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cision amoindrirait son prestige dans l'extrême Orient d'une façon presque irréparable, et, avec son prestige, ses intérêts politiques et commerciaux, »

L'Écho du Japon, journal français qui se publie à Yoko-hama, résume ainsi, et fort bien, la situation : « est si odieuse, que les Tonkinois aspirent à la délivrance la plus prompte possible par une puissance quelconque. Sans doute, ils préféreraient vivre libres et indépendants, sous le gouvernement de leur dynastie nationale restaurée. Cette restauration étant impossible, ils aiment mieux être affranchis par nous et à notre profit que de rester plus longtemps ployés sous le joug abhorré des Nguyen. La France a la première montré ses couleurs dans les rivières du Delta, et pris la défense des opprimés contre les oppresseurs. Les Tonkinois ne connaissent que la France, et l'appellent de nouveau à leur secours, lui pardonnant de les avoir abandonnés la première fois. Si une autre puissance se fut présentée avant nous, elle aurait les préférences de ces malheureux tyrannisés... Le peuple tonkinois se mettra à genoux devant la nation, quelle qu'elle soit, qui le délivrera du joug annamite. Et, ajoute l'auteur de cet article fort remarquable et très étendu, nous devons être celle-là. »

C'est là l'exacte vérité et l'auteur du projet la connaît bien, lorsqu'il affirme qu'un nouvel abandon du Tonkin serait une véritable abdication dans l'extrême Orient, la déchéance du prestige que nous y avons conquis par l'expédition de 1860.

Il résulte du fidèle exposé de faits qui précède qu'il ne s'agit dans cette affaire ni d'expédition dangereuse, difficile, ruineuse, ni d'aventure, dont on ne peut calculer les conséquences. Comparer le Tonkin au Mexique, à la Tunisie ou même au Cayor, c'est comparer entre elles des situations absolument dissemblables. Là, nous nous sommes trouvés en présence de races bien différentes et dans des conditions qui n'ont rien de comparable; au Mexique, nous allions imposer

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N. 1889

à un peuple fier, impatient du joug, à un peuple de notre race, une forme de gouvernement dont il ne voulait pas et le joug d'un prince étranger; en Tunisie, au Cayor même, nous nous sommes trouvés en présence de gouvernements réguliers, auxquels nous voulions enlever une partie au moins de leur indépendance, en imposant un protectorat que nous jugions indispensable pour la sécurité de nos frontières, pour la tranquillité de nos possessions; au Tonkin, nous répondons à l'appel d'un peuple qui soupire après sa délivrance, nous nous présentons à lui non en ennemi mais en libérateur. Nous ne nous trouvons pas au milieu d'une population hostile, mais au milieu d'un peuple qui nous aime et qui nous attend. Ah! certes, la différence est grande! Qu'y a-t-il de commun en effet entre l'expédition qu'on appela la grande pensée du règne et l'énergique rappel fait à un peuple inférieur du respect des traités ?

Le mot expédition prononcé quelquefois définit mal la portée que doit avoir notre action. Ce que nous devons faire aujourd'hui, c'est nous établir solidement au Tong-Kin, affirmer énergiquement notre intention de nous y maintenir, ne plus reculer comme en 1873, abandonnant une population qui avait ensuite tant à souffrir de la sympathie même qu'elle nous avait témoignée.

Pour cela il suffit, le projet a raison, de renforcer dans une mesure assez restreinte du reste nos troupes d'occupation.

III

But à atteindre

Par les moyens que le Gouvernement vous demande de mettre à sa disposition la question du Tonkin, peut être résolue. Votre Commission est d'avis dès lors qu'il y a lieu d'accepter le projet qui vous est proposé; elle pense que le gouvernement non seulement pourra, mais encore devra assurer une solution définitive.

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