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BEICO.

TH

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( 18 )

industrious class of peasant proprietors, or holders of small patches of hired land, who I am desirous of encouraging by every means in my power.

To The Right Honourable

The Secretary of State for the Colonies,

&c.

&c.

&c.

I have, &c.

ARTHUR H. GORDON.

À SON EXCELLENCE SIR ARTHUR HAMILTON GORDON, K.C.M.G., Gouverneur et Commandant-en-Chef de l'Île Maurice et de ses Dépendances,

&c. &c. &c.

EXCELLENCE,

J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de votre Excellence les causes qui entravent le progès que votre Excellence désire voir se développer dans le pays, et les moyens qui me paraisseut efficaces, pour arriver au but que votre Excellence se propose.

Le

pays a besoin,-

De travailleurs pour la culture des terres.

D'un bon chef civil commissioner.

D'un magistrate, instruit, intègre.

D'une police plus nombreuse, mieux choisie, et dont le service s'étendra tous les

quartiers de l'fle.

C'est avec intention que j'ai cité comme le premier besoin du pays les travailleurs

la culture des terres. pour

La production, étant la résultante d'une main-d'œuvre assurée, est évident qu'un pays qui ne produit rien ne peut ni prospérer, ni payer d'impôts.

Or, que faut-il faire pour organiser le travail ? Réprimer le vagabondage qui prend chacque jour d'effrayantes proportions.

Le Gouvernement a introduit aux Seychelles 3,000 ou 4,000 Africains libérés m'est impossible de préciser le nombre.

;

Ces Africains, à l'expiration d'un engagement de cinq ans, jouissent d'une liberté si étendue, qu'elle n'a même pas pour la rendre bienfaisante un frein salutaire, qui puisse l'empêcher de devenir une cause de troubles, et un véritable danger pour le pays.

Les Africains abusent de cette liberté sans controle pour se livrer au vagabondage; ils vivent de rapines et de pillage. Il est inutile d'insister sur le caractère des Africains: il est parfaitement avéré que tout travail leur est antipathique; ils font consister leur félicité dans leur paresse.

Le Gouvernement refuse d'exercer ancune pression sur les Africains pour les obliger à contracter des engagements; je crois, que sans les forcer à contracter un nouvel engagement, on ne doit pas souffrir qu'ils vivent aux dépens des habitants laborieux, et 'ils soient errants et vagabonds dans tout le pays sans que la police aît le droit d'intervenir.

Un pareil état de choses est absurde.

Que deviennent les Africains à l'expiration de leur engagement de cinq ans ?

Ils vont trouver certains habitants du pays, qui leurs donnent des terres à la part soit à moitié ou à la semaine ou à d'autres conditions.

Ces habitants, ivrognes et paresseux pour la plupart, ne se préocupent pas de la manière dont les terres seront cultivées; ils n'en font rien eux-mêmes, sì peu qu'ils en retireront ce sera toujours autant.

Au lieu de moraliser leurs fermiers, de les encourager au travail, en leur donnant le bon exemple, ils les laissent libres de vivre dans le vagabondage, pourvu que, à un moment donné, ils en retirent quelques corvées ou quelques produits.

Ce genre de vie convient très bien à l'Africain.

Il se construit, (non pas une case) mais un boucan, dans lequel un chien ne voudrait

pas entrer; il plante quelques pieds de maïs, de manioc, de bananes.

Il convient avec le propriétaire de la terre sur laquelle il habite, que, si dans ses expéditions de pillage et de maraude, il est arrêté par les gardes, il se réclamera de lui, àfin d'établir qu'il a un domicile et des moyens d'existence.

Il arrivera fort souvent, que de fausses déclarations sont faites par ces habitants, pour protéger des Créoles ou des Africains arrêtés comme vagabonds.

Combien de fois n'ai-je pas vu venir chez moi des constables eu recherche des vaga. bonds ?

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Lorsque je leur demandais s'ils en arrêtaient beaucoup, nous ne pouvons les arrêter, me répondirent-ils, nous savons très bien qu'ils vivent de pillage, qu'ils n'ont aucun métier; qu'ils n'exercent aucune industrie, mais ils se réclament, celui-ci de tel habitant, celui-là de tel autre, et ces habitants nous affirment que ces gens là demeurent ou travaillent chez eux. Nous savons que ce n'est pas vrai, mais souvent nous avons été blamés pour avoir fait des arrestations, parceque les habitants s'empressaient de venir réclamer leurs protégés.

Je n'en finirais pas si je racontrais ici tout cequi se passe à cet égard; les faits sont là, rien n'est plus facile que d'en contrôler l'exactitude.

Tous les Créoles et les Africains qui vivent de vols et de rapines trouvent à chaque pas dans les quartiers de l'île, des boutiquiers où ils peuvent se défaire des objets qu'ils ont volés: cocos, copra, manioc, mals, tabac, café, poules, tout enfin; et les boutiquiers, non contents d'acheter ces denrées, favorisent les voleurs, les encouragent à persévérer dans leur odieux métier, et souvent même leur indiquent les bons endroits.

Je connais des boutiquiers qui n'ont pas de cocotiers et qui fabriquent trois mille veltes d'huile par an.

Enfin sur mille cocos vendus, on peut affirmer qu'il y en a neuf cent-quatre-vingt dix de volés.

Le Board des Civil Commissioners a passé une Ordonnance pour prévenir les vols de cocos: c'est absolument comme si on n'avait rien fait, pour qu'une Ordonnance soit respectée, if faut avoir une police qui la fasse exécuter.

le

Ce qui contribue encore à éloigner les Africains de tout travail régulier, c'est la facilité qu'ils ont de se livrer à la pêche sur tout le littoral. Il n'y a pas une baie dans pays où à l'heure de la marée basse on ne voie des bandes de Créoles et d'Africains, hommes, femmes et enfants, armés de lignes, de crochets, de harpons, écumer la mer, (c'est l'expression exacte) car après leur passage il ne reste plus rien."

Qu'arrive-t-il d'un abus aussi stupide ?

C'est que la dévastation existe partout, la côtes dépeuple de poissons, comme cela a en lieu à Maurice.

Il y a sept ans lorsque je vins aux Seychelles, le poisson était excessivement abondant; on prenait beaucoup de tortues et de carets dans toutes les baies de Mahé.

Interrogez les pêcheurs de profession, ils vous diront tous qu'avant longtemps pour avoir du poisson il faudra aller pêcher dans les Amirantes.

Si le poisson ne devait jamais quitter les côtes de Mahé, s'il devait y rester longtemps en abondance, si on ne voyait pas chaque année cette abondance diminuer sensiblement ; sans doute, on pourrait laisser faire, et chacun prendrait autant de poisson qu'il voudrait et comme il voudrait, mais du moment que c'est un gaspillage pourquoi le tolérer ?

Un garde arrête huit ou dix individus, pêchant aux casiers. Ils lui disent qu'ils pêchent l'un pour Mr. A., l'autre pour Mr. B., &c. &c. Voici l'arrangement qui a lien.

Les Créoles et les Africains qui ont pris des terres chez Mrs. A. B. &c. conviennent avec eux qu'ils auront la permission moyennant une part de poisson, de poser des casiers sous le nom de leur propriétaire ; si la police a l'indiscrétion de les questionner, le dit pro- priétaire fera voir qu'il a une patente pour poser des casiers, et affirmera que ces gens pêchent pour lui. Voilà donc une patente qui sert pour vingt ou vingt-cinq personnes.

On vient de percevoir la taxe pour les routes, qu'on choisisse (sí cela est possible) quelques gardes, pour faire une tournée générale dans l'tle.

Chez les propriétaires dont j'ai parlé, dans l'intérieur de leure propriétés, dans le fond des ravins, au bord des rivières les plus encaissées, on trouvers des cases, où demeurent des Créoles et des Africains qui n'ont pas été déclarés et qui n'out pas payé la taxe.

Tout concours

à entretenir le vagabondage. Si les Créoles et les Africans ne travaillent pas, même pour subvenir à leurs premiers besoins, la faute doit en être imputée à certains habitants qui encouragent cet état de choses, et aussi au Gouverne- ment qui ne fait rien pour enrayer le mal.

Il faut, donc, punir très sévèrement, les personnes, qui, en donnant des terres aux Créoles et aux Africains, ne s'inquiètent pas de savoir si ces terres sont cultivées, de manière à suffir à la nourriture des occuparts.

À cet effet, voici un project d'Ordonnance que je propose :-

1o. Tout Africain ou Créole (non engagé) sera tenu de produire à première réquisi-

tion le reçu des taxes qu'il aura payées.

2o. Tout propriétaire ou habitant qui déclara faussement qu'un Créole ou un Africain,

est employé ou domicilié chez lui, sera condamné à une amende de 201.

3. Tout individu, propriétaire ou fermier qui donnera azile à un Africain engagé, sers fourni d'une, amende de 207. sans préjudice des dommages qui pourront lui être réclamés.

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