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C.O. 882
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4PUBLIC RECORD OFFICE, LONDON
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No. 10.
PRINCIPAL PROPRIETORS OF ESTATES IN MAURITIUS, RESIDENT IN PARIS, to SIR G. F. BOWEN, G.C.M.G.
to
(Confidential.)
London, January 16th, 1883. This letter has been sent me by the principal Mauritian proprietors of estates, who are resident in Paris, with a request that it may be laid before the Secretary of State for the be may Colonies, but that it considered "Confidential." These gentlemen are repre- of high sentative men,
and position; character and with a large stake in Mauritius. It will be seen
they are that
strongly opposed to the establish- ment of open elections for the Council of Government, and suggest (as I have also suggested) that several of the unofficial members should represent the Cham- ber
the of Commerce, Chamber of Agriculture, and other public bodies.
G. F. BOWEN.
Paris, 30 Novembre, 1882. EXCELLENCE,
Ex présence du mouvement réformiste qui se produit à Maurice, nous prenons la liberté de vous exposer ci-dessous notre manière de voir à ce sujet, et soumettre un projet de recrutement et de de vous renouvellement du Conseil qui nous semble dev oir donner satisfaction au désir des colons de prendre une part plus large à la discussion des affaires de la colonie.
Avant tout nous pensons que le recrutement du conseil par voie d'élection, si élevé que soit le cens, si restreint par conséquent que doive être le collège électoral serait une mesure préjudiciable à la colonie. Les élections et leur préparation y apporteraient un trouble qui nuirait aux travaux de l'agriculture et aux transactions commerciales. Elles exciteraient d'ailleurs entre les diverses classes de la société, entre les individus de caste et d'origine différentes des jalousies à peu près apaisées depuis quelques années, grâce à la politique suffisamment libérale et hautement impartiale de nos gouverneurs.
Nous ne parlons pas des choix fâcheux que pourraient Ceci est l'alea de toutes les souvent faire les électeurs. institutions soumises au caprice populaire. Nous in- sistons surtout sur le danger qu'il y aurait à troubler, par des agitations politiques, une communauté unique- ment vouée jusqu'ici aux travaux sérieux de l'agriculture et du commerce.
A ce propos, permettez-nous de vous citer une parole de Monsieur le Contre-Amiral Miot, qui disait à l'un de nous, après une visite faite par lui aux deux colonies de Maurice et de la Réunion : Une chose m'a frappé. Tandis qu'à la Réunion on ne m'a parlé que de politique locale et même de politique universelle, et que je n'y ai pas entendu un mot concernant l'agriculture et le commerce, à Maurice tout le monde m'a entretenu de questions agricoles et commerciales, et personne ne m'a paru se soucier de politique. Cette différence, a-t-il ajouté, a contribué pour beaucoup à me faire comprendre l'état prospère, le développement progressif de la colonie anglaise et la décadence continue de la Réunion.
Il y a cependant quelque chose à faire pour donner aux colons une part plus large à Le conseil la discussion et à la confection des lois qui doivent les régir; surtout en matière. d'impôts. Le nombre des membres inofficiels du conseil est trop restreint. ne se recrute pas assez souvent parmi les élémens jeunes et intelligens de la com- munauté. Il s'élève constamment, dans toute société, des individualités brillantes qui, sentant leur force et leur capacité, désirent prendre leur place dans les conseils du Il y a dix ans, parait- pays. C'est le cas pour Maurice et nous ajouterons que c'est l'ambition légitime do cea nouveau-venus qui à provoqué le mouvement qui nous occupe.
il, qu'aucune vacance ne s'est produite dans le conseil législatif de la colonie.
Pour donner satisfaction à ces aspirations nouvelles, deux mesures nous semblent applicables:
1. Augmenter le nombre des inofficiels.
2. Ne nommer ceux-ci que pour un nombre d'années déterminé.
Ainsi en admettant que le nombre des inofficiels fut porté à 10, il serait statuté que les membres seraient nommés pour 5 ans je suppose. Il y aurait alors un système de roulement qui ferait sortir, tous les ans, 2 membres désignés par le sort. Chaque membre sortant ne pourrait être renommé qu'après une année écoulée, c'est-à-dire au ́renouvellement suivant.
Afin de montrer ses dispositions franchement libérales, et pour donner satisfaction au désir de tout membre de la population éclairée du pays, quelles que soient son
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origine et sa couleur, de prendre part aux affaires de la communauté, le gouverne- ment pourrait répartir ainsi qu'il suit la nomination de ces 10 membres inofficiels.
2 seraient nommés par le gouverneur.
2
par
la Chambre d'Agriculture.
2
par la Chambre de Commerce.
2
par
l'ensemble des représentants de la profession légale.
2
par
l'ensemble des rerépsentants de la profession médicale.
10 Total.
La maire du Port-Louis devra être membre du Conseil pendant la durée de ses fonctions.
Quant aux Indiens, auxquels les pétitionnaires veulent accorder un droit de vote, à condition qu'ils possèdent un certain pécule ou touchent un traitement s'élevant à un chiffre déterminé, nous ne devons pas perdre de vue que les travailleurs agricoles, qui nous viennent de l'Inde, n'émigrent que sous l'empire d'un contrat de service devant durer un temps plus ou moins long, et qu'ils ne font en quelque sorte, pour la très grande majorité, que traverser l'Ile. Il nous paraît difficile, en conséquence, qu'on puisse les considérer comme aptes à nommer des membres du Conseil législatif, alors même qu'ils seraient devenus possesseurs d'un terrain ou d'un capital d'une valeur de $2,500.
Le protecteur des Immigrants est le représentant de cette classe de la Communauté Mauricienne et son défenseur naturel dans le Conseil et dans ses rapports avec les planteurs.
Les habitants de Maurice ont si bien compris l'impossibilité de faire voter ces Indiens, même possédant une certaine fortune, qu'ils se sont bien donné de garde de profiter de l'ordonnance No. 1 de 1853, qui leur permet d'établir des municipalités électives dans les districts. Ils savaient bien que les choix faits par de tela électeurs, Cet argument a été mis en avant par qui composent la majorité, seraient mauvais,
un adversaire du mouvement réformiste au Meeting du 6 Octobre au Port-Louis. ↑ Il y a été répondu que les habitants des districts n'avaient pas jugé qu'il valût la peine de faire appel au suffrage populaire pour s'occuper des intérêts locaux des quartiers, mais la colonie tout entière voulait des élections pour prendre une part plus large
que aux affaires générales du pays.
Cette réponse ne nous satisfait pas. Une institution jugée inutile ou mauvaise pour les intérêts d'un district ne peut pas devenir tout d'un coup excellente par ce seul fait qu'elle s'appliquerait à une plus grande réunion de personnes et d'intérêts.
Votre présence à Londres au moment où y arrivera la pétition de certains habitants de la colonie est une circonstance éminemment favorable à nos intérêts. 'La con- naissance approfondie que vous avez de ces intérêts, la paternelle bienveillance que vous avez constamment témoignée à notre chère patrie, la sûreté et la hauteur de votre jugement vous mettent, mieux que personne, en mesure d'éclairer le Ministre des Colonies sur la valeur du mouvement réformiste; nous ne doutons pas un instant que Sa Seigneurie ne prenne en la plus sérieuse considération les observations qui lui seront présentées par vous.
La nécessité de votre intervention nous paraît d'autant plus urgente que nous venons de lire avec le plus vif regret dans le journal "The Standard
que vous alliez quitter le gouvernement de Maurice.
En contribuant à modérer l'ardeur des pétitionnaires, et à satisfaire. dans une pro- portion juste et sagement libérale, leur ambition de prendre une part plus large aux affaires du pays, vous aurez rendu un nouveau et signalé service à notre colonie qui vous est déjà redevable de tant de mesures utiles et fécondes, et vous aurez acquis un titre de plus à sa reconnaissance.
Nous avons, &c.
C. A. LOUYS. A. AUBIN. EMILE HAREL.
J. L. SAUZIER.
DR. FERD. NOËL.
Sir George F. Bowen, G.C.M.G., Gouverneur de l'Ile Maurice, &c. &c. &c.
ALBERT MALLAC.
CH. LIMARD.
L DUMAT.
ARTH. KOENIG.
C. BARCLAY, C.M.G.
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