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Enclosures in No. 1.
REPORT of & PUBLIC MEETING at the HOTEL DE VILLE, PORT-LOUIS, on the
7th July, 1882.
LA RÉUNION DU COMITÉ DES RÉFORMES.
Aujourd'hui, à 2 heures, un grand nombre de personnes, appartenant à l'élite de la population coloniale, se pressaient dans la salle du Conseil de l'Hôtel de Ville, où le Comité des Réformes tenait sa première réunion.
Le fauteuil de la présidence était occupé par l'honorable Raoul, à qui revenait bien justement cet honneur.
Il a ouvert la séance en faisant l'historique du début de cette agitation politique, qui avait si promptement assumé un caractère d'une grande importance. Lorsque dans le dernier discours qu'il a prononcé au Conseil du Gouvernement, il a parlé incidemment de l'insuffisance de ce Conseil pour la défense des vrais intérêts du pays, il était, dit-il, loin de songer que sa parole pût avoir tant de retentissement et provoquer comme un réveil de l'esprit public. Il est heureux de voir qu'en faisant une critique de la constitution de notre Conseil, il a exprimé une opinion qui paraît partagée par la population tout entière. Il ne doit pas dissimuler qu'après avoir exprimé ainsi publiquement sa pensée, il s'est vu entouré et félicité chaudement par tous ses amis. Un groupe s'est alors formé qui a pris l'initiative d'un mouvement en faveur d'une réforme de notre Conseil. On s'est réuni dans ses bureaux, où les membres les plus influents de la communauté avaient été conviés à se trouver pour se conserter sur ce qu'il pouvait y avoir à faire. Cet appel a été entendu, et c'est avec joie qu'il a constaté que tout le monde était d'accord sur l'opportunité de demander des modifications profondes à la constitution du Conseil. Il a été sur le champ décidé que les personnes présentes se constitueraient en un Comité général, lequel se réunirait dans un bref délai pour nommer un sous-Comité qui mettrait activement à l'étude un programme des réformes à demander.
C'est ce Comité général qui se réunit adjourd'hui; et dans un instant, quelques- une de ses membres proposeront diverses Résolutions pour constituer le sous-Comité et pour obtenir la sanction de l'Assemblée aux différents points qui devront faire l'objet des délibérations du sous-Comité.
du
L'hon. Raoul parle ici des défectuosités du Conseil et de la nécessité d'y introduire des éléments de représentation qui répondent davantage aux légitimes aspirations Ce Conseil a pu avoir son utilité il y a cinquante ans, et l'on comprend que pays. les patriotes de l'époque l'aient demandé et accepté. Mais aujourd'hui d'immenses progrès sociaux et politiques ont été accomplis; et sans prétendre à la somme des libertés politiques qui sont le partage des nations placées à la tête de la civilisation européenne, les Mauriciens ont droit à plus de libertés qu'ils n'en possèdent. Mais, pour être sûrs de les obtenir, il faut qu'ils soient unis, et surtout qu'ils se montrent persévérants. La persévérance, en politique, est une vertu, une qualité maitresse qui mène au succès; c'est à elle que l'Angleterre doit sa grandeur.
L'hon. Raoul parle ensuite rapidement des différents systèmes parmi lesquels on aura à faire un choix pour la nomination des membres élus du Conseil. Il dit qu'on saura se mettre en garde contre les moyens extrêmes, en se maintenant à égale distance des conservateurs et des libéraux. Ceux qui se sont mis à la tête du mouvement ne sont ni des exaltés ni des rêveurs; ce sont des hommes éclairés et expérimentés qui sont bien résolus à ne s'inspirer que des intérêts du pays et par conséquent à ne pas l'engager dans des aventures. Ceux-là qui ont conçu quelques inquiétudes à cet égard, peuvent se rassurer. On fera les choses avec calme, sagesse et surtout sans rien håter, afin que tout le monde soit complètement éclairé sur le but qui va être poursuivi en commun. L'orateur termine en faisant un appel à l'harmonie et à la concorde. Ainsi unis, dit-il, le succès de l'œuvre est assuré, si l'on sait se montrer persévérant; et alors le 7 Juillet sera une date mémorable dans les annales de la colonie et marquera pour elle une ère nouvelle.
-Ce discours, fréquemment interrompu par des marques d'approbation, s'achève au milien d'applaudissements unanimes. Nous n'en avons donné qu'une très pâle esquisse; nous espérons pouvoir en publier demain le texte même.—
Le Président donne la parole M. P. Ambrose.
M. Ambrose dit qu'il a été sónsible à l'honneur que le Comité lui a fait en le chargeant de présenter la 1re Résolution, qui est ainsi conçue:
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"Le Comité d'initiative est d'opinion que notre système actual de Gouvernement et la Constitution du Conseil du Gouvernement ne répondent pas aux besoins de la Colonie, et qu'il y a lieu de demander que des réformes y soient apportées."
M. Ambrose développe en peu de mots cette Résolution. It dit que le Comité est reuni avec le devoir de représenter les graves intérêts du pays. Il ne s'agit de rien moins que de changer la constitution du Conseil Législatif. Tout le monde est con- vaincu de la nécessité d'une prompte réforme, afin d'augmenter les pouvoirs des membres inofficiels. Quand, de nos jours, tous les pays, comme l'a si bien dit l'hon. Raoul, possèdent des libertés publiques, il ne voit pas pourquoi nous serions condamnés à subir un système de gouvernement qui ne répond nullement à notre état social et politique. Il pourrait entrer ici dans de longues considérations; mais il préfère céder la parole à celui qui est chargé de seconder la Résolution, et dont la parole éloquente et persuasive ne pourra manquer de charmer l'assemblée.
M. W. Newton se lève alors, et, dans un brillant et chaleureux discours, que nous nous garderons de chercher à résumer, il captive l'assemblée pendant vingt minutes. Le Président met ensuite aux voix la Résolution, qui est adoptée à l'unanimité. M. G. Guibert propose la Résolution suivante:
"Un sous-Comité, composé des personnes ci-après nommées, est chargé d'examiner la question des réformes à demander à notre système de gouvernement et à la con- stitution du Conseil Législatif, et de faire un Rapport à ce sujet au Comité d'initiative. Ce Comité pourra s'adjoindre telles personnes dont il jugera l'adjonction nécessaire, et sera ouvert à la Presse, qui aura voix délibérative.”
L'orateur développe sa Résolution avec ce calme, cette sobriété qui ajoutent tant à son talent.
Après lui, M. L. Rouillard prend la parole pour seconder la Résolution. Il s'exprime en termes vifs, précis et énergiques. Nous devons, dit-il, faire acte d'une volonté résolue, mais en procédant avec mesure et sagesse. L'heure est venue pour nous d'avoir voix au chapitre dans les questions financières qui s'agitent au Conseil; il ne faut plus que l'on dispose de notre argent sans notre participation. Si nous ne réussissons pas, dit-il, dans nos revendications, il y aura eu au moins cela de bon, que l'esprit public se sera éveillée et comme affirmée.
Le Président met la seconde Résolution aux voix. Elle est adoptée à l'unanimité. L'hon. Raoul dit que le Comité qui siège actuellement va se constituer en Comité d'Initiative. Son bureau sera composé d'un Président, de deur Vices-Présidents, de deux Secrétaires et d'un Rapporteur. Il nommera séance tenante un sous-Comité qui préparera le travail. Quand ce travail aura été examiné et approuvé par le Comité d'Initiative, on lui donnera la plus grande publicité possible, puis on convoquera un Meeting.
Maintenant, dit l'hon. Raoul, je proposerai à votre sanction la déclaration suivante :
DÉCLARATION.
"Ce jour 7 Juillet 1882, les habitants de l'Ile Maurice ci-après nommés, réunis à l'Hôtel de Ville du Port-Louis, déclarent se constituer en Comité d'initiative pour examiner la question des réformes à demander au système de Gouvernement et à la constitution du Conseil Législatif de la colonie; et, s'il juge les réformes nécessaires, aviser aux meilleurs moyens à employer pour atteindre ce but."
Cette déclaration est adoptée à l'unanimité.
M. E. de Chazal propose que le bureau soit composé comme suit:
L'hon. Raoul,—Président.
"
Adam,
M. J. B Guimbeau, J
MM. G. Guibert et L. Rouillard, Secrétaires.
M. W. Newton, Rapporteur.
Vices-Présidents.
L'hon. Raoul-qui a été acclamé à l'appel de son nom--se lève et dit qu'il manquerait de franchise s'il ne disait pas sur le champ qu'il accepte avec empressement l'honneur qui lui est fait, ainsi que toutes les responsabilités qui pourront en découler pour lui.
L'honorable Maire dit qu'il a été chargé de proposer les personnes suivantes pour composer le sous-Comité:
Sir Virgile Naz, l'hon. H. Pitot, MM. J. B. Guimbeau, P. Ambrose, J. Ferguson, H. Leclézio, E. Elias, E. Sandapa, Julius Guibert, les Drs. Edwards et Allas, MM. G. Robinson, S. Pelte, Eugène Bazire, E de Chazal, Alp. Geffroy, W. Hewetson, H. Portal, G. Aubin, G. Arlanda, T. Jenkins, J. Mercier, E. Basset, R. M. Brown.
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