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No. 1.
0.0.
65
2037
IREC2
M. Waddington to Earl Granville.-(Received January 29.)
REG? 6 FEB 85,
M. le Comte,
Londres, le 29 Janvier, 1885. IL résulte de renseignements fournis au Gouvernement de la République par ses Consuls à Singapour et à Hong-Kong que des instructions viennent d'être adressées aux autorités coloniales Anglaises de ces deux ports, en vue de prescrire une application plus rigoureuse du Foreign Enlistment Act." D'après les notifications faites aux Agents Français, les vaisseaux de guerre de la République n'auront plus la faculté de se réparer dans les ports coloniaux de la Grande-Bretagne; ils ne pourront non plus y faire du charbon, sinon dans une limite extrêmement restreinte.
Ces résolutions, dont mon Gouvernement n'entend nullement discuter la légitimité, impliquent une modification importante dans l'attitude que les Ministres de la Reine avaient résolu d'observer provisoirement en l'état de notre conflit avec la Chine, et qui était indiquée avec précision dans la communication de votre Excellence du 26 Novembre dernier.
Il y était dit que "le Gouvernement de Sa Majesté Britannique considérait qu'il existait entre la France et la Chine un état de guerre de facto et de jure." Toutefois, il voulait tenir compte de ce fait que le Gouvernement Français, en vue d'atténuer les conséquences de la guerre en ce qui concerne les vaisseaux neutres, déclarait qu'il ne se proposait pas d'exercer le droit de visite ou de capture sur les vaisseaux neutres en pleine mer, droit qui lui appartient afin de prévenir le transport de la contrebande de guerre à destination de la Chine."
Dans cet état de choses, le Gouvernement de la Grande-Bretagne, "ne voulant pas aggraver la situation, déclarait," de son côté, ** que, tant que les hostilités seraient limitées à certaines localités et qu'on n'entraverait pas les vaisseaux neutres en pleine mer, il s'abstiendrait d'émettre une Proclamation de neutralité dans les formes ordinaires et d'exercer strictement les droits de neutralité vis-à-vis des navires des belligérants dans les ports Britanniques, et qu'il se bornerait à la mise en vigueur du "Foreign Enlistment Act.”
Il s'était établi, à la suite de ces déclarations de votre Seigneurie, une sorte de modus vivendi, qui a été observé durant les derniers mois, et qui n'excluait pas la faculté pour les navires de guerre Français de se ravitailler dans les ports des mers des Indes et des mers de Chine.
Les instructions qui viennent d'être envoyées aux autorités des possessions coloniales Anglaises, out modifié profondément cet état de choses et donné au " Foreign Enlistment Act" une interprétation qui équivaut à une véritable déclaration de neutralité.
Les bâtiments de nos escadres ne devant plus trouver dans les ports étrangers les facilités qu'ils y ont rencontrées jusqu'à présent, il n'y a plus de raison pour qu'ils s'abstiennent de soumettre les navires neutres à une exacte surveillance. La situation. nouvelle qui leur est faite détermine mon Gouvernement à avancer l'heure qu'il aurait choisie pour revendiquer le plein et entier exercice des droits reconnus aux belligérants par la loi internationale. Des ordres en ce sens vont être adressées aux Commandants des escadres de la République et je suis chargé par M. Jules Ferry d'en faire part officiellement à votre Seigneurie,
En prenant cette résolution, mon Gouvernement entend d'ailleurs se conformer strictement aux règles de la Déclaration du Congrès de Paris du 16 Avril, 1856.
Le parti auquel viennent de s'arrêter les Ministres de la République n'implique d'ailleurs aucun changement dans nos sentiments pour le Cabinet Anglais, dont nous nous plaisons à reconnaître la parfaite correction et les procédés bienveillants depuis le début de notre conflit avec la Chine. Pour bien marquer ces dispositions, des recom- mendations seront envoyées aux Commandants des forces navales Françaises afin qu'ils continuent à user de tous les égards et de tous les tempéraments conciliables avec les intérêts légitimes du commerce Britannique et la nécessité de prévenir l'importation en Chine de la contrebande de guerre.
Veuillez, &c.
[858]
(Signé)
WADDINGTON.
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