
Les faits donc justifient amplement l'appréciation émise aux premières pages de son beau livre sur le royaume de Cambodge par M. Moura, notre ancien résident à Phnom Penh, l'homme de France qui connaît le mieux le Cambodge, à savoir que « sans l'intervention politique de la France dans
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ces contrées, cet intéressant petit Etat n'existerait plus à cette heure. >>
Qu'a fait le roi Norodom en reconnaissance de cet appui? Qu'avons-nous obtenu de lui tant au point de vue des intérêts français que de notre action civilisatrice en Indo-Chine?
Il convient, pour répondre nettement à ces questions, de résumer d'abord quelques notions précises sur le royaume protégé, sur sa population, ses ressources, son état social et son Gouvernement.
La superficie actuelle du Cambodge est à peu près le cinquième de celle de la France. Le pays s'étend sur les deux rives du grand fleuve Mékong, au nord de notre colonie de Cochinchine. Il touche à la mer dans le golfe de Siam et confine à l'est aux montagnes et aux forêts désertes de l'An- nam. Le Cambodge est borné au nord par le royaume de Siam et des principautés laotiennes plus ou moins vassales de Bangkok. La ligne de démarcation entre Siam et le Cambodge a été arrêtée par la Convention conclue à Bangkok en 1867 entre le Gouvernement français et le Gouvernement siamois.
Nous en reproduisons le texte aux annexes.
Ce traité laissait au royaume de Siam les provinces cam- bodgiennes de Battambang et d'Angkor annexées de fait de- puis de longues années. Le royaume de Siam renonçait par compensation à toute prétention à la suzeraineté sur le Cam- bodge, et il reconnaissait notre protectorat sur cet Etat. Le Gouvernement français s'engageait, de son côté, à ne pas in- corporer le Cambodge à ses possessions de Cochinchine. Cet acte diplomatique est encore à présent en vigueur.
La grande artère de l'Indo-Chine orientale, le fleuve Mékong est malheureusement barré à la sortie du Laos par les cataractes de Khong, puis à l'entrée du Cambodge par les rapides de Sambor qui interrompent la navigation.
De Sambor jusqu'à la mer, sur un parcours de près de cinq cents kilomètres, le Mékong, accessible aux gros bateaux, roule un volume d'eau prodigieux. Sa largeur, entre Sambor
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