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garantir la Colonie des diffamations systématiques et des dangers qu'elles entraînent après elles.

Qu'avons-nous fait alors? Une chose des plus simples: nous avons demandé justice au Gouvernement par la voie de la Presse; nous avons demandé qu'au nom de la société outragée, au nom des autorités vilipendées, au nom de la paix publique, l'homme au libelle fût trainé devant les tribunaux pour avoir à justifler ses horribles accusations.

Et comment le Gouvernement a-t-il accueilli notre demande ? Par le silence le plus absolu et de l'air de quelqu'un qui se fat peu soucié de l'honneur de la communauté.

Est-ce que par hasard il oserait lui-même croire que les accusations de cet homme de malheur sont fondées ?

Quoiqu'il en soit, l'homme a joui de l'impunité, et nous dirons même d'une sorte d'encouragement moral de la part du Gouvernement; aussi qu'est-il arrivé en définitive ?

C'est qu'une personne impatiente de montrer que suivant la justice humaine le mal doit recueillir le mal, a cru devoir prendre sur elle de châtier l'audacieux personnage ; et voilà comment une affaire qui eût pris les proportions légales si le Gouvernement avait écouté au début les sages conseils du public, a fini par donner naissance à un conflit qui a troublé un instant la paix publique.

Sur qui faut-il donc faire retomber toute la responsabilité de cette affaire ? Sur le public? Non, car ce serait une grosse injustice; mais sur le Gouvernement seul !

Ce n'est pas tout malheureusement; une dernière surprise était réservée au public, et c'est de quoi nous allons maintenant parler.

La rixe que l'on sait avait eu lieu, les parties avaient été citées devant un tribunal, et l'affaire allait être enfin vidée, sans doute définitivement, lorsque le Gouvernement out une idée à lui, celle de jeter bénévolement son intervention là où elle n'avait que faire, c'est-à-dire, d'arrêter le cours de la justice sous le prétexte de porter l'affaire devant un tribunal supérieur.

C'est là du moins une information dont toute la Presse s'est fait l'écho ce matin et qui se trouve confirmée par de premières démarches faites pour commencer les poursuites.

Eh bien nous avons l'extrême regret de déclarer au Gouvernement que son attitude en cette affaire est faite pour créer dans tous les esprits les plus fàcheuses impressions. Que disons-nous ? déjà ces impressions sont créées, et il ne dépend d'aucun autre que lui de les détruire d'une façon ou d'une autre.

Quel est donc le mauvais génie qui a pu lui souffler le perfide conseil de s'occuper d'un débat public dont une cour de justice était saisie? Comment n'a-t-il pas vu qu'en agissant ainsi il s'exposerait au soupçon bien ou mal fondé de prêter là main à la conduite inqualifiable de l'homme au libelle?

Est-ce que par hasard cet

homme était destiné à être fatal au Gouvernement actuel ?

Quoiqu'il en soit, nous terminons en déplorant plus que jamais l'intrusion de cet homme au sein de notre société, non-seulement parce qu'il a pu jouir de l'impunité en jetant aux quatre vents les plus sanglantes insultes sur toute la communauté Créole, mais encore parce qu'il aura pu être fatal au Gouvernement.

Extract from the “ Cornéen.”

Port Louis, le 23 Octobre, 1871.

81 jamais "un vœu" fut unanime, c'est celui qui se fait entendre pour demander que l'on écarte de la Colonie le danger imminent que lui fait courir la présence de l'homme dont los calomnies ne tendent à rien moins qu'à exciter les passions d'une partie de la population. Cependant le pouvoir reste sourd et paralt ne pas comprendre À quel point les "propres intérêts" du pays sont méconnus en cette circonstance.

Il est vrai que, d'un autre côté, il est des intérêts qui ont eu le bonheur de trouver une protection, ce sont les "propres intérêts" du calomniateur, en faveur de qui une plainte officieuse ost portée devant la justice, pendant que les, calomnies attendent on

que le Ministère public prenne en maina leur cause.

vain

Nous demandions, il y a quelques jours, si "notre pays est le seul où la difama- tion ait le privilége de demourer impunto ?" Ce n'était pas assez, car chacun a lieu de

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demander désormais s'il est vrai qu'il y ait un pays où les diffamateurs soient protégés contre les diffamés.

L'on voudra bien remarquer que nous disons "les diffamateurs" et non "le diffa- mateur;" et, en effet, bien que le sieur de Plévitz ait revendiqué le privilége d'être seul en nom, nous avons acquis la profonde conviction qu'il s'agit ici d'une association ténébreuse, dont pour notre part nous chercherons à tout prix à découvrir et à dévoiler les secrets.

Inclosure 3 in No. 21.

Aujourd'hui, au sortir de l'audience, on a offert à M. Jules Lavoquer la canne avec laquelle il avait frappé le Sieur de Plévitz, et sur laquelle on avait fait graver cette inscription:-

"à Hommage a JULES LAVOQUEE par tous ses compatriotes pour avoir fouetté avec cette canne le pamphlétaire Plevitz le 19 Octobre, 1871.”

Aujourd'hui, dans différents quartiers de la ville, ont été affichés des placards annonçant qu'une souscription publique, pour couvrir l'amende de 125 dollars à laquelle a été condammé M. Jules Lavoquer, a été ouverte à la Flore Mauricienne, au magasin Devienne, au magasin L. Vincent George (Rue Royale).

Nous nous empressons d'ouvrir aussi une liste au bureau du "Cernéen." entendu que nous ne recevrons pas de souscription au-dessus d'un shilling.

Inclosure 4 in No. 21.

Reply of His Excellency the Governor to the Question asked by Mr. Nas.

Il est

IN reply to the question addressed to me by the Honourable Member, I beg to inform him and to inform the Board that I have not made, and that I do not intend to make, any communication to the Government of India on the subject of the pamphlet mentioned by the honourable gentleman. It would, in my opinion, be highly inju- dicious and impolitic to do so.

When called upon for an opinion by those entitled to demand it I have never hesi- tated to express my belief that, as a rule, Indian immigrants were kindly and justly treated in this country, nor have I waited to be asked for my opinion when I have thought that its expression would be attended with advantage to the Colony.

But there is a wide difference between doing this, and opening a sorrespondence with the Indian Government (with which I do not habitually correspond), relative to any statements affecting the Colony which may be contained in this or any other similar pamphlet. The honourable gentleman does not appear to be fully aware of the frequency with which such charges are preferred, or the small amount of weight which, as a general rule, is attached to them. I believe I speak within bounds when I say that not a month passes in which strong representations are not made to the Govern- ment of India, or to the Colonial Office, hostile to the immigration system of some one or other of the Colonies in which Indian labour is employed.

Except they emanate from some person whose position is--or ought to be-a guarantee for their accuracy, or in themselves present some very peculiar features, but little regard is paid to them; and I know of no reason why the statement of Mr. de Plévitz should attract more attention, or lead to more hasty action on the part of the Indian Government, than those which preceded it; and in this opinion I am happy to find that the honourable gentleman agrees with me.

If once the Government was to commence the task of contradicting every report unfavourable to the Colony which appears in print, it would nover again be able to stop doing so, for it would then be assumed that whatever is unanswered is unanswerable, and the effusions of every misemble scribbler would require an elaborate notice and reply from the Government of the Colony which might happen to be assailed. This course has never yet been pursued by any Colony so circumstanced, or by any Govern- ment possessing any sense of self-respect, and it would be unwise now to begin. 1 am the rather confirmed in this view by the fact that, although those portions of the pamphlet which have given most offence are quotations from the writings or pooches

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